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Somalie–Ouganda : un accord sur l’emploi veut mieux protéger les travailleurs migrants

Signé le 22 octobre 2026 à Mogadiscio, un accord bilatéral prévoit d’encadrer le recrutement et les conditions d’emploi des ressortissants travaillant dans l’autre pays. Contrats écrits, protection sociale et mécanismes de suivi figurent parmi les engagements rapportés, mais l’entrée en vigueur reste conditionnée aux procédures nationales.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 4 min
Somalie–Ouganda : un accord sur l’emploi veut mieux protéger les travailleurs migrants

Des ouvriers et des engins de chantier s’activent dans une localité somalienne. Le nouvel accord bilatéral sur le travail entre la Somalie et l’Ouganda vise à mieux encadrer le recrutement et à garantir des conditions de travail dignes pour les migrants de la région.

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Un accord signé à Mogadiscio

La Somalie et l’Ouganda ont signé, jeudi 22 octobre 2026 à Mogadiscio, un accord de coopération sur le travail destiné à mieux encadrer les recrutements transfrontaliers et à protéger les salariés. Le document a été signé par le ministre ougandais du Genre, du Travail et du Développement social, Henry Tumukunde, et son homologue somalien du Travail et des Affaires sociales, Salim Alio Ibro. La signature est confirmée par un communiqué du ministère ougandais des Affaires étrangères, publié à l’issue de la revue à mi-parcours de la commission permanente mixte entre les deux pays.

Cette démarche répond à une réalité économique peu visible : des travailleurs ougandais exercent en Somalie dans l’enseignement, la santé, la logistique, la sécurité privée et d’autres services. Les autorités ougandaises évoquent plus de 20 000 ressortissants concernés. Ce chiffre décrit une estimation administrative de présence professionnelle, pas nécessairement un décompte de personnes déjà couvertes par le nouvel accord. Le texte vise à organiser les flux et les responsabilités, sans signifier que les pratiques actuelles sont d’ores et déjà conformes à ses prescriptions.

Des droits concrets inscrits dans le dispositif annoncé

D’après les éléments publiés par Nile Post et d’autres médias régionaux ayant rendu compte de l’accord, les travailleurs devraient disposer d’un contrat écrit avant leur départ, enregistré auprès de l’administration du pays d’accueil. Le dispositif prévoit le paiement des salaires sur des comptes bancaires nominatifs, la remise de justificatifs de rémunération, ainsi que des garanties contre la rétention des passeports et le travail forcé. Les employeurs auraient également des obligations concernant les visas, les déplacements et une couverture en cas de décès ou d’invalidité.

Certaines dispositions rapportées prévoient un voyage de retour financé par l’employeur tous les deux ans et des mécanismes de rapatriement en cas de décès. Les sources médiatiques indiquent aussi que les salariés pourraient changer d’employeur si le poste réellement proposé diffère du contrat. Ces détails, importants pour les familles, devront être confrontés au texte intégral de l’accord dès sa publication officielle. Le communiqué diplomatique confirme l’objectif général de recrutement équitable et de protection des droits, sans reproduire l’ensemble des clauses techniques.

Répondre aux abus sans freiner la mobilité

Le ministère ougandais présente cet accord comme un cadre de recrutement régulé et de protection du bien-être des travailleurs. Les discussions ont notamment porté, selon les comptes rendus locaux, sur les retards de salaire, les licenciements irréguliers, les documents de voyage retenus et les difficultés de retour. Dans un marché régional du travail où l’information sur les employeurs peut être limitée, l’existence d’un contrat vérifiable et d’un interlocuteur administratif identifié représente un outil de prévention. Elle n’élimine cependant pas, à elle seule, les abus.

La mise en œuvre supposera de contrôler les agences de recrutement, d’informer les candidats avant leur départ et d’organiser des voies de plainte accessibles. Elle exigera également une coordination entre services consulaires, inspections du travail et autorités migratoires. Une protection sur le papier peut rester inefficace si les salariés ne disposent pas des moyens de signaler une violation ou craignent de perdre leur titre de séjour. La qualité des mécanismes de règlement des différends sera donc aussi importante que la signature diplomatique.

Une coopération économique qui dépasse l’emploi

La réunion de Mogadiscio ne se limitait pas aux travailleurs. Les deux pays ont passé en revue leurs engagements dans le commerce, les investissements, l’éducation, la santé, l’immigration et l’aviation civile. Ils ont également évoqué la constitution d’un conseil permanent d’investissement et d’affaires, attendue d’ici au 30 novembre 2026, et la poursuite des consultations bilatérales en 2027. Ces échéances sont des engagements de travail, non la preuve que toutes les institutions annoncées sont déjà opérationnelles.

La mobilité professionnelle peut contribuer aux échanges de compétences et au développement des services, mais elle exige des garanties pour éviter que les travailleurs supportent seuls les risques des relations économiques transfrontalières. L’accord Somalie–Ouganda offre un cadre possible pour améliorer la situation de milliers de personnes. Selon les informations disponibles, son entrée en vigueur dépend encore des validations internes des deux gouvernements. Les indicateurs à suivre seront la publication du texte, les ratifications ou notifications nécessaires, le nombre de contrats enregistrés, les litiges résolus et les conditions réelles de travail sur le terrain.