Portraits & Interviews
Strive Masiyiwa, du combat pour une licence à la bataille africaine de l’IA
Dans les années 1990, Strive Masiyiwa a affronté l’État zimbabwéen pour obtenir le droit de créer un réseau mobile. Trente ans plus tard, son groupe contrôle des milliers de kilomètres de fibre, des centres de données et une nouvelle infrastructure de calcul pour l’intelligence artificielle. Son parcours raconte une intuition constante : en Afrique, la plus grande entreprise est souvent celle qui construit d’abord le marché dont elle a besoin.
Vera Songwe, l’économiste qui veut rendre l’Afrique finançable
Ancienne dirigeante de la Banque mondiale, de l’IFC et de la Commission économique pour l’Afrique, la Camerounaise Vera Songwe travaille désormais sur le point de friction entre besoin et capital. Dette, climat, liquidité des obligations souveraines, femmes gestionnaires de fonds : son parcours défend une même idée — l’Afrique n’a pas seulement besoin d’argent, elle doit modifier l’architecture qui décide du prix de cet argent.
Mostafa Terrab, l’architecte discret de la puissance phosphatière marocaine
Depuis 2006, l’ingénieur Mostafa Terrab a transformé OCP d’un office minier endetté en groupe mondial des engrais, doté d’une université, d’une stratégie africaine et d’un ambitieux virage vert. Son œuvre est un modèle de politique industrielle conduite par une entreprise publique — et un concentré des défis marocains : eau, énergie, sécurité alimentaire et contentieux du Sahara occidental.
Aliko Dangote, l’homme qui a voulu raffiner la puissance du Nigeria
Parti du négoce, Aliko Dangote a bâti un empire de ciment, de sucre et d’engrais avant de parier sa fortune sur une raffinerie géante. À Lagos, son complexe promet de réduire une dépendance absurde : celle d’un grand producteur de pétrole qui importait son carburant. Mais il concentre aussi capital, influence et risque. À la veille d’une introduction en Bourse historique, le destin industriel du Nigeria se confond plus que jamais avec celui d’un seul entrepreneur.
Tidjane Thiam, de la finance mondiale à l’épreuve du pouvoir ivoirien
Il a dirigé Prudential et Credit Suisse, conseillé des gouvernements et fréquenté les conseils d’administration mondiaux. Revenu prendre la tête du PDCI, Tidjane Thiam a découvert qu’un curriculum vitae international n’abolit ni l’histoire ivoirienne, ni la bataille de la nationalité, ni le travail patient d’un parti. Son exclusion de la présidentielle de 2025 a fait de lui un candidat empêché — et posé la question qui décidera de la suite : peut-il convertir la compétence en implantation politique ?
Mathieu Kadio-Morokro
En 1994, à 51 ans, Mathieu Kadio-Morokro quitte une carrière solidement établie chez Shell pour créer Petro Ivoire dans un secteur dominé par les grandes compagnies internationales. Trente ans plus tard, l’entreprise s’est imposée parmi les principaux distributeurs de carburants et de gaz de Côte d’Ivoire.
Jean Kacou Diagou
En trois décennies, Jean Kacou Diagou a fait de NSIA l’un des groupes financiers les plus visibles d’Afrique de l’Ouest et centrale. Son parcours ne raconte pas seulement la réussite d’un assureur devenu banquier. Il éclaire une ambition plus large, celle de bâtir depuis Abidjan une institution africaine capable de maîtriser les règles du jeu, de traverser les crises et de préparer sa transmission.







