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Industrie aurifère en Afrique : La Côte d’Ivoire se donne dix ans pour surclasser le Burkina Faso et le Mali

La Côte d’Ivoire veut accélérer son ascension dans l’industrie aurifère africaine. À Abidjan, les autorités ont fixé un cap particulièrement ambitieux : intégrer, d’ici 2035, le cercle des principaux producteurs d’or du continent et dépasser notamment le Burkina Faso et le Mali.

Par Thomas Biakpa
Publié le 18 septembre 2026
Lecture : 4 min
Industrie aurifère en Afrique : La Côte d’Ivoire se donne dix ans pour surclasser le Burkina Faso et le Mali

Sangafowa Coulibaly, ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie/ Abidjan.net

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L’objectif a été dévoilé mercredi 16 septembre, à l’occasion d’une réunion consacrée à la mise en œuvre de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP). Le ministre des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a fait de cette échéance un horizon stratégique pour le développement de la filière.

Une industrie appelée à prendre davantage de poids

Le gouvernement ivoirien ambitionne d’intégrer, d’ici 2035, le cercle des principaux producteurs d’or du continent et dépasser notamment le Burkina Faso et le Mali / Afrik.com

La volonté affichée par Abidjan s’inscrit dans une transformation progressive du paysage minier ivoirien. Longtemps associée avant tout au cacao et aux autres productions agricoles, la Côte d’Ivoire cherche désormais à renforcer la contribution des ressources minières à son économie.

L’or occupe une place croissante dans cette stratégie. Selon les données citées pour 2025, la Côte d’Ivoire aurait produit 59,2 tonnes, ce qui la place au huitième rang africain. Elle reste toutefois derrière le Ghana, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Mali, le Soudan, la Guinée et le Zimbabwe.

Avec 187,3 tonnes, le Ghana conserve la première place du classement. L’Afrique du Sud suit avec 98,7 tonnes, tandis que le Burkina Faso et le Mali affichent respectivement 94 et 82,9 tonnes.
Pour Abidjan, le défi consiste donc à combler progressivement un écart qui demeure important.

De 23 à près de 60 tonnes en moins de dix ans

La progression enregistrée ces dernières années constitue l’un des principaux arguments avancés par les autorités ivoiriennes.
En 2015, la production nationale atteignait 23,54 tonnes. Elle a ensuite progressé pour dépasser les 59 tonnes en 2024, soit une hausse de plus de 150 % en moins d’une décennie.

Dans le même temps, le nombre de sites miniers en exploitation est passé de quatre à treize. Les activités aurifères se sont également étendues à plusieurs parties du pays, notamment au nord, au centre, à l’ouest et dans le sud-est.

Le sous-sol ivoirien offrirait par ailleurs, un potentiel estimé à environ 600 tonnes de réserves exploitables, laissant entrevoir des possibilités importantes d’expansion de la production.

Lafigué, symbole de la nouvelle phase minière

L’ouverture de nouvelles mines doit permettre de maintenir cette dynamique. Parmi les projets récents figure celui de Lafigué, exploité par Endeavour Mining.
Situé à environ 500 kilomètres au nord d’Abidjan, le complexe est entré en production en octobre 2024. Son développement doit contribuer à l’augmentation de la production nationale, avec une estimation d’environ 62 tonnes pour 2025, contre 58 tonnes l’année précédente.

Pour le gouvernement ivoirien, ce type de projet illustre la capacité du pays à attirer des capitaux et des opérateurs internationaux afin d’augmenter rapidement ses volumes de production.

À Tongon au nord de la Côte d’Ivoire, le britannique Randgold exploite le plus grand site industriel du pays/ Randgold

Un objectif qui se heurte à une forte concurrence régionale

Atteindre les positions occupées aujourd’hui par le Burkina Faso et le Mali nécessitera néanmoins une croissance soutenue au cours des prochaines années.
Le Burkina Faso a produit 94 tonnes d’or en 2025 et occupe la troisième position africaine.

Malgré les difficultés sécuritaires qui affectent certaines zones minières, le pays conserve une importante capacité de production, notamment grâce au développement de certains gisements comme celui de Bomboré.

Le Mali, pour sa part, a enregistré 82,9 tonnes. L’exploitation industrielle y côtoie une activité minière à plus petite échelle, tandis que l’or représente une part majeure des exportations nationales, proche de 80 % de leur valeur totale.

Les deux États ont également entrepris de renforcer leur présence dans le secteur à travers de nouvelles règles minières destinées à accroître les recettes publiques issues de l’exploitation des ressources.

2035 comme ligne d’arrivée

C’est donc dans un environnement déjà fortement concurrentiel que la Côte d’Ivoire entend accélérer.
L’ambition affichée ne repose pas uniquement sur l’augmentation de la production des mines existantes. Le pays compte également sur l’ouverture de nouveaux sites, l’exploration de son potentiel géologique et l’arrivée de nouveaux partenaires internationaux.

Si la tendance observée depuis 2015 se poursuit, l’industrie aurifère pourrait ainsi occuper une place beaucoup plus importante dans l’économie ivoirienne au cours de la prochaine décennie.
Mais le véritable test sera la capacité du pays à transformer cette croissance en production durable et suffisamment importante pour rejoindre, puis dépasser, des producteurs comme le Mali et le Burkina Faso.

Après avoir fait de la diversification économique une priorité, Abidjan place désormais l’or au cœur d’un nouveau pari : faire de la Côte d’Ivoire, à l’horizon 2035, une puissance minière de premier plan en Afrique.