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Niger : Quatre avions de combat Sukhoï Su-30 algériens arrivent à Niamey après la mutinerie

Au lendemain d’une tentative de mutinerie à Niamey, l’Algérie a déployé quatre avions de combat Sukhoï Su-30 au Niger, à la demande des autorités nigériennes. Une opération qui illustre le renforcement de la coopération militaire entre Alger et le régime du général Abdourahamane Tiani.

Par Thomas Biakpa
Publié le 31 août 2026
Lecture : 3 min
Niger : Quatre avions de combat Sukhoï Su-30 algériens arrivent à Niamey après la mutinerie

Quatre chasseurs Soukhoï Su-30, un Iliouchine Il-76 de transport et un Il-78 ravitailleur se sont posés dimanche 30 août 2026 à l’aéroport de Niamey en présence du premier ministre nigérien/ TRT Africa

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Le ciel de Niamey a vu arriver, dimanche 30 août 2026, quatre avions de combat Sukhoï Su-30 appartenant à l’armée algérienne. Ce déploiement intervient moins de 24 heures après une tentative de mutinerie qui a provoqué de violents affrontements dans la capitale nigérienne.

Les appareils algériens, répartis en deux patrouilles, ont atterri à l’aéroport de Niamey dans la matinée. Un avion ravitailleur accompagnant le dispositif a également rejoint la capitale nigérienne.

Une réponse à la demande de Niamey

L’opération a été décidée au plus haut niveau de l’État algérien. Dans un communiqué publié dimanche, le ministère algérien de la Défense nationale indique que le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire, le général d’armée Saïd Chanegriha, a ordonné le déploiement sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune.

Alger affirme avoir répondu à une sollicitation des autorités nigériennes, qui souhaitaient renforcer leurs capacités face à ce que le ministère algérien qualifie de « tentative de déstabilisation du pays ».

À leur arrivée, les militaires algériens ont été accueillis par le Premier ministre nigérien Mahamane Lamine Zeine. Celui-ci a exprimé la reconnaissance des autorités de Niamey envers le président Tebboune et le peuple algérien.

Ce renforcement militaire intervient dans un contexte de rapprochement entre les deux pays. Après une période de fortes tensions provoquée notamment par l’affaire du drone malien abattu par l’Algérie en avril 2025, Alger et Niamey avaient progressivement renoué le dialogue à partir de février 2026. Les deux États avaient notamment réinstallé leurs ambassadeurs et annoncé la relance de plusieurs mécanismes de coopération, dont des dispositifs liés au contrôle de leur frontière commune.

Niamey encore sous tension après les affrontements

L’arrivée des chasseurs algériens survient au lendemain d’une tentative de mutinerie dans la capitale nigérienne.
Les affrontements ont été marqués par des tirs d’armes lourdes et plusieurs explosions. Selon les autorités nigériennes, les forces loyalistes sont finalement parvenues à reprendre le contrôle des principaux sites pris pour cible.

Une partie des mutins aurait accepté de déposer les armes à la suite de négociations. D’autres ont été neutralisés lors d’une opération menée par les forces restées fidèles au pouvoir.
Le général Salifou Moody, s’exprimant au nom du ministère nigérien de la Défense, a décrit les événements comme une « mutinerie limitée » qui aurait été contenue par les forces de sécurité.

L’Alliance des États du Sahel (AES) a, pour sa part, condamné la tentative de déstabilisation et apporté son soutien aux forces nigériennes demeurées loyales.

Un nouveau signe du rapprochement militaire

Le déploiement des Su-30 ne constitue pas le premier geste militaire d’Alger en faveur de Niamey ces dernières semaines.
Le 9 août 2026, l’Algérie avait déjà remis aux forces armées nigériennes quatre hélicoptères, dont deux Mi-171 et deux Mi-24. L’arrivée des avions de combat vient donc renforcer une coopération militaire qui semble prendre une nouvelle dimension.

L’écart entre les capacités aériennes des deux pays reste toutefois considérable. L’Algérie possède l’une des plus importantes flottes de Su-30 du continent africain, avec plus de 70 appareils acquis auprès de la Russie depuis 2007. Cette puissance aérienne contraste fortement avec les moyens dont dispose l’armée de l’air nigérienne.

Pour l’heure, Alger n’a donné aucune indication sur la durée de stationnement des chasseurs à Niamey. Leur présence constitue néanmoins un signal militaire et politique fort, alors que le pouvoir du général Abdourahamane Tiani cherche à consolider la stabilité du Niger dans un environnement régional particulièrement tendu.