Sahel : Alger s’active pour rapprocher Niamey et N’Djamena sur fond de tensions régionales
Face aux tensions entre le Niger et le Tchad, l’Algérie intensifie son offensive diplomatique pour rapprocher Niamey et N’Djamena. À travers une tournée d’Ahmed Attaf dans les deux capitales, Alger entend favoriser le dialogue entre les deux voisins et renforcer son rôle dans la stabilisation du Sahel.

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune / Wikimedia
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L’Algérie entend jouer un rôle de premier plan dans la recherche de solutions aux tensions qui traversent le Sahel. Après le renforcement de ses liens sécuritaires avec le Niger, les autorités algériennes semblent désormais vouloir élargir leur action au terrain diplomatique, en œuvrant à un rapprochement entre Niamey et N’Djamena.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit la récente tournée d’Ahmed Attaf dans les deux pays. Mandaté par le président Abdelmadjid Tebboune, le ministre algérien des Affaires étrangères a entamé son déplacement le mardi 3 novembre 2026 au Tchad. À N’Djamena, il a été reçu par le chef de l’État, Mahamat Idriss Déby Itno, avec lequel il a notamment pu échanger sur les questions d’intérêt commun et les enjeux régionaux. Le lendemain, mercredi 4 novembre, le responsable algérien a mis le cap sur Niamey, où il a été accueilli par son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré.
Cette démarche intervient alors que l’environnement sécuritaire et politique de la région reste particulièrement sensible. Les relations entre le Niger et le Tchad connaissent en effet des difficultés qui suscitent des préoccupations quant à leurs répercussions sur la stabilité sous-régionale. Dans ce contexte, l’intervention d’Alger apparaît comme une tentative de favoriser le dialogue et d’éviter une aggravation des différends entre les deux voisins.
L’initiative diplomatique algérienne prend également tout son sens au regard du rapprochement militaire récemment engagé avec Niamey. Depuis les événements d’août dernier, Alger a multiplié les signes de soutien aux autorités nigériennes. Plusieurs appareils militaires algériens auraient notamment été envoyés au Niger dans les jours ayant suivi la mutinerie.
Cette coopération s’est ensuite traduite par une décision du Parlement algérien autorisant le déploiement de militaires sur le territoire nigérien. Un premier contingent aurait ainsi rejoint le pays à la fin du mois d’octobre.
Mais au-delà de cette dimension sécuritaire, Alger semble vouloir démontrer que la stabilité du Sahel ne peut reposer uniquement sur les moyens militaires. Le dialogue politique, la concertation entre États et la prévention des conflits constituent également des leviers essentiels pour préserver les équilibres régionaux.
En multipliant les contacts avec les dirigeants tchadien et nigérien, Ahmed Attaf porte ainsi un message qui dépasse le cadre des relations bilatérales. L’Algérie cherche visiblement à s’imposer comme un interlocuteur incontournable dans la gestion des crises sahéliennes, tout en encourageant les pays de la région à privilégier les mécanismes de dialogue.
Reste désormais à savoir si cette offensive diplomatique permettra de rapprocher durablement Niamey et N’Djamena. Si elle aboutit, elle pourrait contribuer à apaiser les tensions entre les deux capitales et conforter les ambitions algériennes de jouer un rôle central dans la stabilisation du Sahel.
