Côte d’Ivoire : PASEC 2024, les élèves ivoiriens remontent la pente en lecture et en maths, mais le chemin reste encore long
Les élèves ivoiriens progressent en lecture et en mathématiques, selon les résultats du PASEC 2024. Si les performances enregistrées entre 2019 et 2024 témoignent d’une évolution encourageante, le niveau général des apprentissages reste préoccupant, notamment en mathématiques. Pour les autorités éducatives, l’enjeu est désormais de consolider ces acquis et de les inscrire dans la durée.

En Côte d’Ivoire, les élèves ont réalisé des progrès en lecture et en mathématiques selon les derniers résultats du PASEC 2024/ UNESCO
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La Côte d’Ivoire semble amorcer une évolution favorable en matière de qualité des apprentissages au primaire. Les résultats de la dernière évaluation du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN (PASEC), rendus publics le 22 octobre 2026 à Dakar, font état d’une amélioration des compétences des élèves en fin de cycle primaire, aussi bien en lecture qu’en mathématiques.
Comparativement à l’évaluation de 2019, les données de 2024 montrent une progression de près de six points de pourcentage dans les deux disciplines. Une performance qui témoigne d’une dynamique positive, alors que plusieurs pays participant à cette évaluation connaissent, selon la CONFEMEN, une tendance à la dégradation des acquis scolaires.
Des progrès mesurables dans les apprentissages

En lecture, la proportion d’élèves ivoiriens atteignant le seuil minimal de compétences est passée de 40,4 % en 2019 à 46 % en 2024. Cette hausse de 5,6 points traduit une amélioration du niveau de maîtrise des compétences attendues à la fin du primaire.
Les résultats en mathématiques suivent une trajectoire similaire. Le taux d’élèves ayant atteint le niveau minimal requis est passé de 17,2 % à 23 % sur la même période, soit une progression de 5,8 points.
Au-delà de ces indicateurs globaux, l’analyse de la répartition des élèves par niveau de compétence permet de mieux mesurer l’évolution des performances.
En lecture, les élèves présentant les plus grandes difficultés sont moins nombreux. La proportion de ceux classés au niveau 1 ou en dessous est ainsi passée de 35,3 % en 2019 à 25 % en 2024.
À l’inverse, la part des élèves atteignant le niveau 3 a progressé de 18,4 % à 25 %.
Le niveau 4 affiche, pour sa part, une relative stabilité. En 2024, 21 % des élèves se situaient à ce niveau, contre 22 % lors de la précédente évaluation.
En mathématiques, les tendances observées vont également dans le sens d’une amélioration. La proportion d’élèves situés sous le niveau 1 a diminué, passant de 42,1 % à 33 %. Dans le même temps, la part des élèves atteignant le niveau de compétence le plus élevé a connu une progression importante, passant de 2,6 % en 2019 à 8 % en 2024.
Ces évolutions montrent que les difficultés les plus importantes reculent et que davantage d’élèves parviennent à développer des compétences plus solides dans les deux matières fondamentales.
Les réformes éducatives au cœur des efforts de transformation
Cette progression intervient dans un contexte marqué par plusieurs initiatives gouvernementales destinées à améliorer la qualité du système éducatif ivoirien.
Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique (MENAET) conduit, avec l’appui des différents acteurs du secteur, des réformes visant à renforcer les apprentissages et à améliorer le fonctionnement de l’école.
Ces efforts impliquent notamment les enseignants, les encadreurs pédagogiques, les personnels administratifs, les communautés éducatives ainsi que les partenaires techniques et financiers. Ils s’inscrivent dans la politique éducative portée par le président de la République, Alassane Ouattara.
Parmi les chantiers majeurs figure la mise en œuvre des recommandations issues des États généraux de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation (EGENA), adoptées en juillet 2024 sous l’impulsion de la professeure Mariatou Koné.
Ce cadre de réforme repose sur 42 leviers d’action destinés à répondre aux principales difficultés du système éducatif. Les mesures préconisées concernent notamment l’amélioration des apprentissages, la révision des programmes scolaires, la professionnalisation du métier d’enseignant et la digitalisation de l’administration et des pratiques éducatives.
À travers ces orientations, les autorités entendent améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage, tout en adaptant davantage l’école aux évolutions de la société et aux exigences actuelles en matière d’éducation.
Les résultats du PASEC 2024 constituent un indicateur favorable dans ce contexte de transformation. Ils ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir dans quelle mesure chacune des réformes engagées a contribué aux progrès constatés. Des analyses complémentaires restent nécessaires pour mieux comprendre les facteurs à l’origine de cette évolution.
Un nouveau défi pour les autorités éducatives
Nommé à la tête du MENAET en janvier 2026, Koffi N’Guessan prend les commandes d’un secteur où des avancées sont enregistrées, mais où les besoins restent considérables.
La priorité consiste désormais à faire en sorte que les progrès observés ne soient pas ponctuels. Cela suppose de poursuivre les réformes, de renforcer l’accompagnement pédagogique des enseignants et de développer des dispositifs capables d’aider les élèves rencontrant des difficultés dans l’acquisition des compétences fondamentales.
L’amélioration des résultats devra également s’accompagner d’une attention accrue aux élèves les plus fragiles, afin que les progrès bénéficient au plus grand nombre et contribuent à réduire durablement les écarts de maîtrise des apprentissages.
Car, malgré les signaux positifs, les chiffres du PASEC mettent en évidence des insuffisances importantes.
En mathématiques, moins d’un élève sur quatre, soit 23 %, atteint le seuil minimal de compétences. En lecture, le taux s’élève à 46 %, ce qui signifie que 54 % des élèves évalués ne parviennent pas encore au niveau attendu.
Ces données soulignent l’ampleur du travail qui reste à accomplir pour garantir aux enfants ivoiriens une maîtrise suffisante des savoirs indispensables à la poursuite de leur parcours scolaire.
Consolider les acquis pour améliorer durablement la qualité de l’école
La progression observée entre 2019 et 2024 constitue une évolution encourageante pour le système éducatif ivoirien. La baisse de la proportion d’élèves en grande difficulté et l’augmentation de celle des élèves atteignant des niveaux de compétence plus élevés témoignent d’une dynamique qu’il importe de préserver.
Toutefois, l’amélioration des indicateurs ne doit pas masquer les insuffisances persistantes, particulièrement en mathématiques, où une large majorité des élèves reste en deçà du seuil minimal attendu.
Pour les autorités éducatives, le véritable enjeu est donc de transformer les progrès enregistrés en résultats durables, grâce à des réformes suivies, à un meilleur encadrement pédagogique et à une mobilisation constante de tous les acteurs.
Au-delà des statistiques, il s’agit de permettre à chaque élève ivoirien d’acquérir les compétences fondamentales nécessaires à sa réussite scolaire. C’est à cette condition que les avancées relevées par le PASEC 2024 pourront se traduire par une amélioration durable de la qualité de l’éducation en Côte d’Ivoire.
