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Nigeria : Les enlèvements rapportent gros aux groupes armés, près de 6 millions de dollars de rançons encaissées en un an

Près de 6 millions de dollars de rançons ont été versés aux groupes armés et terroristes au Nigeria en l’espace d’un an, soit près de trois fois plus que lors de la période précédente. Dans un contexte marqué par la multiplication des enlèvements de masse, notamment dans le nord du pays, le phénomène s’impose comme une menace sécuritaire majeure et une source de financement croissante pour les groupes armés.

Par Thomas Biakpa
Publié le 27 août 2026
Lecture : 3 min
Nigeria : Les enlèvements rapportent gros aux groupes armés, près de 6 millions de dollars de rançons encaissées en un an

Le business des enlèvements au Nigeria rapportent énormément aux groupes armés/ Wikimedia

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Le Nigeria fait face à une recrudescence des enlèvements contre rançon. Selon une étude publiée, le 26 août 2026 par le cabinet d’analyse SBM Intelligence, basé à Lagos, les sommes versées aux groupes armés et aux organisations terroristes en échange de la libération de personnes kidnappées ont atteint près de 6 millions de dollars entre juillet 2025 et juin 2026.

Le phénomène connaît une forte progression. En l’espace d’un an, le montant des rançons aurait presque triplé, passant d’environ 2 millions de dollars lors de la période précédente à près de 6 millions de dollars.

Cette hausse s’accompagne d’une augmentation importante du nombre de victimes. SBM Intelligence recense 7 825 personnes enlevées entre juin 2025 et fin juin 2026, soit une progression de 66 % par rapport à l’année précédente.

Les enlèvements collectifs se multiplient

Les analystes observent également une évolution du mode opératoire des ravisseurs. Les kidnappings de masse sont désormais devenus la principale forme d’enlèvement dans le pays. Environ 80 % des victimes ont été capturées lors d’opérations visant plusieurs personnes à la foi.

Le nord du Nigeria reste particulièrement touché. Cette région concentre 93,7 % des incidents sécuritaires graves recensés sur la période étudiée.

Parmi les États les plus affectés figurent Zamfara, dans le nord-ouest, avec 92 enlèvements de masse, et Sokoto, où 76 opérations similaires ont été enregistrées.

Le JAS concentre l’essentiel de l’argent

Un groupe se distingue particulièrement dans ce système de rançons. Il s’agit du JAS, considéré comme la branche historique de Boko Haram. Selon le rapport, il aurait perçu à lui seul 90 % de l’ensemble des rançons versées, alors qu’il n’est associé qu’à huit enlèvements.

Deux opérations expliquent principalement ces revenus.
À Ngoshe, dans l’État de Borno, les ravisseurs auraient obtenu près de 4 millions de dollars pour la libération de 416 personnes. Dans un autre cas, 1,5 million de dollars auraient été payés pour permettre la libération de 315 élèves et membres du personnel de l’école Saint Mary de Papiri, dans l’État de Niger.

Payer ne signifie pas forcément être sauvé

Le rapport souligne toutefois une réalité particulièrement préoccupante. En effet, le paiement d’une rançon ne constitue pas une garantie de survie pour les otages.
Les chercheurs de SBM Intelligence ont identifié au moins six situations dans lesquelles des personnes retenues en captivité ont été tuées alors même que leurs ravisseurs avaient déjà reçu de l’argent.

Cette situation illustre la difficulté des autorités nigérianes à enrayer l’économie des enlèvements, devenue une source importante de financement pour certains groupes armés.

Un enjeu majeur avant la présidentielle

La question de l’insécurité devrait occuper une place centrale dans le débat politique nigérian à l’approche de la prochaine élection présidentielle. L’économie sera également au cœur des préoccupations des électeurs.

Le président Bola Tinubu doit briguer un second mandat en janvier prochain, dans un contexte où la multiplication des kidnappings et l’augmentation spectaculaire des rançons constituent désormais des défis majeurs pour le gouvernement nigérian.