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RDC : Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila d’être un « supplétif » du Rwanda et le qualifie de « peureux »

En République démocratique du Congo (RDC), les tensions entre le président Félix Tshisekedi et son prédécesseur Joseph Kabila prennent une nouvelle dimension. Le chef de l’État congolais accuse l’ancien président de servir les intérêts du Rwanda dans le conflit qui secoue l’est du pays. Il n’a pas hésité à le qualifier de « peureux », dans une nouvelle sortie qui illustre la dégradation des relations entre les deux hommes.

Par Thomas Biakpa
Publié le 28 octobre 2026
Lecture : 5 min
RDC : Félix Tshisekedi accuse Joseph Kabila d’être un « supplétif » du Rwanda et le qualifie de « peureux »

La guerre de leadership est totale entre Tshisekedi et Kabila en RDC / Ouragan.cd

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Le bras de fer politique entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila se poursuit en République démocratique du Congo. Lors d’une rencontre avec les députés et sénateurs de l’Union sacrée de la nation, organisée le samedi 24 octobre 2026, le président congolais a vivement critiqué son prédécesseur, dont l’engagement aux côtés d’un nouveau mouvement politico-militaire opposé au pouvoir de Kinshasa suscite de fortes tensions.

Selon nos informations, Félix Tshisekedi a qualifié Joseph Kabila de « peureux », estimant que l’ancien chef de l’État devrait désormais s’interroger sur la pertinence de ses choix politiques.

Au-delà de cette attaque personnelle, le président congolais accuse son prédécesseur d’agir au profit du président rwandais, Paul Kagame. Il présente son implication dans la rébellion comme une manœuvre destinée à donner une apparence congolaise à une offensive qu’il attribue à Kigali.

« Le président rwandais a demandé à son supplétif, qui était tapi dans l’ombre, de sortir et de prendre les rênes de cette agression », a déclaré Félix Tshisekedi, selon les propos rapportés par l’Agence France-Presse et repris par plusieurs médias.

Joseph Kabila à la tête d’un nouveau mouvement politico-militaire

Cette nouvelle charge intervient après l’annonce de la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), un mouvement politico-militaire issu de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) et du groupe armé M23.

Le 12 octobre 2026, Joseph Kabila a été présenté comme le dirigeant de cette nouvelle structure, qui affiche son ambition de mettre fin au régime de Félix Tshisekedi. Ce rapprochement avec les forces opposées au gouvernement de Kinshasa constitue un tournant majeur dans le parcours de l’ancien président, qui a dirigé la RDC de 2001 à 2019.

Pour Félix Tshisekedi, l’arrivée de son prédécesseur à la tête de ce mouvement répondrait à une volonté de donner une dimension nationale à une offensive qu’il considère comme soutenue par le Rwanda. Le chef de l’État estime ainsi que Joseph Kabila aurait été poussé à sortir de l’ombre pour prendre la direction politique de cette contestation armée.

Ces accusations s’inscrivent dans un contexte de crise sécuritaire persistante dans l’est de la RDC, où les affrontements entre les forces gouvernementales et le M23 ont provoqué d’importants déplacements de populations et aggravé les tensions entre Kinshasa et Kigali.

Une confrontation politique sur fond de crise sécuritaire

Le Président Félix Tshisekedi est totalement en phase avec les députés et sénateurs de l’Union sacrée de la nation / Wikimedia

La sortie de Félix Tshisekedi témoigne également de la détérioration des relations entre les deux anciens partenaires politiques. Arrivé au pouvoir en 2019, le président congolais avait initialement gouverné dans le cadre d’une alliance avec le camp de Joseph Kabila, avant que leurs relations ne se dégradent progressivement.

Désormais, le conflit qui ravage l’est du pays constitue l’un des principaux points de confrontation entre les deux camps. Kinshasa accuse régulièrement Kigali de soutenir le M23, une accusation que le Rwanda rejette. Le rôle attribué à Joseph Kabila dans cette crise ajoute une dimension politique supplémentaire à un conflit déjà marqué par de profondes tensions régionales.

L’ancien président fait par ailleurs, l’objet de poursuites judiciaires en RDC. En septembre 2025, la justice militaire congolaise l’a condamné à la peine capitale pour des faits notamment liés à la trahison et à ses liens présumés avec la rébellion. Ces accusations sont contestées par son camp, qui dénonce une instrumentalisation politique de la justice.

L’Union sacrée réaffirme son soutien à Tshisekedi

Au cours de la rencontre avec les parlementaires de sa majorité, Félix Tshisekedi a également reçu des marques de soutien de la part des élus de l’Union sacrée de la nation. Ces derniers ont réaffirmé leur fidélité au chef de l’État et leur solidarité face à ce qu’ils considèrent comme une guerre d’agression contre la RDC.

Le président du Sénat, Sama Lukonde, a notamment résumé leur position autour du soutien à Félix Tshisekedi, de la fidélité à son leadership et de la solidarité avec les forces engagées sur le terrain. Les parlementaires ont également exprimé leur appui aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux combattants Wazalendo.

Cette mobilisation politique intervient alors que les autorités congolaises doivent faire face à une situation sécuritaire toujours préoccupante dans l’est du pays.

Un climat politique de plus en plus tendu

En qualifiant Joseph Kabila de « supplétif » du Rwanda et de « peureux », Félix Tshisekedi durcit davantage le ton face à son prédécesseur. Ces déclarations traduisent la volonté du pouvoir de Kinshasa de dénoncer ce qu’il considère comme une alliance entre son ancien dirigeant et des forces hostiles aux institutions congolaises.

Elles soulèvent également des interrogations sur les conséquences politiques de l’entrée de Joseph Kabila dans cette nouvelle configuration politico-militaire, alors que la RDC demeure confrontée à une crise sécuritaire majeure.

Dans ce contexte, l’affrontement entre les deux hommes dépasse désormais le cadre d’une rivalité entre anciens partenaires politiques. Il se retrouve étroitement lié à la question de la souveraineté nationale, à la guerre dans l’est du pays et à l’avenir des institutions congolaises.

Alors que les tensions persistent entre Kinshasa et Kigali, les accusations de Félix Tshisekedi illustrent la complexité d’une crise dans laquelle les enjeux militaires, diplomatiques et politiques restent profondément imbriqués.