Bénin : la zone industrielle de Glo-Djigbé projette plus de 525 MW de nouvelles capacités électriques
La direction de la GDIZ a présenté, le 21 octobre, un projet de centrale thermique de plus de 225 MW et 300 MW d’installations solaires. Une conduite de gaz de 30 kilomètres est annoncée comme achevée, mais les futures centrales restent au stade des projets.

La zone industrielle de Glo-Djigbé, au Bénin, prévoit de renforcer ses capacités énergétiques pour accompagner le développement de ses unités de transformation
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L’énergie au centre de l’ambition industrielle
La zone industrielle de Glo-Djigbé, au Bénin, veut renforcer son approvisionnement électrique à une échelle susceptible de modifier ses perspectives de développement. À l’occasion du Forum d’investissement sur les zones économiques spéciales, le 21 octobre 2026, la Société d’investissement et de promotion de l’industrie (SIPI Bénin), gestionnaire de la GDIZ, a présenté deux volets de production : une centrale thermique de plus de 225 mégawatts et des installations solaires totalisant 300 mégawatts. Additionnées, les capacités envisagées dépassent 525 MW. Il s’agit d’une puissance annoncée à terme, non de nouvelles capacités déjà mises en service.
Cette annonce intervient dans un contexte où l’accès à une électricité fiable est une condition déterminante pour les unités de transformation. La GDIZ accueille des activités liées notamment au coton, au soja et à l’anacarde. Pour ces entreprises, les besoins énergétiques ne se limitent pas à l’éclairage des bâtiments : les lignes de production, la manutention, la conservation de certains produits et les services auxiliaires dépendent d’un approvisionnement stable. La disponibilité de l’énergie peut donc influencer les coûts industriels, les délais de livraison et la capacité à attirer de nouveaux opérateurs.
Le projet associe deux technologies aux caractéristiques différentes. Une centrale thermique alimentée au gaz peut fournir de l’électricité pilotable, sous réserve d’un approvisionnement en combustible régulier. Le solaire, de son côté, peut réduire la consommation de combustibles pendant les heures de production photovoltaïque, mais sa contribution varie selon l’ensoleillement et l’organisation du réseau. Les annonces consultées ne précisent ni les capacités de stockage éventuellement prévues ni les modalités de fonctionnement conjoint des installations. Il serait donc prématuré d’en déduire un niveau garanti de production annuelle.
Une conduite de gaz achevée, des centrales encore à construire

Le directeur général de SIPI Bénin, Letondji Beheton, a indiqué qu’une conduite de gaz de 30 kilomètres reliant la zone industrielle au site de Maria-Gléta venait d’être achevée. Cette infrastructure doit contribuer à l’alimentation de la future centrale thermique. L’achèvement de la conduite, rapporté sur la base des déclarations de l’entreprise, constitue l’avancement matériel le plus précis de la communication. Il ne signifie pas que la centrale de plus de 225 MW soit construite, raccordée ou opérationnelle.
Concernant le solaire, la direction prévoit le lancement du chantier d’une première centrale dans les dix-huit mois suivant l’annonce. Des panneaux photovoltaïques pourraient également être installés sur les toitures des entrepôts et des bâtiments industriels. Cette option permettrait d’utiliser des surfaces déjà artificialisées, sans nécessairement mobiliser autant de foncier supplémentaire qu’un parc entièrement au sol. Le volume de 300 MW présenté pour le solaire correspond cependant à une ambition globale ; la répartition entre centrales et installations en toiture n’a pas été détaillée dans les informations disponibles.
Les montants d’investissement, l’identité de l’ensemble des financeurs, les coûts de production attendus et les dates de mise en service ne sont pas documentés dans les annonces consultées. Ces absences empêchent de mesurer la maturité financière du projet. Elles n’annulent pas l’intérêt industriel de l’orientation présentée, mais invitent à distinguer la planification d’une capacité électrique de sa réalisation effective. Pour les investisseurs, la publication d’un calendrier de travaux et des contrats de financement sera un signal plus concret que la seule annonce de mégawatts.
Un enjeu de compétitivité pour la transformation locale
La direction de la GDIZ évoque également la possibilité d’injecter un éventuel excédent d’électricité dans le réseau national. Cette perspective dépendra des capacités de raccordement, des règles applicables et des besoins propres de la zone. Aucun volume d’exportation vers le réseau n’a été confirmé. Si elle se concrétise, l’option pourrait faire évoluer le rôle de la zone industrielle, qui ne serait plus seulement consommatrice d’électricité, mais aussi productrice susceptible de contribuer ponctuellement à l’offre nationale.
Pour le Bénin, l’enjeu dépasse la seule performance d’un parc industriel. La stratégie de transformation locale des matières premières exige des installations capables de fonctionner de façon régulière et à des coûts maîtrisés. Un défaut d’alimentation peut ralentir la production et réduire la valeur ajoutée captée sur place. À l’inverse, un approvisionnement fiable peut faciliter l’installation de nouvelles activités et soutenir les emplois associés. Ces effets restent des possibilités économiques, et non des créations d’emplois déjà mesurées à la suite des annonces d’octobre.
La suite du dossier dépendra de plusieurs jalons : études techniques, bouclage financier, autorisations, construction, raccordement et mise en exploitation. À ce stade, les informations publiées permettent d’affirmer que la GDIZ a présenté un programme énergétique de plus de 525 MW et annoncé une conduite de gaz achevée. Elles ne permettent pas de présenter ces centrales comme construites. Cette différence entre ambition et réalisation sera centrale pour suivre, dans les prochains mois, l’avancement de la stratégie industrielle béninoise.
