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UEMOA : le retour du pacte de convergence franchit une étape, mais attend encore les autres signatures

Signé le 22 octobre 2026 à Abidjan par Alassane Ouattara, l’acte additionnel instituant un nouveau pacte de convergence doit encore être soumis aux autres chefs d’État de l’UEMOA. L’enjeu dépasse la procédure : il s’agit de rétablir un cadre commun de discipline budgétaire et de surveillance des économies de l’Union.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 4 min
UEMOA : le retour du pacte de convergence franchit une étape, mais attend encore les autres signatures

Le chef de l’État ivoirien matérialise l’engagement de la Côte d’Ivoire en signant le protocole de surveillance multilatérale de la zone monétaire.

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Une signature politique, pas encore une entrée en vigueur

L’Union économique et monétaire ouest-africaine cherche à réinstaller un instrument central de coordination de ses politiques publiques. Jeudi 22 octobre 2026, le président ivoirien Alassane Ouattara a signé à Abidjan l’acte additionnel instituant le Pacte de convergence, de stabilité, de croissance et de solidarité entre les États membres. La cérémonie a suivi une audience accordée au président de la Commission de l’UEMOA, Abdoulaye Diop. Le geste a une portée institutionnelle particulière : le chef de l’État ivoirien préside actuellement la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’organisation.

Une distinction est essentielle pour comprendre la nouvelle étape. Selon la Commission de l’UEMOA, le texte sera présenté aux autres chefs d’État afin d’obtenir leurs signatures, condition préalable à son entrée en vigueur. La signature intervenue en Côte d’Ivoire ne signifie donc pas que le nouveau pacte est déjà pleinement applicable dans les huit pays. Ni le calendrier des autres signatures ni la date effective de mise en œuvre n’ont été précisés dans le communiqué consulté. C’est précisément sur ces éléments que portera le prochain suivi institutionnel.

Pourquoi la convergence compte dans une union monétaire

Les États membres de l’UEMOA partagent une monnaie et une politique monétaire, mais conservent des budgets nationaux. Cette architecture crée une interdépendance : une forte dérive des déficits ou de l’endettement dans un pays peut compliquer l’équilibre financier de l’ensemble. Le pacte vise à rapprocher les politiques macroéconomiques et à organiser une surveillance multilatérale des trajectoires nationales. Pour les ministères des Finances, la question est celle de la cohérence des choix budgétaires ; pour les entreprises et les investisseurs, elle touche à la prévisibilité de l’environnement économique.

Le dispositif précédent avait été suspendu en 2020, dans le contexte de la pandémie de Covid-19 et des dépenses d’urgence. Le retour à un cadre commun intervient après plusieurs années durant lesquelles les gouvernements ont dû concilier relance de l’activité, dépenses sociales, besoins d’infrastructures et contraintes de financement. La convergence ne consiste pas uniquement à afficher des seuils : elle suppose de disposer de données comparables, de calendriers budgétaires crédibles et de mécanismes de suivi capables d’identifier les écarts.

Des économies dynamiques, mais des contraintes persistantes

À l’issue de l’entretien d’Abidjan, Abdoulaye Diop a souligné que la croissance économique de l’Union dépassait 6 % depuis plusieurs années, selon l’appréciation présentée par la Commission. Il a mis en avant le poids de la Côte d’Ivoire, première économie de l’espace communautaire, et le rôle de ses innovations financières. Ce tableau de croissance ne suffit cependant pas à mesurer la solidité des finances publiques : la croissance, le niveau des déficits, la charge de la dette et la capacité de mobilisation fiscale répondent à des indicateurs différents.

La Commission a également rendu compte des échanges tenus lors des assemblées annuelles du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, organisées à Bangkok du 12 au 18 octobre. Ces discussions ont porté notamment sur les perspectives de financement du développement régional. La capacité des États à mobiliser des ressources durables sera déterminante pour financer l’électricité, les transports, l’éducation ou la santé tout en évitant une hausse incontrôlée des charges financières. Un pacte crédible peut améliorer le dialogue avec les créanciers, sans garantir à lui seul une réduction des coûts d’emprunt.

Les points à surveiller après Abidjan

Les prochains jalons seront juridiques et opérationnels. Il faudra d’abord connaître le calendrier des signatures restantes, puis le contenu précis des textes complémentaires, les indicateurs retenus et les modalités de surveillance. La communication officielle disponible au 23 octobre ne permet pas d’affirmer que les anciens critères de déficit ou d’endettement sont repris à l’identique. Les présenter comme définitivement arrêtés serait prématuré. Les administrations nationales devront ensuite traduire les engagements communs dans leurs procédures de préparation et d’exécution budgétaires.

Pour les citoyens, la question centrale sera l’équilibre entre rigueur et services publics. La discipline budgétaire peut limiter les déséquilibres, mais elle doit aussi permettre des investissements productifs et la protection des populations vulnérables. Pour les entreprises, le test sera la continuité des paiements publics, la qualité des infrastructures et la stabilité des règles. Le 22 octobre marque ainsi une étape vers le rétablissement d’une coordination régionale ; l’efficacité réelle du nouveau pacte dépendra des décisions qui suivront et de leur application dans chaque État membre.