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Guinée : Au moins 31 morts après l’effondrement d’une montagne de déchets à Conakry

Un éboulement survenu dans la nuit du 22 au 23 août à la décharge de Dar-es-Salam, à Conakry, a fait au moins 31 morts et plusieurs blessés. Alors que les secours poursuivent les recherches, le drame relance les inquiétudes sur la dangerosité du site, dont la fermeture et l’évacuation des riverains étaient pourtant annoncées.

Par Thomas Biakpa
Publié le 24 août 2026
Lecture : 3 min
Guinée : Au moins 31 morts après l’effondrement d’une montagne de déchets à Conakry

Des personnes sur le lieu du drame/ WakatSéra

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À Conakry, un nouvel accident meurtrier vient de frapper le quartier de Dar-es-Salam, dans la commune de Gbessia. Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2026, une partie de l’immense décharge à ciel ouvert du secteur s’est effondrée, ensevelissant des habitations et des abris de fortune construits au pied du site.

Selon le dernier bilan provisoire communiqué par la Protection civile, au moins 31 personnes ont perdu la vie. Plusieurs blessés ont été secourus tandis que d’autres habitants restaient encore portés disparus dimanche.
Les opérations de recherche se poursuivaient pour tenter de retrouver d’éventuelles victimes sous les tonnes de déchets.

Une catastrophe en pleine nuit

Le drame s’est produit aux alentours de 2 heures du matin, alors que de fortes pluies s’abattaient sur la capitale guinéenne. Réveillés brutalement par l’effondrement, les habitants ont vécu une scène de chaos et de panique.

La masse de déchets a dévalé vers les habitations situées en contrebas, ensevelissant plusieurs maisons avec leurs occupants encore endormis. Au fil de la journée de dimanche, les forces de défense et de sécurité, accompagnées par les équipes de la Protection civile, ont poursuivi les fouilles. Mais les opérations restent particulièrement délicates. Le terrain demeure instable et les secouristes doivent progresser avec une grande prudence afin d’éviter de nouveaux accidents.

Des familles toujours dans l’attente

Dans le quartier, l’angoisse domine. Certaines familles attendent encore des informations sur leurs proches disparus. À la mosquée de Dar-es-Salam, la douleur est palpable alors que les proches des victimes tentent de faire face à l’ampleur de la tragédie.

Pour les riverains, cet accident est aussi la conséquence d’un danger dénoncé depuis longtemps. L’un d’eux réclame ainsi la disparition définitive de la décharge, estimant que la présence de cette énorme accumulation d’ordures constitue une menace permanente pour les habitants.

Une fermeture annoncée… le jour même du drame

L’accident intervient alors que les autorités guinéennes avaient déjà identifié le site comme particulièrement dangereux. Le gouvernement avait prévu la fermeture de la décharge le dimanche 23 août, avec l’objectif d’évacuer progressivement les personnes vivant à proximité.
La ministre de l’Administration du territoire, Djénabou Touré, affirme que les autorités travaillaient depuis plusieurs années à éloigner les populations de cette zone, notamment en raison des risques sanitaires et sécuritaires qu’elle représente.

Selon elle, des équipes étaient encore présentes sur le terrain la veille du drame pour demander aux familles de quitter les lieux. Après l’effondrement, le gouvernement assure vouloir accélérer le déplacement des habitants qui vivent toujours aux abords du site.

Un scénario déjà vécu en 2017

La catastrophe de Dar-es-Salam n’est malheureusement pas sans précédent. En 2017, un autre effondrement sur cette même décharge avait causé la mort de neuf personnes et fait une vingtaine de blessés.
Des habitants dénoncent depuis des années la dangerosité de cette montagne de déchets et la présence persistante de logements à ses pieds.

Alors que les recherches se poursuivent pour retrouver les personnes encore disparues, le drame de Dar-es-Salam relance une nouvelle fois le débat sur la gestion des déchets, la sécurité des quartiers informels et la nécessité de reloger durablement les populations exposées.