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Namibie : le projet d’uranium Etango franchit le cap de l’investissement définitif à 353 millions de dollars

Le groupe australien Bannerman Energy et son partenaire chinois CNNC Overseas ont validé, le 23 octobre, la construction à grande échelle de la future mine d’Etango. L’exploitation, attendue en 2028, doit renforcer la filière uranifère namibienne, mais ses retombées industrielles restent conditionnées à l’exécution du chantier.

Par la Rédaction
Publié le 29 octobre 2026
Lecture : 5 min
Namibie : le projet d’uranium Etango franchit le cap de l’investissement définitif à 353 millions de dollars

En Namibie, le projet Etango franchit une étape décisive avec la validation de son investissement, estimé à 353 millions de dollars avant le démarrage de la production.

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La Namibie s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son industrie de l’uranium. Le 23 octobre 2026, la coentreprise qui développe Etango, dans la région d’Erongo, a annoncé une décision finale d’investissement positive. Cette étape engage ses partenaires à passer des travaux préparatoires à la construction complète du site. Elle intervient après plus de vingt ans d’études, d’exploration et de préparation financière, selon Bannerman Energy, société australienne cotée notamment à Sydney et à Windhoek.

L’investissement nécessaire avant le démarrage de la production est estimé à 353 millions de dollars, avec une marge d’incertitude de 10 %. À fin septembre, environ 64 millions avaient déjà été dépensés pour les premiers aménagements. La décision annoncée ne signifie donc pas que 353 millions viennent d’être déboursés en une seule opération : elle valide la poursuite d’un programme dont une partie des travaux est engagée et dont les dépenses restantes doivent être étalées sur la phase de construction.

Un financement porté par un partenariat australo-chinois

La structure financière du projet est au cœur de l’annonce. Bannerman détient 55 % de la coentreprise Etango et CNNC Overseas Limited, ou CNOL, les 45 % restants. Cette coentreprise possède elle-même 95 % du projet minier. Les 5 % complémentaires reviennent à One Economy Foundation, une organisation namibienne bénéficiant d’une participation dont le financement est porté par les autres actionnaires selon les accords historiques. Il importe de distinguer les pourcentages de la coentreprise des intérêts économiques finaux dans la mine.

Le partenaire chinois appartient à l’écosystème de China National Nuclear Corporation, acteur majeur de l’industrie nucléaire. L’accord stratégique annoncé en février a été finalisé en septembre : CNOL a injecté 294,5 millions de dollars dans la structure commune, tandis qu’un remboursement complémentaire de dépenses admissibles a été versé à Bannerman. Cette opération avait préparé la décision d’octobre ; il ne s’agit pas d’une deuxième levée de fonds du même montant.

D’après les indications communiquées au marché, la coentreprise disposait d’environ 295 millions de dollars de trésorerie pour couvrir le solde des investissements préalables à la production. Bannerman affirme par ailleurs disposer de près de 175 millions de dollars australiens pour financer sa part des besoins de trésorerie jusqu’à la montée en régime commerciale. Le développement est ainsi présenté comme financé sans dette de projet, un élément susceptible de limiter l’exposition aux conditions du crédit, sans supprimer les risques de coûts, de délais ou de prix.

Une mine dont la production reste attendue en 2028

En Namibie, le projet Etango franchit une étape décisive avec la validation de son investissement, estimé à 353 millions de dollars avant le démarrage de la production.

La décision concerne la configuration dite Etango-8, étudiée pour traiter environ huit millions de tonnes de minerai par an. Bannerman prévoit une production annuelle moyenne de 3,5 millions de livres d’oxyde d’uranium U3O8. La mise en service et les premières productions sont visées pour 2028 : ce calendrier demeure une projection industrielle, et non une capacité déjà disponible sur le marché.

Sur le terrain, les travaux préliminaires avaient commencé en janvier 2024. À fin septembre 2026, les terrassements massifs étaient annoncés comme achevés à 99 %, tandis que la construction de la première tranche de la conduite permanente d’approvisionnement en eau approchait 90 %. Les infrastructures de concassage et de traitement faisaient également l’objet de travaux de génie civil. Ces avancées expliquent pourquoi la décision finale peut déboucher rapidement sur une intensification du chantier, sans qu’il faille confondre préparation du site et entrée en exploitation.

Situé à une trentaine de kilomètres au sud-est de Swakopmund, Etango doit utiliser une extraction à ciel ouvert suivie d’un traitement du minerai par lixiviation acide en tas. Bannerman souligne avoir exploité une installation de démonstration pour tester cette technologie. Une étude exploratoire publiée en 2024 a envisagé une production supérieure à six millions de livres par an ; cette extension potentielle ne fait toutefois pas partie du scénario de base validé le 23 octobre.

Des débouchés sécurisés, mais des enjeux locaux persistants

Le partenariat avec CNOL comprend un dispositif d’achat à long terme portant sur 60 % de la production prévue, avec une tarification indexée sur les conditions de marché. Pour Bannerman, cette visibilité commerciale facilite la construction d’un nouvel actif minier. Pour la Namibie, l’intérêt réside dans l’augmentation possible des exportations et dans l’activité créée autour du chantier : génie civil, eau industrielle, transport, maintenance et services spécialisés.

L’impact sur l’emploi et les fournisseurs locaux dépendra néanmoins des marchés effectivement attribués, des compétences mobilisables et du calendrier de réalisation. La disponibilité de l’eau, la gestion des résidus, la sûreté radiologique et la réhabilitation future du site constituent également des enjeux importants pour une mine d’uranium. L’entreprise indique avoir obtenu les autorisations environnementales nécessaires ; celles-ci ne dispensent pas d’un contrôle continu des engagements pendant la construction et l’exploitation.

La Namibie dispose déjà d’une expérience ancienne de la production d’uranium, notamment dans la région d’Erongo. Etango ne part donc pas de zéro sur le plan logistique, mais devra démontrer sa capacité à respecter ses prévisions de coûts et de production. La nomination de Danie van Aswegen à la direction de la filiale minière namibienne accompagne ce passage à une phase d’exécution plus intensive.

Le signal du 23 octobre est, au fond, précis : les actionnaires ont pris la décision de construire et affirment disposer des fonds nécessaires. Le chantier doit encore être achevé, les installations testées et la production effectivement lancée. C’est à cette condition que les 353 millions de dollars d’investissement prévus se traduiront en nouvelle capacité exportatrice pour l’économie namibienne.