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Présidence de la FIFA : La France lâche Infantino et ouvre une nouvelle fracture

À l’approche de l’élection présidentielle de la FIFA prévue en mars 2027, la France a décidé de retirer son soutien à Gianni Infantino. Une rupture qui intervient sur fond de tensions croissantes entre la direction de l’instance mondiale et plusieurs fédérations européennes.

Par Thomas Biakpa
Publié le 11 septembre 2026
Lecture : 4 min
Présidence de la FIFA : La France lâche Infantino et ouvre une nouvelle fracture

C’est la fin de l’idylle entre Paris et Infantino/L’Equipe

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C’est un changement de cap qui pourrait avoir des répercussions bien au-delà de Paris. La Fédération française de football (FFF) a décidé de ne plus soutenir Gianni Infantino dans sa volonté de briguer un quatrième mandat à la tête de la FIFA. Le scrutin doit se tenir le 18 mars 2027 au Maroc.

Cette prise de distance intervient alors que la présidence d’Infantino fait l’objet de critiques grandissantes en Europe. Pour la France, qui entretenait jusqu’ici des relations relativement constructives avec le patron du football mondial, ce revirement traduit une détérioration du climat entre certaines fédérations européennes et la direction de la FIFA.

Une rupture qui intervient après plusieurs années de tensions

Le président de la FFF, Philippe Diallo, ne cache désormais plus ses réserves face à une nouvelle candidature d’Infantino. La question dépasse aujourd’hui la seule personnalité du président de la FIFA. Elle porte également sur la manière dont l’institution est dirigée et sur la place accordée aux fédérations européennes dans les grandes décisions.

Paris considère notamment que le dialogue avec les instances européennes n’est pas suffisamment développé. Le projet de la FIFA de faire entrer des capitaux privés dans l’exploitation d’une partie de ses activités commerciales a également contribué à détériorer les relations avec l’UEFA.

À cela, se sont ajoutées plusieurs décisions sportives qui ont alimenté les interrogations en Europe, notamment autour du traitement réservé à l’international américain Folarin Balogun et de certaines décisions prises par les instances dirigeantes du football mondial.

Une institution qui cherche encore à solder son passé

Le désaccord actuel prend une résonance particulière lorsque l’on se souvient de l’histoire mouvementée de la FIFA.
Avant l’arrivée d’Infantino en 2016, l’organisation avait été secouée par une succession d’affaires. Sous João Havelange, les révélations concernant des paiements occultes liés à ISL avaient déjà sérieusement écorné l’image de l’instance.

Quelques années plus tard, la présidence de Sepp Blatter a été rattrapée par les soupçons entourant l’attribution de plusieurs Coupes du monde. Les Mondiaux 2018 et 2022 avaient notamment suscité de nombreuses interrogations sur les conditions dans lesquelles les pays hôtes avaient été choisis.

En 2011, la candidature de Mohamed Bin Hammam à la présidence de la FIFA avait elle aussi été éclaboussée par une affaire d’achat présumé de voix.

Le point culminant est intervenu en mai 2015. Des responsables de la FIFA avaient alors été interpellés à Zurich dans le cadre d’une vaste procédure menée par la justice américaine sur des faits présumés de corruption. Sepp Blatter, réélu dans la foulée, avait finalement annoncé son départ.

Infantino, l’homme du renouveau devenu à son tour contesté

Philippe Diallo, le président de la FFF ( à droite) et Gianni Infantino ne partagent plus la même vision du football/Sports.fr

C’est dans ce climat de crise que Gianni Infantino avait pris la direction de la FIFA en 2016. Son arrivée devait symboliser une nouvelle ère et permettre à l’organisation de restaurer sa crédibilité.

Près d’une décennie plus tard, le constat apparaît cependant plus nuancé. La FIFA reste une puissance incontournable du football international, mais son mode de gouvernance continue de susciter des critiques.

Le désengagement de la France est donc loin d’être anodin. Il intervient après une période durant laquelle la FFF semblait encore prête à accompagner Infantino vers un nouveau mandat.

Les intérêts français en arrière-plan

La position de Paris n’est pas seulement liée à des considérations institutionnelles. La France doit également composer avec ses propres ambitions dans le football international.

Quelques semaines auparavant, Philippe Diallo avait privilégié une attitude relativement pragmatique, notamment parce que la France pourrait chercher à défendre, à moyen terme, un projet d’accueil de la Coupe du monde 2038.

Maintenir des relations étroites avec la FIFA pouvait donc apparaître comme un choix stratégique. Le changement de position du président de la FFF montre que cette logique ne suffit désormais plus à empêcher la rupture.

Un signal politique à l’approche de 2027

Le retrait du soutien français ne signifie pas nécessairement que la candidature d’Infantino est condamnée. Le président de la FIFA dispose encore d’importants soutiens au sein du football mondial.
Mais le choix de la France constitue un signal politique majeur. Il révèle surtout l’existence d’un malaise croissant entre la direction de la FIFA et une partie du football européen.

À quelques mois de l’élection de mars 2027, la bataille pour la présidence de l’instance mondiale pourrait ainsi se jouer autant sur les alliances que sur le bilan d’Infantino. Et le fait que la France, poids lourd du football européen, ait décidé de prendre ses distances pourrait encourager d’autres fédérations à revoir leur propre position.

Le divorce est désormais consommé entre Paris et Infantino/Wikipédia