Cap-Vert : six économies africaines lusophones cherchent à attirer des investisseurs privés
L’île de Sal accueillera les 26 et 27 octobre la deuxième édition du Forum d’investissement de l’Afrique lusophone, organisé par l’IFC. Corridors logistiques, agro-industrie et tourisme durable seront au centre des rencontres, sans que les projets présentés puissent encore être considérés comme financés.

L’île de Sal accueille la deuxième édition du Forum d’investissement de l’Afrique lusophone, consacrée aux opportunités économiques et aux partenariats régionaux.
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Sal, point de rencontre de six marchés
Le Cap-Vert se prépare à accueillir une rencontre économique dont l’enjeu dépasse largement la taille de son marché intérieur. Les 26 et 27 octobre 2026, l’île de Sal doit recevoir la deuxième édition du Forum d’investissement de l’Afrique lusophone, organisée par la Société financière internationale (IFC), membre du Groupe de la Banque mondiale. La rencontre réunit des investisseurs, des promoteurs de projets, des institutions financières et des responsables publics venus notamment d’Angola, du Cap-Vert, de Guinée équatoriale, de Guinée-Bissau, du Mozambique et de São Tomé-et-Príncipe.
L’information a été remise en avant le 23 octobre par la presse cap-verdienne, à quelques jours de l’ouverture. Le programme officiel place trois domaines au premier plan : les corridors économiques, l’agro-industrie et le tourisme durable. La logique consiste à rapprocher des projets identifiés de partenaires capables de les financer ou de les exploiter. L’existence du forum et la présence annoncée d’intervenants ne constituent toutefois ni la signature d’un contrat d’investissement ni la garantie d’un décaissement. Les résultats devront être appréciés après les rencontres, à partir d’accords documentés et de calendriers précis.
Des corridors logistiques à rendre finançables

Le premier chantier concerne les liaisons qui permettent aux marchandises de circuler : ports, routes, plateformes de stockage et services de transport. Dans des économies où les coûts logistiques peuvent peser lourdement sur la compétitivité, l’enjeu ne se limite pas à construire des infrastructures. Il faut également assurer leur exploitation, la maintenance, la fluidité des procédures et la connexion avec les bassins de production. C’est ce qui détermine, au bout de la chaîne, le prix payé par l’entreprise et par le consommateur.
Le forum prévoit de présenter des opportunités assorties de besoins de financement définis, sous forme de capital, de dette, de partenariats public-privé ou de concessions. Ces instruments répondent à des profils de risque différents. Une concession ne garantit pas automatiquement un trafic suffisant ; un prêt suppose une capacité de remboursement ; une participation au capital implique des perspectives de rentabilité et une gouvernance crédible. Les organisateurs mettent ainsi en avant des projets susceptibles d’intéresser des investisseurs, mais leur caractère effectivement bancable restera à démontrer dossier par dossier.
L’agriculture et le tourisme face à leurs chaînes d’approvisionnement
L’agro-industrie constitue un deuxième axe de discussion. Pour les pays concernés, attirer des capitaux dans la transformation, le stockage et la distribution peut permettre de conserver davantage de valeur ajoutée sur place. Encore faut-il disposer d’approvisionnements réguliers, de normes de qualité adaptées, de services énergétiques fiables et d’acheteurs identifiés. Le simple affichage d’un potentiel agricole ne suffit pas à sécuriser un investissement. Les partenariats entre producteurs, transformateurs, banques et grands clients seront donc l’un des points à observer.
Au Cap-Vert, la relation entre agriculture locale et tourisme revêt un intérêt particulier. Le pays souhaite renforcer les achats de produits nationaux par les établissements hôteliers, afin que la fréquentation touristique bénéficie davantage aux producteurs et aux distributeurs. Le programme annonce des échanges entre entreprises agricoles, hôtels et institutions financières. Mais cette orientation reste un objectif : les volumes de commandes, les engagements commerciaux et les éventuels financements devront être précisés avant de pouvoir parler de retombées économiques nouvelles.
La promesse d’un marché régional, pas encore un bilan
Le site officiel de l’événement présente les six économies concernées comme un ensemble représentant plus de 90 millions d’habitants et plus de 350 milliards de dollars de marché. Ces chiffres servent à décrire le périmètre économique visé par les organisateurs ; ils ne représentent pas un fonds d’investissement mobilisé pour le forum. De même, les montants que l’IFC indique avoir investis ou mobilisés au cours des années précédentes ne doivent pas être ajoutés à de futurs engagements sans distinction de période ni de nature.
L’édition 2026 fait suite à une première rencontre tenue sur l’île de Sal en mars 2025. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de mise en relation des entreprises des pays africains lusophones avec des financeurs internationaux. Pour le Cap-Vert, la visibilité diplomatique et commerciale de l’événement est immédiate ; l’impact sur l’emploi et la diversification économique sera, lui, différé. La mesure du succès sera moins le nombre de délégations présentes que la transformation des discussions en projets exécutables, avec partenaires identifiés, conditions financières claires et suivi public des réalisations.
