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Afrique de l’Ouest : la CEDEAO et la coopération espagnole élargissent leurs discussions à l’économie du soin

Dans un communiqué publié le 23 octobre, la CEDEAO fait état d’échanges avec l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement sur la santé des femmes, l’économie du soin et l’action climatique sensible au genre. La rencontre s’est tenue le 20 octobre à Dakar. Elle ouvre des pistes de coopération, sans constituer encore l’annonce d’un nouveau financement chiffré.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 4 min
Afrique de l’Ouest : la CEDEAO et la coopération espagnole élargissent leurs discussions à l’économie du soin

Partenariat renforcé entre la CEDEAO et la coopération espagnole autour de l’économie du soin via un accord de 16 millions d’euros (2025-2028) signé à Abuja.

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La coopération entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Espagne pourrait prendre une dimension plus large dans les politiques de développement destinées aux femmes. Le 20 octobre 2026, le Centre de la CEDEAO pour le développement du genre a accueilli à Dakar une délégation de l’Agence espagnole de coopération internationale pour le développement (AECID). Le compte rendu, rendu public le 23 octobre, fait état d’une discussion sur les priorités futures, notamment l’économie du soin, l’autonomisation économique des femmes et les programmes climatiques intégrant l’égalité entre les sexes.

La rencontre ne doit pas être présentée comme la signature d’un nouvel accord financier. Aucun montant supplémentaire ni calendrier détaillé de décaissement n’a été communiqué. Les partenaires ont convenu de poursuivre des consultations techniques, notamment sur une éventuelle deuxième phase du projet d’appui institutionnel au Centre. L’intérêt de l’annonce réside donc dans le déplacement possible des priorités : au-delà d’interventions sanitaires ciblées, la coopération envisage de mieux articuler santé, emploi, protection sociale et résilience climatique.

La lutte contre la fistule obstétricale demeure un axe concret

La collaboration actuelle comporte notamment un programme consacré à la fistule obstétricale, mis en œuvre en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau, au Liberia et au Sénégal. Cette lésion grave liée à l’accouchement peut provoquer des problèmes de santé durables, un isolement social et des difficultés économiques. La prise en charge ne se limite donc pas à la chirurgie : elle implique également prévention, suivi médical, accompagnement psychologique et réinsertion.

La CEDEAO et ses partenaires avaient déjà présenté ce programme lors d’initiatives régionales en 2025 et dans les préparatifs du congrès mondial sur la fistule obstétricale prévu à Dakar en décembre 2026. Les quatre pays bénéficiaires de l’appui espagnol ne doivent pas être confondus avec l’ensemble des pays ayant reçu, à d’autres dates, un soutien du programme régional de la CEDEAO.

Lors de la réunion du 20 octobre, les représentants de l’AECID ont salué les avancées du partenariat et réaffirmé leur intérêt pour la poursuite des actions. Les responsables du Centre ont, de leur côté, insisté sur la nécessité de maintenir l’accès aux soins et de renforcer les capacités institutionnelles. Le communiqué ne fournit cependant pas de bilan chiffré récent du nombre de patientes opérées ou réinsérées ; de tels résultats devront être demandés avant toute évaluation d’impact.

Pourquoi l’économie du soin devient un sujet économique

L’économie du soin regroupe des activités souvent invisibles dans le débat sur la croissance : garde des enfants, accompagnement des personnes âgées, assistance aux personnes malades ou handicapées, travail domestique et services sociaux. Une partie importante de ces tâches est assurée gratuitement au sein des familles, fréquemment par les femmes. Cette répartition peut limiter leur disponibilité pour un emploi rémunéré, une formation ou la création d’une entreprise.

En évoquant explicitement ce secteur, la CEDEAO et l’AECID reconnaissent que l’autonomisation économique ne dépend pas uniquement de l’accès au crédit ou de la formation entrepreneuriale. Elle suppose aussi des services de proximité, des infrastructures sociales et une organisation du temps de travail qui permettent aux femmes de participer pleinement à l’activité économique.

La traduction de cette orientation en politiques publiques reste à préciser. Un programme régional pourrait, par exemple, appuyer les compétences professionnelles des métiers du soin ou la collecte de données sur le travail non rémunéré. Il s’agit ici de pistes possibles, et non de mesures déjà approuvées lors de la réunion de Dakar. L’ampleur des effets dépendra de projets identifiables, de budgets et d’indicateurs de résultats.

Climat, droits et financement : les prochaines étapes

Les échanges ont également porté sur un programme régional d’action climatique et d’économie verte sensible au genre. Dans les territoires exposés aux sécheresses, aux inondations ou à la pression sur les ressources, les femmes peuvent subir des contraintes particulières d’accès à l’eau, aux revenus ou à la terre. Une approche qui tient compte de ces écarts peut contribuer à mieux cibler les investissements et les dispositifs de soutien.

La CEDEAO a annoncé la poursuite des consultations sur la seconde phase de l’appui institutionnel et a évoqué la participation des partenaires à la dixième conférence mondiale sur la fistule obstétricale, programmée du 14 au 19 décembre à Dakar. Ces échéances offriront des occasions de préciser les engagements, mais ne constituent pas à elles seules une preuve de résultats supplémentaires.

Le véritable test sera la capacité à transformer une feuille de route commune en interventions financées, mesurables et accessibles aux femmes concernées. Dans une région où les besoins sanitaires et sociaux restent élevés, la coopération entre institutions peut créer des possibilités. Sa crédibilité reposera sur des objectifs transparents, un suivi public des bénéficiaires et des améliorations observables de la santé, des droits et de l’activité économique des femmes.