AES : Après l’armée et la banque, la Confédération se dote de son Parlement, le troisième pilier de l’organisation entre en scène
Après la mise en place de sa Force unifiée et de sa banque confédérale, l’Alliance des États du Sahel (AES) franchit une nouvelle étape avec l’installation, à Niamey, de son Parlement confédéral. Composée de 45 députés du Burkina Faso, du Mali et du Niger, cette nouvelle institution vient renforcer l’architecture commune engagée depuis 2024.

Les trois leaders de l’AES/ Capture Facebook
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La Confédération des États du Sahel (AES) franchit une nouvelle étape dans son processus d’intégration. À Niamey, le lundi 24 août 2026, les représentants des trois pays membres à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont officiellement lancé les travaux du Parlement confédéral. Cette institution, composée de 45 députés, vient compléter un dispositif institutionnel progressivement construit depuis la création de la Confédération en 2024.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sous la présidence du Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Lamine Zeine, qui représentait à cette occasion le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani. Pour le chef du gouvernement, l’installation de cette assemblée constitue une avancée importante dans la consolidation des institutions communes aux trois États.
Après l’ouverture de la session, Ali Mahamane Lamine Zeine a signé le livre d’or consacré aux sessions confédérales des Parlements de l’AES, avant de prendre part à la traditionnelle photographie officielle avec les députés.
Une nouvelle institution au service de l’intégration
La création de ce Parlement doit permettre de donner une dimension davantage populaire au projet confédéral. Selon les autorités de l’AES, les députés auront notamment pour vocation de rapprocher les institutions communes des citoyens et de faire remonter les préoccupations des populations dans les politiques portées à l’échelle confédérale.
Le projet défendu par les trois pays repose notamment sur plusieurs priorités que sont, la souveraineté, la sécurité, le développement économique et une diplomatie commune. L’installation du Parlement représente ainsi un nouvel élément dans la volonté affichée de renforcer la coordination entre Ouagadougou, Bamako et Niamey.
La Force unifiée et la banque confédérale déjà opérationnelles
Avant l’entrée en fonction du Parlement, l’AES avait déjà franchi deux étapes institutionnelles importantes à la fin de l’année 2025.
Sur le plan sécuritaire, les trois pays avaient mis en place une Force unifiée réunissant environ 5 000 militaires burkinabè, maliens et nigériens. Cette force est placée sous le commandement du général burkinabè Daouda Traoré et a pour objectif de lutter contre les groupes armés actifs dans la région.
Sur le terrain économique et financier, la Confédération avait également créé sa propre institution bancaire. La Banque confédérale pour l’investissement et le développement de l’AES (BCID-AES) a été inaugurée le 23 décembre 2025 à Bamako. Elle dispose d’un capital initial de 500 milliards de francs CFA, soit environ 895 millions de dollars.
La banque doit notamment contribuer au financement de projets liés aux infrastructures, à l’agriculture, à l’énergie ainsi qu’au développement du secteur privé. Sa création traduit également la volonté des États de l’AES de disposer de mécanismes financiers propres, en dehors des circuits financiers occidentaux traditionnels.
Une construction institutionnelle engagée depuis 2024
L’installation du Parlement s’inscrit dans un processus commencé deux ans plus tôt. Le 6 juillet 2024, les dirigeants du Burkina Faso, du Mali et du Niger avaient signé à Niamey le traité instituant officiellement la Confédération des États du Sahel.
Depuis cette signature, plusieurs structures communes ont progressivement vu le jour. Parmi elles figure également une chaîne de télévision confédérale installée à Bamako, chargée de diffuser une information correspondant aux orientations de la Confédération.
Avec le Parlement désormais installé, l’AES poursuit donc la construction de son architecture commune. Les autorités des trois pays présentent cette évolution comme une marche progressive vers une organisation plus intégrée, souveraine et centrée sur les aspirations des populations.
Pour l’heure, le calendrier précis des prochaines étapes du fonctionnement du Parlement confédéral n’a pas encore été communiqué par les autorités de l’AES.
