Côte d’Ivoire : Affaire Koné Katinan, une nouvelle accusation prolonge sa garde à vue, le PPA-CI crie au harcèlement politique
En Côte d’Ivoire, Justin Katinan Koné reste en garde à vue après une seconde accusation liée à des troubles à l’ordre public lors de la présidentielle de 2025. Le PPA-CI dénonce une procédure à caractère politique et réclame l’arrêt des poursuites contre son cadre.

Convoqué mercredi 9 septembre à la préfecture de police, Koné Katinan, 4è vice-président du PPA-CI est toujours en garde à vue/ Capture Facebook
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La situation judiciaire de Justin Katinan Koné se durcit en Côte d’Ivoire. L’ancien ministre et actuel 4e vice-président du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) demeure en garde à vue, alors qu’il devait initialement être entendu dans le cadre d’une plainte déposée par le RHDP, parti au pouvoir.
Convoqué mercredi à la préfecture de police d’Abidjan, le responsable du parti de Laurent Gbagbo avait été appelé à s’expliquer sur des propos tenus lors d’une tribune particulièrement critique à l’égard du RHDP. Les faits qui lui sont reprochés dans cette première procédure portent notamment sur des accusations présumées de diffamation, d’injures et de diffusion de fausses nouvelles.
Mais son maintien en garde à vue est désormais lié à un autre dossier.
Une seconde affaire liée à la présidentielle de 2025
Selon son avocat, les autorités judiciaires ont également évoqué des faits qui remonteraient à l’année dernière et qui seraient liés à des troubles à l’ordre public survenus dans le contexte de l’élection présidentielle de 2025.
À ce stade, les éléments précis de cette seconde accusation restent inconnus. La défense n’a pas fourni davantage de détails sur les faits visés ni sur leur qualification exacte.
Justin Katinan Koné doit toutefois poursuivre ses auditions ce vendredi matin devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d’Abidjan.
Le parquet, sollicité sur cette affaire, n’a pour l’heure pas souhaité communiquer publiquement sur la procédure.
Le PPA-CI monte au créneau
Face à cette évolution judiciaire, le PPA-CI a vivement réagi. Dans une déclaration rendue publique jeudi, le parti de Laurent Gbagbo dénonce ce qu’il considère comme une nouvelle pression exercée sur ses responsables.
La formation politique accuse les autorités de mener un « harcèlement contre ses cadres » et dénonce une justice qu’elle estime « instrumentalisée ». Pour le PPA-CI, la procédure engagée contre Justin Katinan Koné participe d’une volonté de réduire au silence les voix critiques au sein de l’opposition.
Le parti estime ainsi que ces poursuites visent à « criminaliser toute parole politique de l’opposition ». Il réclame par conséquent « l’arrêt immédiat, total et sans conditions des procédures politiques engagées ».
Cette prise de position intervient dans un climat politique déjà marqué par de fortes tensions entre le pouvoir et les formations d’opposition.
Le gouvernement invoque la responsabilité
Interrogé la veille sur la situation, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, avait refusé de commenter directement la procédure judiciaire. Il avait néanmoins rappelé que l’exercice de la liberté d’expression devait aller de pair avec « le sens de la responsabilité ».
Une déclaration qui intervient alors que les propos de Justin Katinan Koné, tenus quelques jours avant sa convocation, sont au cœur de la première plainte déposée contre lui.
Pour l’heure, aucune indication n’a été donnée sur la durée de sa garde à vue ni sur une éventuelle mise en liberté. Son audition devant la section antiterroriste du tribunal d’Abidjan devrait permettre d’en savoir davantage sur les accusations désormais examinées par la justice.
L’affaire est suivie de près par le PPA-CI, qui continue de présenter la procédure comme une atteinte à l’expression politique de l’opposition.
