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RDC : Joseph Kabila et le FRN haussent le ton et réclament le départ définitif de la MONUSCO

Réuni à Goma avec le chef de la MONUSCO, James Swan, le Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par Joseph Kabila et comprenant notamment le M23, a dénoncé le bilan de la mission onusienne en RDC. La coalition appelle l’ONU à ne pas renouveler son mandat et à poursuivre son retrait du pays.

Par Thomas Biakpa
Publié le 4 novembre 2026
Lecture : 3 min
RDC : Joseph Kabila et le FRN haussent le ton et réclament le départ définitif de la MONUSCO

Des éléments de la MONUSCO au Congo / UN News

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La présence des Nations unies en République démocratique du Congo (RDC) est une nouvelle fois remise en question. Le Front pour la refondation de la nation (FRN), une coalition politico-militaire récemment constituée autour de plusieurs mouvements armés, dont le M23, plaide pour la fin de la mission onusienne dans le pays. Pour ses responsables, près de trente années d’intervention n’ont pas permis de ramener durablement la paix dans l’est de la RDC.

Cette position a été exprimée à l’occasion d’un échange organisé, mardi 3 novembre à Goma entre les représentants du FRN et James Swan, responsable de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).

À l’issue des discussions, Bertrand Bisimwa, vice-président de cette coalition, n’a pas caché son insatisfaction face aux résultats obtenus par les Casques bleus. Il considère que la longue présence de la mission internationale n’a pas produit les changements attendus sur le terrain. À ses yeux, accorder une nouvelle prolongation à la MONUSCO reviendrait à maintenir un dispositif dont l’efficacité reste largement contestée.

Le mouvement estime plutôt que les Nations unies devraient respecter leur processus de désengagement et ne pas reconduire le mandat de leurs forces en RDC.

Une coalition qui affiche ses ambitions politiques

Joseph Kabila et le FRN demandent à l’ONU de ne plus reconduire le mandat de la MONUSCO en RDC/ AP

La prise de position du FRN intervient dans un contexte particulièrement sensible. Cette plateforme, mise sur pied récemment, rassemble plusieurs organisations issues de l’ancienne Alliance du fleuve Congo (AFC), notamment le mouvement rebelle M23.

Placée sous la direction de l’ancien président congolais Joseph Kabila, cette nouvelle coalition entend peser dans le débat politique et sécuritaire autour de l’avenir du pays. Toutefois, son émergence intervient alors que son dirigeant fait face à de lourdes accusations judiciaires. Joseph Kabila a en effet été condamné à mort par contumace par la justice congolaise, notamment pour trahison et crimes de guerre.

L’est de la RDC toujours plongé dans l’instabilité

Sur le terrain, la situation sécuritaire demeure préoccupante. Le M23, considéré comme l’un des principaux acteurs de la crise dans l’est du pays, a étendu son influence sur plusieurs territoires stratégiques. Sa progression militaire, marquée notamment par la prise de Goma et d’autres localités importantes lors de son offensive de l’année dernière, a profondément bouleversé les équilibres dans la région.

Le conflit oppose de nombreux groupes armés dans une zone particulièrement riche en ressources naturelles et minières. Il s’accompagne de déplacements massifs de populations et d’une dégradation continue de la situation humanitaire.

Dans ce dossier, les relations entre Kinshasa et Kigali restent également au centre des tensions. Les autorités congolaises, les États-Unis ainsi que des experts des Nations unies accusent le Rwanda d’apporter un soutien au M23. Des allégations régulièrement rejetées par les autorités rwandaises.

Alors que les discussions sur l’avenir de la présence onusienne se poursuivent, la sortie du FRN vient ajouter une nouvelle dimension au débat sur le rôle de la communauté internationale dans la recherche d’une solution durable à la crise congolaise.