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Algérie : Tebboune ordonne la création d’une prison de haute sécurité en plein désert pour les grands trafiquants de drogue

Face à la montée du narcotrafic, l’Algérie durcit son dispositif sécuritaire. Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné la transformation d’une caserne de l’ANP à Tanezrouft, en plein Sahara, en prison de haute sécurité destinée aux grands trafiquants de drogue. Une agence spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants doit également voir le jour

Par Thomas Biakpa
Publié le 3 septembre 2026
Lecture : 4 min
Algérie : Tebboune ordonne la création d’une prison de haute sécurité en plein désert pour les grands trafiquants de drogue

Le président Abdelmadjid Tebboune durcit le ton face au trafic de drogue en Algérie/ X.com

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L’Algérie durcit encore le ton face au narcotrafic. Réuni mercredi 2 septembre 2026 sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, le Haut-Conseil de sécurité a décidé de transformer une caserne de l’Armée nationale populaire (ANP), située dans le désert de Tanezrouft, en prison de haute sécurité destinée aux grands trafiquants de stupéfiants.

Cette décision marque une nouvelle étape dans la stratégie des autorités algériennes contre les réseaux de narcotrafic, alors que les saisies de drogues et de psychotropes se multiplient à travers le pays.

Une prison au cœur du Sahara

Le désert du Tanezrouft où est prévue une prison de haute sécurité pour les trafiquants de drogue / ALBERT BACKER/CC BY-SA 3.0

 

Le choix de Tanezrouft ne doit rien au hasard. Cette vaste zone désertique du Sahara algérien, réputée pour son extrême aridité et son isolement, offre des conditions particulièrement strictes pour la détention de personnes considérées comme les figures majeures du trafic de drogue.

L’objectif affiché est notamment d’éloigner les principaux narcotrafiquants de leurs réseaux et de limiter les possibilités de maintenir, depuis leur lieu de détention, des contacts avec leurs complices ou leurs relais. La future prison devrait ainsi accueillir spécifiquement les barons et grands trafiquants, séparément du reste de la population carcérale.

La transformation d’une infrastructure militaire existante permettrait par ailleurs aux autorités de s’appuyer sur un site déjà implanté dans une région particulièrement difficile d’accès.

Une réponse à l’ampleur du narcotrafic

Cette annonce intervient dans un contexte de forte mobilisation des services algériens contre les réseaux de stupéfiants. Ces dernières semaines, plusieurs opérations d’envergure ont conduit au démantèlement de réseaux organisés et à d’importantes saisies de cocaïne et de comprimés psychotropes.

En août 2026, les autorités ont notamment annoncé la saisie de plus de 10 millions de comprimés psychotropes ainsi que plus de 33 kilogrammes de cocaïne dans le cadre du démantèlement d’un réseau criminel international. Quelques jours auparavant, une autre opération avait permis de saisir plus de 86 kilogrammes de cocaïne et plus d’un million de comprimés psychotropes.

Dans le sud du pays, les forces de l’ANP ont également intercepté, à Tamanrasset, plus de 31 kilogrammes de cocaïne lors d’une opération menée à la mi-août.

Ces différentes affaires illustrent la pression croissante exercée par les autorités sur les réseaux impliqués dans le trafic transfrontalier de stupéfiants.

Une nouvelle agence contre les stupéfiants

La création de cette prison de haute sécurité ne constitue toutefois qu’un volet du nouveau dispositif annoncé par les autorités algériennes.

Lors de la même réunion du Haut-Conseil de sécurité, l’Algérie a également décidé de mettre en place une agence spécialisée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants. Cette structure doit s’inspirer de dispositifs similaires existant dans d’autres pays, notamment de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine.

L’ambition est donc de renforcer à la fois le volet opérationnel de la lutte contre les réseaux de drogue et la prise en charge judiciaire et pénitentiaire de leurs principaux responsables.

Alger renforce son arsenal contre les narcotrafiquants

Cette nouvelle orientation s’inscrit dans une politique plus large de durcissement de la lutte contre le narcotrafic. Les autorités algériennes considèrent désormais le trafic de stupéfiants comme une question relevant directement de la sécurité nationale.

La multiplication des opérations contre les réseaux organisés, notamment ceux impliqués dans le trafic de cocaïne et de psychotropes, témoigne de cette priorité. En juin dernier, le Premier ministre Sifi Ghrieb avait d’ailleurs honoré les services de sécurité pour une opération qualifiée de particulièrement importante dans le domaine de la lutte contre la drogue, à l’occasion de la Journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues.

Avec la future prison de Tanezrouft et la création annoncée d’une agence spécialisée, Alger semble ainsi vouloir franchir un nouveau cap : isoler les principaux acteurs du narcotrafic, désorganiser leurs réseaux et renforcer la coordination entre les différents services chargés de combattre ce phénomène.

Les autorités n’ont toutefois pas encore précisé le calendrier de transformation de la caserne de Tanezrouft, ni les modalités exactes de fonctionnement de cette future prison de haute sécurité.