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Nigeria : Offensive majeure de l’armée contre les groupes armés, 324 terroristes neutralisés et plus de 621 otages libérés en août

L’armée nigériane revendique un bilan offensif majeur en août 2026, avec 324 terroristes et combattants criminels neutralisés et plus de 621 otages secourus. Face à la persistance des attaques, Abuja accélère le renforcement de ses capacités militaires et de la coopération sécuritaire.

Par Thomas Biakpa
Publié le 1 septembre 2026
Lecture : 5 min
Nigeria : Offensive majeure de l’armée contre les groupes armés, 324 terroristes neutralisés et plus de 621 otages libérés en août

L’armée Nigeriane déterminée à traquer les groupes armés jusque dans leur dernier retranchement / Getty Images

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L’armée nigériane affirme avoir intensifié ses opérations contre les groupes jihadistes et les réseaux criminels au cours du mois d’août 2026. Selon le bilan communiqué lundi 31 août à Abuja, 324 terroristes et combattants criminels ont été neutralisés, tandis que plus de 621 personnes retenues en captivité ont été secourues par les forces engagées sur les différents fronts du pays.

Ces résultats témoignent, selon le commandement militaire, d’une montée en puissance des opérations destinées à contenir une insécurité qui continue de toucher plusieurs régions du Nigeria. Le général de division Michael Onoja, directeur des opérations médias de la Défense, a également fait état de l’arrestation de plus de 373 membres de groupes armés et de la reddition de 201 insurgés au cours du mois.

Le nombre de combattants ayant déposé les armes marque une progression particulièrement importante. Ils étaient 57 à s’être rendus en juillet et seulement 11 en juin. Pour l’état-major, cette évolution constitue un indicateur supplémentaire de la pression exercée sur les organisations armées par les opérations militaires.

Une pression militaire renforcée

La publication de ce bilan intervient dans un contexte de fortes tensions sécuritaires. Plusieurs attaques meurtrières ont récemment rappelé la capacité de nuisance des groupes armés malgré les opérations menées par les autorités.

Le 21 août, des hommes armés soupçonnés d’appartenir à Lakurawa ont notamment frappé plusieurs villages de l’État du Niger, dans le centre-ouest du pays. Des fidèles auraient été attaqués alors qu’ils quittaient une mosquée, faisant plusieurs morts et enlèvements.

Dans le nord-est, le conflit reste également particulièrement intense. En avril, des jihadistes avaient attaqué des positions militaires à Benisheikh, Pulka et Munguno, dans l’État de Borno. Ces attaques avaient coûté la vie à un officier commandant et à 18 soldats.

Quelques mois auparavant, les villages de Woro et Nuku, dans l’État de Kwara, avaient été frappés par une attaque particulièrement meurtrière. Le bilan d’au moins 162 morts en faisait l’un des épisodes les plus sanglants enregistrés au Nigeria ces derniers mois.

Abuja accélère la transformation de son dispositif de défense

Pour répondre à cette multiplication des menaces, le gouvernement de Bola Tinubu a engagé une réorganisation de grande ampleur de l’appareil militaire.

L’armée doit notamment passer à douze divisions, tandis que 28 000 recrues supplémentaires sont annoncées. À partir de septembre, les militaires doivent également bénéficier d’une revalorisation pouvant atteindre 80 % de leur solde.

Les autorités ont par ailleurs annoncé l’acquisition de nouveaux équipements militaires. Cette modernisation s’accompagne d’une intensification de la coopération internationale, notamment avec les États-Unis.

Depuis mai, une opération conjointe vise ainsi les groupes ISWAP et Boko Haram dans le nord-est du pays. Après les attaques majeures, les autorités nigérianes renforcent également les déploiements de troupes et les moyens de renseignement dans les zones affectées.

Les armes saisies et le pétrole volé au cœur des opérations

Le bilan présenté par l’état-major ne se limite pas aux opérations antiterroristes. Les forces nigérianes indiquent avoir récupéré 88 armes et plus de 2 077 cartouches au cours du mois.

Dans le delta du Niger, les opérations ont également ciblé les activités clandestines liées au pétrole. Vingt et un sites de raffinage illégal ont été identifiés puis désactivés. Les forces de sécurité déclarent avoir récupéré 686 800 litres de produits pétroliers volés, un volume en progression de 174,2 % par rapport au mois précédent.

Les opérations de sauvetage ont, elles aussi, enregistré une amélioration. Le nombre de civils libérés a augmenté de 55,2 % en août, après avoir diminué de 27,5 % en juillet.

L’état-major met en avant la coopération locale

Pour le chef d’état-major de la Défense, le général Olufemi Oluyede, ces résultats reposent en grande partie sur l’engagement des forces déployées sur les différents théâtres d’opérations.

Il a salué leur « bravoure, discipline, résilience et détermination », tout en présentant ses condoléances aux familles des civils et des militaires tués dans les violences. Le chef de l’état-major a également souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Les autorités militaires insistent par ailleurs sur l’importance du renseignement fourni par les populations. La coopération avec les chefs traditionnels et les communautés locales est présentée comme un élément essentiel du dispositif de sécurité.

La coordination avec la police nigériane et le Département des Services d’État constitue également l’un des axes de la stratégie mise en avant par le commandement.

Une amélioration des résultats qui ne met pas fin à la menace

Malgré les chiffres annoncés pour août, le Nigeria reste confronté à une crise sécuritaire complexe. L’insurrection jihadiste déclenchée en 2009 par Boko Haram dans le nord-est du pays a déjà provoqué plus de 40 000 morts et le déplacement d’environ deux millions de personnes, selon les Nations unies.

Au fil des années, la violence s’est étendue au-delà de son foyer initial. Le centre-nord et le nord-ouest, mais aussi certaines zones du delta du Niger, sont désormais confrontés à différentes formes de criminalité armée, d’enlèvements et d’insurrection.

Le bilan d’août apparaît donc comme un succès opérationnel pour les forces nigérianes, mais il intervient dans un environnement où les groupes armés conservent une capacité à frapper les populations et les positions militaires. Pour Abuja, le véritable enjeu sera désormais de transformer ces résultats ponctuels en une amélioration durable de la sécurité sur l’ensemble du territoire.