Soudan du Sud : une date d’élection ne suffit pas à fabriquer un scrutin crédible
Le premier vote national depuis l’indépendance est annoncé pour le 22 décembre. À moins de quatre mois de l’échéance, des tâches essentielles restent incomplètes ou contestées.

Salva Kiir Mayardit, président de la République du Soudan du Sud
Format Pavé
300 x 250 px
La Commission électorale du Soudan du Sud a fixé au 22 décembre 2026 les premières élections générales depuis l’indépendance de 2011. Après plusieurs reports, cette date offre un horizon politique. Elle place aussi le pays devant une course contre la montre dans un contexte de combats, de défiance et de crise humanitaire.
L’inscription des électeurs, l’éducation civique, la délimitation des circonscriptions, la sécurité du scrutin et plusieurs garanties juridiques restent incomplètes ou disputées. Le président Salva Kiir devrait se présenter. La participation de Riek Machar demeure incertaine : l’ancien vice-président est assigné à résidence et fait face à des accusations que son mouvement juge politiques.
L’Union africaine a averti que la transition subit une pression extrême. Organiser un vote sans accord minimal entre les acteurs armés exposerait électeurs, agents et candidats. Le défi n’est donc pas seulement logistique. Il s’agit de créer des conditions dans lesquelles les perdants accepteront les résultats et pourront les contester par des voies légales plutôt que militaires.
Un calendrier crédible devrait publier des jalons vérifiables, sécuriser l’espace civique et associer les déplacés. À défaut, la date risque de devenir une fin en soi. Le pays a besoin d’élections, mais surtout d’un processus qui transforme le bulletin de vote en source de légitimité plutôt qu’en nouveau motif de confrontation.
