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Mali : 54 corps découverts à Ménaka après des attaques attribuées à l’EIGS

Une nouvelle tragédie secoue le nord-est du Mali. Cinquante-quatre corps ont été découverts dans un campement de Tagadayat, près de Ménaka, à la suite d’attaques visant des populations civiles. Neuf survivants ont été secourus et évacués vers la ville. Les premiers témoignages recueillis par les militaires mettent en cause l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

Par Thomas Biakpa
Publié le 27 octobre 2026
Lecture : 4 min
Mali : 54 corps découverts à Ménaka après des attaques attribuées à l’EIGS

Des combattants d’un groupe djihadiste dans le nord est du Mali / Getty Images

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Le nord-est du Mali est de nouveau endeuillé par des violences meurtrières contre les populations civiles. 54 corps sans vie ont été découverts récemment dans un campement situé à Tagadayat, à environ 35 kilomètres au sud-est de Ménaka, dans une région confrontée à une insécurité persistante.

Selon les informations communiquées par l’état-major général des armées maliennes, cette découverte a été effectuée par une patrouille conjointe des Forces armées maliennes (FAMa) et de leurs partenaires. Déployés sur le terrain à la suite de signalements faisant état d’attaques contre des populations civiles, les militaires ont entrepris des recherches dans la zone afin de vérifier les informations reçues et de porter assistance aux éventuelles victimes.

Les opérations ont conduit à la découverte de 54 corps dans le campement de Tagadayat. Neuf personnes ayant survécu aux violences ont également été retrouvées, puis évacuées vers la ville de Ménaka, où elles ont été confiées aux structures compétentes pour leur prise en charge. Les victimes décédées ont, quant à elles, été inhumées sur place, selon les autorités militaires.

L’EIGS mis en cause par les premiers témoignages

D’après les premiers témoignages recueillis par les militaires, les tueries seraient imputables à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), un groupe armé affilié à l’organisation État islamique et actif dans les zones frontalières du Mali, du Niger et du Burkina Faso.

À ce stade, les informations rendues publiques ne permettent toutefois pas de reconstituer avec précision le déroulement des attaques, ni d’établir les circonstances exactes dans lesquelles les victimes ont perdu la vie. L’attribution des faits à l’EIGS repose sur les premiers témoignages recueillis sur le terrain, selon le communiqué de l’état-major.

Cette tragédie illustre une nouvelle fois la vulnérabilité des populations vivant dans les localités isolées du nord-est malien, où les groupes armés continuent de représenter une menace majeure pour la sécurité des habitants.

Des mesures de protection renforcées face à l’insécurité

Des soldats de la force Barkhane patrouillent sur le marché de Ménaka, dans le nord-est du Mali, le 27 juin 2019 / AFP

Face à la gravité de la situation, l’armée malienne affirme avoir renforcé les mesures destinées à protéger les populations les plus exposées. Des dispositions ont notamment été prises pour faciliter le déplacement vers la ville de Ménaka des habitants installés dans des campements considérés comme menacés.

Les patrouilles et les opérations de sécurisation se poursuivent dans le secteur opérationnel de Ménaka, selon l’état-major général des armées. Les autorités militaires réaffirment leur volonté de poursuivre les auteurs présumés de ces violences afin qu’ils répondent de leurs actes conformément aux lois en vigueur.

Ces mesures interviennent dans un contexte sécuritaire particulièrement préoccupant pour les communautés locales, confrontées aux attaques armées, aux déplacements forcés et aux conséquences humanitaires de l’instabilité.

Un bilan qui ravive les inquiétudes dans la région

La découverte des 54 corps intervient alors que des violences avaient déjà été signalées le 18 octobre dernier dans la même zone. À cette occasion, le bureau exécutif de la communauté Idaksahak avait fait état d’au moins 48 civils tués, ainsi que de plusieurs blessés et de déplacements de populations.

Les deux bilans doivent cependant être interprétés avec prudence. Les informations disponibles ne permettent pas de considérer les 54 corps découverts comme autant de victimes supplémentaires aux 48 décès précédemment rapportés. Le bilan communiqué par l’armée correspond à un décompte effectué à la suite des recherches sur le terrain et pourrait donc recouper les premières estimations.

Au-delà du nombre de victimes, cette nouvelle tragédie souligne les difficultés persistantes rencontrées par les autorités pour assurer la protection des populations dans les zones les plus exposées aux violences armées.

La population civile, première victime d’une crise persistante

À Ménaka et dans ses environs, la multiplication des attaques continue de nourrir les inquiétudes des habitants, dont les moyens de subsistance et la sécurité sont directement menacés. Dans ces territoires où les distances, l’isolement de certains campements et l’insécurité compliquent les interventions, les populations civiles restent particulièrement vulnérables.

La découverte des 54 corps à Tagadayat constitue ainsi un nouveau drame humain dans une région où la protection des civils demeure un défi majeur.

Alors que les opérations militaires se poursuivent, les circonstances précises des tueries et l’identification des victimes restent des éléments importants pour établir pleinement les faits.
En attendant de nouvelles informations officielles, la priorité demeure la prise en charge des survivants, la protection des habitants menacés et la sécurisation des localités exposées.

Cette tragédie rappelle, une fois encore, le lourd tribut payé par les populations civiles dans le conflit qui continue de fragiliser le nord-est du Mali.