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Togo : Affaire des deux Français détenus, Lomé évoque des « indices graves et concordants » et détaille les faits qui leur sont reprochés

Lomé hausse le ton dans l’affaire des deux réalisateurs français et de leur collaborateur togolais, arrêtés fin juillet. Le gouvernement affirme disposer d’éléments jugés sérieux contre eux, notamment autour de l’usage d’un drone dans une zone soumise à des restrictions sécuritaires. La défense, de son côté, rejette les accusations.

Par Thomas Biakpa
Publié le 23 août 2026
Lecture : 3 min
Togo : Affaire des deux Français détenus, Lomé évoque des « indices graves et concordants » et détaille les faits qui leur sont reprochés

Les journalistes français Gaël Mocaër et Sebastian Perez détenus au Togo / Montage JA

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Près d’un mois après l’arrestation de deux réalisateurs français et d’un professionnel togolais, les autorités du Togo ont finalement livré leur version des faits. Dans un communiqué publié samedi 22 août, les ministères de la Justice et de la Sécurité ont indiqué que les trois hommes faisaient l’objet d’une procédure judiciaire fondée sur des « indices graves et concordants ».
Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, qui participaient au tournage d’un épisode de l’émission documentaire Les Routes de l’impossible, ont été interpellés le 27 juillet avec leur collaborateur local, Fred Vedomey. Ils sont notamment poursuivis pour « fausses déclarations ».

Une présence dans une zone particulièrement surveillée

Selon les explications fournies par les autorités togolaises, l’un des principaux points de préoccupation concerne l’utilisation d’un drone au cours du tournage. L’équipe aurait opéré dans des secteurs soumis à des mesures de sécurité particulières, notamment dans la région des Savanes, au nord du pays.
Cette partie du territoire togolais est placée sous état d’urgence depuis 2022 en raison de la menace liée aux groupes jihadistes et aux incursions de groupes armés. Dans ce contexte, les déplacements et les activités professionnelles, notamment celles impliquant des prises de vues aériennes, peuvent être soumis à des restrictions spécifiques.

Le gouvernement fait également état de plusieurs « irrégularités » qui auraient entouré la préparation et le déroulement de la mission. Il ne précise toutefois pas, dans son communiqué, la nature exacte de l’ensemble de ces manquements.

Une autorisation de tournage au centre des interrogations

Les conditions dans lesquelles l’équipe avait obtenu son autorisation de tournage constituent un autre volet important du dossier.
D’après les autorités, le document présenté par les intéressés avait été délivré le 19 juin 2026 par le ministère chargé du Tourisme. Mais cette autorisation n’aurait été établie qu’au nom du collaborateur togolais, Fred Vedomey.

Lomé soutient par ailleurs, que le document ne permettait pas de tourner dans toutes les zones où l’équipe s’est rendue. L’autorisation aurait été limitée à certaines localités et n’aurait notamment pas couvert la région des Savanes.

Cette question pourrait donc être déterminante dans la procédure, alors que les autorités cherchent à établir si les membres de l’équipe ont effectivement dépassé le cadre fixé pour leur mission.

Les intéressés rejettent les accusations

La défense ne partage pas cette lecture du dossier. Interrogé par l’AFP, l’avocat togolais des trois hommes, Me Martial Akakpo, a déclaré que ses clients « ne reconnaissent aucun fait ».
Même position du côté de Tony Comiti Productions, la société avec laquelle travaillent les deux réalisateurs. Son directeur général, Patrice Lucchini, avait auparavant affirmé que l’équipe était en règle au moment des faits.

Il avait néanmoins reconnu la possibilité d’un dépassement involontaire d’une zone déconseillée à l’équipe. Selon lui, ce franchissement aurait pu se produire « par inadvertance ».

Une procédure désormais engagée

Les trois hommes ont été présentés au parquet de Lomé le 17 août, en présence de leur avocat. Les autorités assurent qu’ils sont détenus dans un lieu sûr et que leurs conditions de détention respectent les normes internationales.

Pour l’heure, l’affaire reste donc ouverte. Le gouvernement togolais affirme disposer d’éléments suffisamment sérieux pour justifier les poursuites, tandis que les intéressés contestent les faits qui leur sont reprochés.

Dans le nord du Togo, où l’état d’urgence demeure en vigueur, les activités de tournage doivent composer avec un environnement particulièrement sensible.
La suite de la procédure judiciaire devra permettre de déterminer précisément les responsabilités des trois hommes et la portée des éventuels manquements qui leur sont reprochés.