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Liberia : Inculpée dans une affaire de trafic de drogue présumé, l’ex-épouse de Charles Taylor écrouée à Monrovia

Au Liberia, l’ancienne vice-présidente Jewel Howard-Taylor a été placée en détention préventive après son inculpation dans une affaire présumée de trafic de stupéfiants. Alors que l’opposition dénonce un possible ciblage politique, le président Joseph Boakai assure qu’elle bénéficiera d’une justice équitable et du respect de ses droits.

Par Thomas Biakpa
Publié le 27 août 2026
Lecture : 3 min
Liberia : Inculpée dans une affaire de trafic de drogue présumé, l’ex-épouse de Charles Taylor écrouée à Monrovia

L’ancienne vice-présidente libérienne Jewel Howard Taylor et ex-épouse de Charles Taylor a été placée en détention mardi 25 août pour trafic de drogue / Wikimedia

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Au Liberia, l’ancienne vice-présidente Jewel Howard-Taylor a été placée en détention préventive après son inculpation dans une affaire présumée de trafic de stupéfiants. Alors que l’opposition dénonce un possible ciblage politique, le président Joseph Boakai assure qu’elle bénéficiera d’une justice équitable et du respect de ses droits. (Chapeau)

L’ancienne vice-présidente du Liberia, Jewel Howard-Taylor, par ailleurs ex-épouse de l’ancien chef de guerre libérien, Charles Taylor se trouve depuis mardi 25 août à la prison centrale de Monrovia. Elle y a été placée en détention préventive après avoir été inculpée dans le cadre d’une enquête portant sur un présumé réseau international de trafic de stupéfiants.

Les autorités libériennes avaient annoncé, le 19 août, l’inculpation de l’ancienne responsable politique. Elle est soupçonnée notamment d’avoir participé à l’importation et à la vente illicites de drogues. Selon le gouvernement, les investigations portent sur un réseau qui aurait des activités au Liberia mais également au-delà des frontières du pays.

Une arrestation à l’aéroport

Jewel Howard-Taylor avait été interpellée à l’aéroport international Roberts, situé à une trentaine de kilomètres de Monrovia. D’après les autorités, elle s’apprêtait à quitter le territoire lorsqu’elle a été arrêtée.

Présentée devant un tribunal mardi 25 août, elle a ensuite été placée en détention dans l’attente de son procès. Ses avocats avaient pourtant demandé qu’elle puisse rester libre jusqu’à l’ouverture de la procédure judiciaire. Ils avaient notamment invoqué son état de santé, précisant que leur cliente souffre d’asthme. Le tribunal n’a pas donné suite à cette requête.

L’opposition dénonce un possible ciblage politique

Cette affaire suscite également des réactions dans le paysage politique libérien. Le Congrès national alternatif (ANC), parti d’opposition, a demandé au gouvernement dirigé par le Parti de l’unité (UP) de veiller à ne pas utiliser la lutte contre le trafic de drogue pour viser exclusivement des personnalités proches de l’opposition.

Dans un communiqué publié mardi, l’ANC s’est déclaré préoccupé par ce qu’il considère comme une tendance des autorités à cibler des personnes liées au Congrès pour le changement démocratique (CDC), formation politique dont Jewel Howard-Taylor est membre.

Boakai défend l’impartialité de la justice

Face à ces inquiétudes, le président libérien Joseph Nyuma Boakai a voulu rassurer sur le déroulement de la procédure. Dans un discours à la Nation mercredi 26 août, il a affirmé que la campagne menée contre la drogue et le crime organisé ne visait ni un individu, ni une formation politique.

Selon le chef de l’État, le véritable objectif des autorités est de lutter contre le trafic de stupéfiants, qu’il considère comme une menace pour la sécurité, la stabilité et l’avenir du Liberia.

Joseph Boakai a également assuré que Jewel Howard-Taylor bénéficiait des garanties prévues par la loi. Il a rappelé que l’ancienne vice-présidente reste présumée innocente et qu’elle dispose du droit à un avocat ainsi qu’à une procédure régulière.

Alors que son arrestation et son placement en détention ont suscité une attention particulière au Liberia comme à l’étranger, le président a ainsi promis que l’ancienne vice-présidente serait traitée conformément à la Constitution et aux lois du pays. Son procès devra désormais déterminer les suites judiciaires de ces accusations.