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Sénégal : Le Parlement rejette le budget rectificatif, le gouvernement dans l’impasse

Le rejet du projet de loi de finances rectificative 2026 par l’Assemblée nationale plonge le gouvernement sénégalais dans une nouvelle impasse budgétaire. Contesté par les députés du Pastef pour son manque de transparence, ce revers pourrait également compromettre le déblocage d’un prêt de 2,2 milliards de dollars attendu du FMI.

Par Thomas Biakpa
Publié le 3 novembre 2026
Lecture : 3 min
Sénégal : Le Parlement rejette le budget rectificatif, le gouvernement dans l’impasse

Le parlement sénégalais a rejeté, ce mardi, le budget rectificatif proposé par le gouvernement/ Sahara Media

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Nouveau coup dur pour l’exécutif sénégalais. Le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour 2026 a été rejeté ce mardi 3 novembre par l’Assemblée nationale, dominée par les députés du Pastef. Une décision qui fragilise davantage les ambitions budgétaires du gouvernement et pourrait compromettre la validation d’un financement de 2,2 milliards de dollars auprès du Fonds monétaire international (FMI).

Le sort du texte a été scellé avant même l’ouverture des débats sur le fond. À l’initiative du député de Pastef Amadou Ba, les parlementaires ont adopté une question préalable, entraînant le rejet de la LFR et son renvoi vers l’exécutif. Une nouvelle étape en commission des finances n’aura donc pas suffi à convaincre les députés de la majorité.

Au cœur du désaccord, la crédibilité des chiffres avancés par le gouvernement. Les élus de Pastef contestent notamment les projections de recettes et de dépenses inscrites dans le budget rectifié. Ils jugent également que le déficit budgétaire, évalué à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), est surestimé.

Autre point de friction, la gestion de la dette publique. Les députés dénoncent un manque de transparence et réclament des données suffisamment fiables pour apprécier la situation réelle des finances publiques, mesurer les besoins de financement de l’État et se prononcer en toute connaissance de cause.

Des arguments que le ministre de l’Économie et des Finances, Cheikh Diba, n’a pas tardé à contester. Pour lui, ces réserves ne seraient qu’un prétexte politique destiné à justifier le rejet du texte par le Pastef, parti dirigé par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale.

Un budget indispensable aux équilibres financiers de l’État

Avec le rejet du projet de loi rectificative, le PASTEF met le gouvernement dans une situation embarrassante/ AFP

Ce rejet place désormais le gouvernement face à une obligation. Celle de revoir sa copie et tenter de faire adopter une nouvelle mouture de son budget rectificatif.

L’urgence est pourtant réelle. L’exécutif compte sur cette révision budgétaire pour honorer plusieurs engagements financiers, notamment le règlement des dettes dues aux entreprises privées et aux fournisseurs d’électricité. Le texte doit également permettre de sécuriser les ressources nécessaires à l’achat du combustible indispensable au fonctionnement des centrales électriques.

Au-delà de ces contraintes immédiates, le blocage parlementaire pourrait avoir des répercussions sur les discussions avec le Fonds monétaire international. L’approbation de cette loi de finances rectificative constitue en effet un enjeu important dans le processus de validation définitive d’un prêt de 2,2 milliards de dollars attendu par le Sénégal.

Entre divergences sur les chiffres, interrogations sur la dette et bras de fer politique, le gouvernement se retrouve ainsi dans une situation délicate. Il lui faudra rapidement trouver un terrain d’entente avec sa propre majorité parlementaire pour éviter que cette impasse budgétaire ne se transforme en difficulté financière majeure.