Guinée-Bissau : la nouvelle Constitution renforce nettement la présidence
Le oui a recueilli 70 % des suffrages provisoires lors d’un référendum boycotté par la principale opposition. Le texte change l’équilibre institutionnel avant la présidentielle de décembre.

Le général Horta Inta-a, Président de transition de la Guinée-Bissau.
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La Guinée-Bissau a approuvé une nouvelle Constitution à 70 %, selon les résultats provisoires de la Commission électorale nationale. La participation approche 60 %, mais le scrutin a été marqué par un boycott du PAIGC, principale force d’opposition, et par une mobilisation plus faible dans la capitale.
Le texte permet au président de nommer et révoquer le Premier ministre et le gouvernement, de créer ou supprimer des ministères et de dissoudre le Parlement en cas de crise politique grave. Jusqu’ici, la législature désignait le Premier ministre. Le nombre de députés passerait de 102 à 65 et les circonscriptions de 29 à 12.
Ces changements interviennent sous un pouvoir militaire issu du coup d’État de novembre 2025, à quelques mois d’une présidentielle prévue en décembre. Le référendum donne au régime une base juridique pour remodeler le système, mais la légitimité politique dépendra de l’inclusivité de la prochaine élection et de l’indépendance des institutions chargées de l’organiser.
L’histoire du pays, jalonnée de coups de force et de mandats interrompus, impose une lecture prudente. Une présidence plus forte peut réduire certains blocages entre exécutif et Parlement ; sans contre-pouvoirs robustes, elle peut aussi concentrer l’autorité. Les règles de candidature, dont une exigence de cinq années de résidence continue, devront être appliquées de façon prévisible pour éviter qu’elles ne deviennent un instrument d’exclusion.
