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Ghana : Recrutement de combattants africains en Ukraine, Moscou prend l’engagement de mettre fin à l’enrôlement des ressortissants ghanéens

Le recrutement de ressortissants africains pour participer à la guerre en Ukraine s’impose progressivement comme un sujet de préoccupation dans les relations entre la Russie et plusieurs pays du continent. Face aux inquiétudes exprimées par Accra, Vladimir Poutine a pris l’engagement de mettre un terme à l’enrôlement de citoyens ghanéens dans les forces impliquées dans ce conflit.

Par Thomas Biakpa
Publié le 3 novembre 2026
Lecture : 4 min
Ghana : Recrutement de combattants africains en Ukraine, Moscou prend l’engagement de mettre fin à l’enrôlement des ressortissants ghanéens

Le ministre des Affaires étrangères ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa, avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, à Moscou / Reuters

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L’engagement a été annoncé à l’issue d’un entretien entre le président russe et son homologue ghanéen, John Dramani Mahama, organisé le 30 octobre à Moscou, en marge du troisième sommet Russie-Afrique. Au cours de cette rencontre, le dirigeant ghanéen a directement soulevé la question de ses compatriotes qui se retrouvent dans les rangs combattant en Ukraine.

Selon les informations communiquées par les autorités ghanéennes, Vladimir Poutine a assuré que des mesures seraient prises pour empêcher les ressortissants du Ghana de rejoindre les forces engagées dans cette guerre. Cette garantie ne se limiterait pas aux recrutements effectués par des réseaux clandestins,.elle concernerait également les engagements volontaires.

Pour Accra, cette question constitue désormais un enjeu de protection de ses citoyens à l’étranger. Le gouvernement entend notamment obtenir des garanties concrètes afin d’éviter que de nouveaux ressortissants soient entraînés dans un conflit qui ne concerne pas directement leur pays.

Une pratique qui prend de l’ampleur et suscite des inquiétudes en Afrique

Le Ghana est loin d’être le seul pays à exprimer ses préoccupations. Plusieurs États africains, parmi lesquels le Kenya, le Nigeria, l’Afrique du Sud et la Gambie, ont déjà tiré la sonnette d’alarme face aux méthodes utilisées pour attirer leurs ressortissants vers les zones de combat en Ukraine.

Le procédé décrit par différentes autorités repose sur des promesses particulièrement attractives pour des jeunes confrontés au chômage et à la précarité.

Certains candidats seraient approchés avec des offres d’emploi en Russie, des propositions de rémunérations avantageuses, des opportunités dans le secteur de la sécurité ou encore des possibilités de formation.
Mais une fois sur place, la réalité serait tout autre.

Plusieurs ressortissants africains auraient découvert que les engagements présentés comme des contrats professionnels ou des opportunités civiles pouvaient finalement les conduire vers des activités militaires, parfois directement sur le front ukrainien.

D’après certaines estimations, près de 1 500 Africains, originaires notamment du Ghana, du Kenya, du Nigeria, de l’Afrique du Sud et de la Tanzanie, auraient ainsi rejoint les rangs impliqués dans le conflit. Ces chiffres illustrent l’ampleur potentielle d’un phénomène qui suscite une inquiétude grandissante au sein des gouvernements africains.

Au-delà des conditions dans lesquelles ces personnes sont recrutées, les autorités redoutent également les conséquences humaines de ces engagements : pertes en vies humaines, disparitions, détentions et difficultés pour les familles à obtenir des informations sur le sort de leurs proches.

Moscou et Accra veulent élargir leur partenariat

Malgré les divergences et les préoccupations soulevées par le dossier ukrainien, la rencontre entre Vladimir Poutine et John Dramani Mahama a également permis d’aborder plusieurs perspectives de coopération bilatérale.

Les deux dirigeants ont notamment évoqué un projet de construction d’une centrale nucléaire d’une puissance de 2 000 mégawatts au Ghana. Cette initiative pourrait constituer un axe important du rapprochement énergétique entre les deux pays, alors qu’Accra cherche à diversifier ses sources de production électrique pour répondre à ses besoins croissants.

La coopération dans les domaines de la défense, de l’agriculture et de l’enseignement supérieur a également été examinée. À cette occasion, le président russe a rappelé l’ancienneté des relations diplomatiques entre Moscou et Accra, établies en 1958.

Il a par ailleurs indiqué que 649 étudiants ghanéens poursuivaient actuellement leurs études dans des établissements universitaires russes. Sur le plan commercial, les échanges entre les deux pays auraient enregistré une progression de 6 % entre janvier et août 2026, selon les données présentées par Vladimir Poutine.

Une promesse attendue à l’épreuve des faits

L’engagement pris par le président russe constitue une avancée diplomatique pour le Ghana, qui cherche à préserver ses ressortissants contre les pratiques de recrutement susceptibles de les conduire dans une guerre étrangère.
Toutefois, la question essentielle reste celle de la mise en œuvre de cette promesse. Les autorités ghanéennes devront notamment s’assurer que les circuits de recrutement sont effectivement surveillés et que les intermédiaires impliqués dans ces pratiques ne peuvent plus exploiter la vulnérabilité économique de leurs compatriotes.

Pour les autres pays africains confrontés au même problème, la réponse de Moscou sera également observée de près. Car derrière les annonces diplomatiques se trouve une préoccupation commune : empêcher que des citoyens africains, attirés par la perspective d’un emploi ou d’une vie meilleure à l’étranger, ne se retrouvent malgré eux au cœur d’un conflit armé.

L’engagement de Vladimir Poutine ouvre ainsi une nouvelle séquence dans les relations entre la Russie et le Ghana. Reste désormais à savoir si les assurances données à Accra se traduiront par des mesures suffisamment efficaces pour mettre durablement fin au recrutement de ses ressortissants dans la guerre en Ukraine.