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Côte d’Ivoire : jusqu’à 55,5 millions d’euros de FMO pour la centrale solaire de Kong

Le projet solaire de Kong, dans le nord de la Côte d’Ivoire, franchit une étape de financement. Les partenaires ont annoncé le 20 octobre un accord de dette à long terme pouvant atteindre 55,5 millions d’euros avec la banque néerlandaise FMO. La centrale de 50 MWc est en construction, mais sa mise en service reste prévue pour 2028.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 5 min
Côte d’Ivoire : jusqu’à 55,5 millions d’euros de FMO pour la centrale solaire de Kong

Transition énergétique en Côte d’Ivoire. Illustration de modules solaires, au cœur de la stratégie nationale visant 45 % d’énergies renouvelables dans le mix électrique d’ici 2030.

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Une dette à vingt ans pour un projet privé

La centrale photovoltaïque de Kong, dans le nord de la Côte d’Ivoire, bénéficie d’un accord de financement à long terme avec FMO, la banque néerlandaise de développement. Le communiqué publié le 20 octobre 2026 par le Private Infrastructure Development Group (PIDG), à la suite d’une annonce datée du 16 octobre, indique que FMO fournira jusqu’à 55,5 millions d’euros sur une durée de vingt ans. Cette dette doit couvrir l’ensemble des besoins de financement à long terme du projet Kong Solaire.

L’accord constitue un jalon financier concret, distinct d’une simple déclaration d’intérêt. Il ne signifie cependant pas que la centrale produit déjà de l’électricité ni que la totalité de la facilité a été immédiatement décaissée. Les modalités de tirage, de remboursement et de réalisation des conditions préalables ne sont pas détaillées dans le communiqué public. Pour un projet d’infrastructure, la durée de vingt ans est particulièrement importante : elle permet de rapprocher le service de la dette de la période pendant laquelle l’actif générera des recettes.

50 MWc et une production annuelle attendue de 96 GWh

Installée à proximité de la ville de Kong, l’infrastructure aura une puissance nominale de 50 mégawatts-crête. Ses promoteurs tablent sur une production annuelle d’environ 96 gigawattheures injectés dans le réseau national. Ils estiment que cette énergie pourrait correspondre aux besoins de quelque 240 000 personnes et éviter environ 54 000 tonnes de dioxyde de carbone par an. Ces chiffres sont des projections de fonctionnement, non des résultats mesurés à ce jour.

La construction a déjà commencé, mais la mise en service est annoncée pour 2028, après une période de travaux estimée à environ dix-huit mois. Le projet doit donc encore franchir les étapes d’exécution, de raccordement, de tests techniques et de réception. Les performances réelles dépendront notamment de l’ensoleillement, de la disponibilité des équipements, de la maintenance et des capacités d’absorption du réseau.

Un contrat d’achat d’électricité sur vingt-cinq ans

L’électricité produite doit être vendue à CI-ENERGIES dans le cadre d’un contrat d’achat d’électricité d’une durée de vingt-cinq ans. Pour les investisseurs et les prêteurs, un tel contrat peut rendre les revenus plus prévisibles que dans un modèle reposant sur les seuls prix de marché. La bancabilité dépend toutefois des clauses de paiement, de disponibilité, d’indexation, de risque de change et de répartition des responsabilités en cas d’interruption du réseau.

La présence d’un acheteur public constitue un élément structurant, sans supprimer automatiquement le risque commercial. La viabilité du montage reposera aussi sur la situation financière du secteur électrique, la qualité du raccordement et le respect des engagements contractuels. Le communiqué précise que la structuration a été adaptée aux conditions des marchés émergents ouest-africains, mais n’en détaille pas toutes les garanties. Il serait donc prématuré d’affirmer que ce montage est reproductible sans ajustement dans tous les pays de la région.

Une alliance d’acteurs ivoiriens et internationaux

La société de projet Kong Solaire SAS associe Africa Via, développeur ivoirien, AXIAN et PIDG, à travers sa solution de développement InfraCo. InfraCo détient 49 % de Kong Solaire, contre 51 % pour Africa Via. Au capital de cette dernière, AXIAN possède 55 %, tandis que ses fondateurs en conservent 45 %. La participation indirecte d’AXIAN dans le projet ressort ainsi à environ 28 %, celle des fondateurs d’Africa Via à près de 23 %.

Cette architecture illustre la complémentarité recherchée entre connaissance du marché local, capacités de développement d’infrastructures et accès à des financements de longue durée. Elle souligne également l’importance de distinguer les actionnaires directs de la société de projet de ceux qui interviennent par l’intermédiaire d’une holding. Les parts de capital ne doivent pas être confondues avec la contribution à la dette de 55,5 millions d’euros apportée par FMO.

L’enjeu de diversification du mix électrique

La Côte d’Ivoire cherche à diversifier ses sources de production électrique et à accroître la part des renouvelables dans son mix. Le PIDG rattache Kong Solaire à l’ambition nationale de porter cette part à 45 % d’ici 2030. La réalisation d’un parc photovoltaïque de 50 MWc ne permet pas, à elle seule, d’atteindre cet objectif : la contribution dépendra de la progression de la demande, de l’évolution des autres capacités et de la disponibilité du réseau.

Au-delà du climat, le projet peut contribuer à répartir géographiquement les moyens de production et à diversifier les investisseurs. Son implantation dans le nord du pays présente un intérêt pour le développement économique régional, sous réserve d’un raccordement efficace et de retombées locales effectivement suivies. Les promoteurs évoquent des bénéfices pour les communautés ; leur nature et leur réalisation devront être documentées au fil des travaux.

Un financement signé, des résultats encore à venir

La portée de l’annonce est donc précise : une facilité de dette à long terme a été convenue pour un actif solaire en cours de construction. Le montant maximal de 55,5 millions d’euros ne doit pas être présenté comme un investissement public direct, ni comme une subvention. De même, les 96 GWh de production, les 240 000 personnes potentiellement desservies et les émissions évitées demeurent des estimations prospectives.

Le suivi du dossier devra porter sur le calendrier réel des travaux, la mise sous tension, les essais de performance et les premiers résultats d’exploitation. À l’échelle du secteur électrique ivoirien, l’intérêt du projet tient aussi à sa capacité à démontrer qu’un financement de vingt ans peut soutenir une centrale privée raccordée au réseau. L’étape financière est franchie ; l’épreuve industrielle et opérationnelle reste devant les partenaires.