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Éducation : l’Union africaine veut passer des stratégies aux résultats mesurables

À Abidjan, les 20 et 21 octobre, le comité continental chargé de coordonner la Décennie africaine de l’éducation et des compétences a tenu sa première réunion. Dans un bilan publié le 23 octobre, ses partenaires annoncent un plan d’action de 100 jours, un suivi des engagements et une meilleure coordination des programmes.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 4 min
Éducation : l’Union africaine veut passer des stratégies aux résultats mesurables

L’emblème de la Stratégie continentale pour l’éducation en Afrique (CESA 2016-2025), une feuille de route dont le bilan pousse aujourd’hui l’Union africaine à exiger des réformes axées sur des résultats quantifiables.

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Une première réunion pour organiser la décennie

L’Afrique dispose de nombreuses stratégies pour améliorer ses systèmes éducatifs. Le défi est désormais de les faire fonctionner ensemble et de rendre leurs résultats vérifiables. Réuni à Abidjan les 20 et 21 octobre 2026, le Comité continental de pilotage de la Décennie de l’action accélérée pour l’éducation et le développement des compétences 2025-2034 a lancé sa phase opérationnelle. Le compte rendu publié le 23 octobre par l’Association pour le développement de l’éducation en Afrique (ADEA), qui accueille son secrétariat, fait état d’un mandat axé sur la coordination et la redevabilité.

La réunion inaugurale était présidée par Gaspard Banyankimbona, commissaire de l’Union africaine chargé de l’Éducation, des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation. L’objectif n’était pas d’annoncer un nouveau système scolaire unique ni un financement global déjà acquis. Les participants ont plutôt cherché à clarifier qui fait quoi, comment articuler les initiatives et comment rendre compte des progrès obtenus dans les pays. Cette orientation répond à une difficulté récurrente : l’accumulation de projets parfois parallèles, soutenus par des institutions différentes et évalués avec des indicateurs hétérogènes.

Relier formation professionnelle, enseignement et innovation

La Décennie, proclamée par le Conseil exécutif de l’Union africaine en février 2025, sert de cadre à plusieurs politiques continentales. Elle doit notamment accompagner la Stratégie continentale de l’éducation pour l’Afrique 2026-2035, les orientations sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels, les politiques scientifiques et technologiques, ainsi que les stratégies relatives à l’éducation numérique et à l’intelligence artificielle. Le pari est de rapprocher les objectifs éducatifs des compétences réellement mobilisables dans l’économie et la société.

Pour les États, cette coordination pourrait aider à éviter qu’un programme de formation des enseignants, un projet d’équipement numérique et une réforme de l’enseignement technique avancent sans dialogue. Pour les universités et les entreprises, elle ouvre une discussion sur la pertinence des formations, la reconnaissance des qualifications et les passerelles vers l’emploi. Mais ces perspectives demeurent des objectifs de politique publique : aucune amélioration des acquis scolaires ou de l’insertion professionnelle ne peut encore être attribuée à cette réunion inaugurale.

Un mécanisme de suivi plus concret

Les membres du comité ont convenu de se réunir deux fois par an, avec la possibilité de sessions extraordinaires. Les responsables des différents groupes thématiques de la stratégie continentale présenteront régulièrement leurs progrès. Une cartographie des programmes éducatifs, qu’ils soient nationaux, régionaux ou financés par des partenaires extérieurs, doit aider à repérer les chevauchements. Les participants envisagent aussi un tableau de bord annuel de redevabilité, adossé autant que possible aux dispositifs de suivi déjà utilisés par les États afin d’éviter de multiplier les obligations administratives.

Le comité entend donner davantage de place aux jeunes, aux enseignants, au secteur privé, aux États et aux communautés économiques régionales. L’ADEA mentionne notamment l’intégration des cinq communautés économiques régionales concernées, de la Zone de libre-échange continentale africaine et du Forum des entreprises africaines dans l’architecture de concertation. Cette ouverture traduit une conception plus large de l’éducation : les besoins en compétences concernent autant les systèmes scolaires que les marchés du travail, les industries et les services.

Des partenaires mobilisés, des montants encore à préciser

Parmi les institutions associées figurent l’UNICEF et l’UNESCO, qui coprésident le dispositif, ainsi que l’AUDA-NEPAD, la Banque africaine de développement, le Programme alimentaire mondial, l’Organisation internationale du travail, des organisations d’enseignants et plusieurs réseaux spécialisés. Le communiqué fait état d’engagements techniques et financiers des partenaires. Il ne fournit toutefois pas de montant consolidé qui pourrait être présenté comme un nouveau fonds continental. Le secrétariat doit tenir un registre des contributions et engagements, une étape importante pour distinguer les annonces des ressources effectivement mobilisées.

Un plan d’action de 100 jours doit maintenant préciser les responsabilités et les échéances. Le comité prévoit également de réviser ses documents de gouvernance et de présenter un rapport d’étape à la prochaine réunion du comité technique spécialisé de l’Union africaine compétent pour l’éducation, la science et la technologie. L’efficacité de la démarche se mesurera moins au nombre de réunions qu’à la capacité de publier des indicateurs comparables : apprentissages fondamentaux, formation des enseignants, accès à la formation technique et adéquation avec les besoins économiques. Abidjan a fixé une méthode ; les résultats restent à produire.