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TRIUM Global Executive MBA, l’alliance HEC Paris, NYU Stern et LSE qui forme des dirigeants de haut niveau

En juin 2025, Abidjan accueillait une rencontre internationale peu ordinaire. Pendant quatre jours, des dirigeants, entrepreneurs et investisseurs issus du réseau TRIUM Global Executive MBA se retrouvaient dans la capitale économique ivoirienne pour échanger sur les perspectives de développement du continent africain. Parmi les intervenants figuraient notamment le financier ivoirien Charles Kié, ancien patron d’Ecobank Nigeria, et Karim Traoré, directeur de cabinet du Premier ministre ivoirien. Tous deux partagent un point commun académique, un diplôme délivré conjointement par trois établissements parmi les plus réputés de l’enseignement supérieur international, HEC Paris, la Stern School of Business de New York University et la London School of Economics and Political Science (LSE). Leur parcours, comme celui de l’entrepreneure ivoirienne Swaady Martin-Leke, fondatrice de la marque de luxe Yswara, illustre l’influence de ce programme sur une génération de professionnels africains évoluant à l’intersection des affaires, de la finance et des politiques publiques.

Par la Rédaction
Publié le 28 octobre 2026
Lecture : 7 min
TRIUM Global Executive MBA, l’alliance HEC Paris, NYU Stern et LSE qui forme des dirigeants de haut niveau

Les participants du TRIUM Global Executive MBA réunis lors d’un module international, alliant la rigueur académique d’HEC Paris, NYU Stern et la LSE dans un cadre d’apprentissage d’exception.

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Trois établissements, un diplôme international

Créé en 2001, le TRIUM Global Executive MBA repose sur un partenariat académique original réunissant trois institutions aux expertises complémentaires.

HEC Paris apporte son savoir-faire en stratégie, marketing, innovation et management. NYU Stern, installée au cœur de Manhattan, contribue particulièrement à l’enseignement de la finance, de la stratégie et du leadership. La London School of Economics complète cet ensemble par son expertise en économie politique, relations internationales et géopolitique.

Cette complémentarité constitue l’une des principales particularités du programme. Contrairement aux MBA traditionnels, principalement centrés sur la gestion des entreprises, TRIUM accorde une place importante à la compréhension des transformations politiques, économiques et sociales qui influencent les décisions des dirigeants.

Le cursus est organisé sur dix-huit mois, à travers six modules résidentiels répartis notamment entre Londres, New York et Paris. Les participants passent dix semaines en formation présentielle, tout en poursuivant leurs responsabilités professionnelles. Entre les modules, ils consacrent également du temps aux travaux individuels, aux études de cas et à un projet stratégique de fin d’études, appelé Capstone Project.

Ce dernier constitue un élément central du programme. Il permet aux participants de mobiliser les compétences acquises pour concevoir une initiative entrepreneuriale, résoudre une problématique d’entreprise ou développer une stratégie de transformation.

Les promotions réunissent généralement une quarantaine de cadres expérimentés et d’entrepreneurs de différentes nationalités. L’objectif est autant de favoriser l’apprentissage académique que de créer des échanges entre professionnels confrontés à des environnements économiques et culturels différents.

Charles Kié, une carrière au sommet de la finance africaine

Parmi les diplômés africains de TRIUM figure Charles Kié, issu de la promotion 2009. Le dirigeant ivoirien a construit une carrière particulièrement diversifiée dans les services financiers, en occupant des responsabilités de premier plan au sein de plusieurs groupes bancaires internationaux.

Il a notamment dirigé les activités de Citigroup en Afrique de l’Ouest, avant de prendre la direction générale du groupe Banque Atlantique. Il a ensuite intégré Ecobank Transnational Incorporated, où il a été responsable de la banque des grandes entreprises et de la banque d’investissement, puis directeur général d’Ecobank Nigeria, l’une des principales filiales du groupe panafricain.

Titulaire également d’un diplôme de l’École supérieure de commerce d’Abidjan et d’un DESS en restructuration d’entreprises de l’Université de Clermont-Ferrand, Charles Kié a suivi l’Advanced Management Program de Harvard Business School.

Après son parcours de dirigeant bancaire, il s’est orienté vers l’investissement et l’entrepreneuriat. Il préside aujourd’hui Genesis Group et participe au développement de New African Capital Partners, une structure spécialisée dans les investissements, particulièrement dans les services financiers africains.

Swaady Martin-Leke, du groupe General Electric au luxe africain

Le parcours de Swaady Martin-Leke, diplômée de la promotion 2012, présente une orientation différente. Après une carrière de plus d’une décennie au sein du conglomérat américain General Electric, où elle a occupé plusieurs responsabilités de direction, cette entrepreneure ivoirienne a choisi de développer une marque valorisant les ressources, les savoir-faire et l’identité culturelle du continent africain.

Elle fonde Yswara, une entreprise positionnée sur le segment du luxe, particulièrement autour des thés haut de gamme issus de productions africaines.

Son ambition repose sur une conviction économique. L’Afrique ne doit pas se limiter à fournir des matières premières aux grandes marques internationales, mais peut également développer ses propres produits finis, construire des marques reconnues et capter davantage de valeur ajoutée.

L’entreprise s’inscrit ainsi dans une logique de transformation locale et de valorisation du patrimoine artisanal africain.

Fait particulièrement significatif, le concept d’Yswara avait été développé dans le cadre du Capstone Project de TRIUM. Le projet académique s’est ensuite transformé en activité entrepreneuriale.

Karim Traoré, un diplômé au cœur de l’administration ivoirienne

Le troisième parcours est celui de Karim Traoré, diplômé de la promotion 2018 et directeur de cabinet du Premier ministre ivoirien depuis avril 2022.

Ingénieur statisticien formé à l’École nationale supérieure de statistique et d’économie appliquée (ENSEA) d’Abidjan, il est également titulaire d’une maîtrise en économie publique de l’Université de Cocody.

Sa carrière s’est principalement développée dans l’administration économique et financière. Après un passage au ministère ivoirien de l’Économie et des Finances, il rejoint en 2013 le Fonds monétaire international, où il travaille comme économiste sur les questions concernant notamment le Togo.

Il occupe ensuite les fonctions de directeur de cabinet du ministre du Budget et du Portefeuille de l’État, avant de rejoindre la Primature en qualité de conseiller spécial, puis de directeur de cabinet adjoint.

Son parcours est associé à plusieurs chantiers de modernisation de l’administration ivoirienne, notamment la digitalisation du paiement des impôts, la gestion des finances publiques et la coordination de programmes gouvernementaux.

La présence d’un profil comme le sien parmi les diplômés de TRIUM souligne une particularité du programme, dont les enseignements peuvent également intéresser des hauts fonctionnaires chargés de la gouvernance économique, de la régulation et de la conduite des politiques publiques.

Un réseau international qui s’intéresse à l’Afrique

Au-delà du diplôme, TRIUM s’appuie sur un réseau de plus de 1 300 anciens participants présents dans environ 90 pays.

Cette communauté constitue un instrument de mise en relation entre dirigeants d’entreprises, investisseurs, consultants, entrepreneurs et responsables publics. Les diplômés ont également accès aux réseaux d’anciens étudiants des trois établissements partenaires.

L’organisation, à Abidjan, du Module 7 du 26 au 29 juin 2025 témoigne de l’intérêt porté aux marchés africains. Cette rencontre annuelle des diplômés a permis d’aborder les perspectives d’investissement dans l’agriculture, les ressources minières, les infrastructures, la finance et les nouvelles technologies.

L’ancien Premier ministre ivoirien Patrick Achi y est notamment intervenu sur les transformations économiques du continent. Le programme comprenait également des échanges avec des acteurs économiques ainsi que des visites d’entreprises et d’infrastructures, dont le Port autonome d’Abidjan.

Ce rapprochement entre les réseaux internationaux de dirigeants et les économies africaines intervient dans un contexte marqué par la recherche de capitaux, la transformation industrielle et l’émergence de nouveaux groupes panafricains.

Un programme prestigieux, mais financièrement sélectif

La réputation de TRIUM se reflète dans les classements internationaux de l’enseignement supérieur.

En 2026, le programme conserve la première place mondiale dans la catégorie des Executive MBA conjoints du classement QS, qui distingue les cursus proposés par plusieurs établissements partenaires.

Dans le classement général des Executive MBA publié en octobre 2026 par le Financial Times, TRIUM occupe la quinzième position mondiale, contre la sixième en 2025. Cette évolution rappelle que les classements reposent sur des méthodologies différentes, notamment en matière de progression professionnelle, de rémunération des diplômés, de diversité internationale et de production académique.

L’accès au programme représente néanmoins un investissement financier considérable. Pour la promotion 2029, dont la formation débutera en septembre 2027, les frais annoncés s’élèvent à 209 500 dollars américains, auxquels s’ajoutent certaines dépenses de déplacement et d’hébergement.

Des bourses partielles et des dispositifs de financement existent, mais le coût demeure un obstacle majeur pour de nombreux candidats, particulièrement dans les économies émergentes.

Cette réalité soulève une question plus large sur l’accès des professionnels africains aux formations internationales de très haut niveau. Si celles-ci constituent des opportunités de développement professionnel et de constitution de réseaux, leur financement reste souvent conditionné aux ressources personnelles, au soutien des employeurs ou à l’obtention d’aides financières.

La formation des dirigeants, un enjeu de compétitivité africaine

Les parcours de Charles Kié, Swaady Martin-Leke et Karim Traoré montrent la diversité des fonctions exercées par les diplômés africains de TRIUM.

Il serait toutefois réducteur d’attribuer leurs réussites professionnelles à ce seul diplôme. Tous disposaient déjà de formations solides et d’expériences significatives avant leur passage par TRIUM.

L’intérêt du programme réside davantage dans le perfectionnement des compétences de dirigeants expérimentés, l’exposition à différentes approches de management et l’accès à un réseau international de professionnels.

Pour les économies africaines, l’enjeu dépasse ainsi l’obtention de diplômes prestigieux. Il concerne la capacité à former et à mobiliser des dirigeants capables de concevoir des stratégies industrielles, de structurer des financements, de développer des entreprises compétitives et de conduire des transformations institutionnelles.

Dans un environnement économique de plus en plus complexe, marqué par les rivalités géopolitiques, les mutations technologiques et la reconfiguration des chaînes de valeur, cette combinaison de compétences techniques, stratégiques et internationales pourrait jouer un rôle croissant dans le développement des grandes organisations africaines.