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Bénin-Niger : Accusé d’avoir soutenu la mutinerie à Niamey, Cotonou dément formellement

Les relations entre le Niger et le Bénin connaissent un nouveau regain de tension. Accusé par les autorités nigériennes d’avoir joué un rôle dans la tentative de déstabilisation survenue fin août à Niamey, le gouvernement béninois a fermement rejeté ces accusations et réaffirmé sa volonté de préserver la stabilité de son voisin.

Par Thomas Biakpa
Publié le 4 septembre 2026
Lecture : 3 min
Bénin-Niger : Accusé d’avoir soutenu la mutinerie à Niamey, Cotonou dément formellement

Alors que le dialogue entre Wadagni et Tiani avait repris, les récentes accusations du Niger sur un possible soutien du Bénin à la mutinerie du 29 août à Niamey pourraient à nouveau dégrader les relations entre les deux pays / Neema Média

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La polémique est née d’un reportage diffusé cette semaine par la télévision d’État nigérienne, Télé Sahel. Dans une vidéo présentée comme le témoignage d’un capitaine de l’armée de l’air, un certain Roger Gabriel met notamment en cause le Bénin, la Côte d’Ivoire, la France et le Tchad, auxquels il attribue un rôle présumé dans les événements des 28 et 29 août à Niamey.

Les autorités nigériennes avaient alors fait état d’une mutinerie impliquant des militaires, décrite également comme un « mouvement d’humeur ». Des affrontements avaient éclaté dans plusieurs secteurs stratégiques de la capitale avant que les forces loyales au pouvoir ne reprennent le contrôle de la situation, avec l’appui de leur partenaire russe.

Cotonou dément toute implication

Face à ces accusations, le gouvernement béninois a choisi de répondre publiquement. Lors d’un point de presse tenu vendredi 4 septembre, le ministre porte-parole du gouvernement, Wilfried Houngbedji, a balayé les accusations visant son pays.

Pour le responsable béninois, ces déclarations ne sauraient être prises au sérieux. Il estime surtout que les autorités nigériennes finiront par comprendre que le Bénin ne constitue pas une menace pour le Niger.

« À un moment ou à un autre, nos frères du Niger comprendront que le Bénin n’est pas leur ennemi », a-t-il déclaré, exprimant l’espoir d’une normalisation progressive des relations entre les deux pays.

Wilfried Houngbedji a également insisté sur la position constante de Cotonou face à toute tentative de déstabilisation du Niger. Selon lui, le Bénin s’est opposé hier à une déstabilisation du pays, s’y oppose aujourd’hui et continuera de le faire à l’avenir.

« Ce sont nos frères, ce sont nos parents », a-t-il rappelé, soulignant les liens historiques et humains qui unissent les populations des deux côtés de la frontière.

Un voisinage marqué par la méfiance

Cette nouvelle controverse intervient alors que les relations entre Niamey et Cotonou restent fragiles, malgré des signes récents d’apaisement.

En mai 2025 déjà, les autorités nigériennes avaient accusé le Bénin d’abriter des bases servant à l’entraînement de groupes jihadistes. Cotonou avait catégoriquement rejeté ces accusations, dénonçant des allégations sans fondement.

Quelques mois plus tard, un changement de ton semblait toutefois s’amorcer. En avril 2026, le Niger dirigé par le général Abdourahamane Tiani et le Bénin désormais présidé par Romuald Wadagni avaient engagé des discussions en vue d’un rapprochement.

Les deux pays avaient notamment évoqué la possibilité d’une réouverture de leur frontière commune, fermée depuis le renversement du président nigérien Mohamed Bazoum en juillet 2023 par le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).

Cotonou veut préserver l’idée d’une coexistence pacifique

Malgré la persistance des accusations, le gouvernement béninois affirme vouloir privilégier l’apaisement. Pour Cotonou, les divergences politiques ne doivent pas remettre en cause les liens entre les deux peuples.

Le porte-parole du gouvernement a ainsi défendu une ligne fondée sur la coexistence pacifique et le respect mutuel, estimant que les populations béninoise et nigérienne restent profondément liées malgré les tensions entre leurs dirigeants.

Cette déclaration intervient dans un contexte régional particulièrement sensible, où les autorités nigériennes restent méfiantes à l’égard de plusieurs États voisins et partenaires occidentaux depuis leur arrivée au pouvoir en juillet 2023.

En rejetant une nouvelle fois toute implication dans une quelconque entreprise de déstabilisation, Cotonou cherche donc à maintenir ouverte la voie du dialogue avec Niamey. Reste désormais à savoir si cette volonté d’apaisement permettra de dissiper les soupçons et de relancer durablement le rapprochement amorcé au printemps 2026.