BRICS: Le Nigeria profite du sommet en Inde pour élargir ses marchés hors pétrole
Présent au 18e sommet des BRICS à New Delhi en Inde, le Nigeria a profité de l’occasion pour renforcer ses partenariats commerciaux et attirer de nouveaux investissements dans les secteurs non pétroliers. Abuja mise sur ce rapprochement avec les puissances émergentes pour accélérer la diversification de son économie et réduire sa dépendance aux hydrocarbures.

Les BRICS lors du 18è sommet du bloc à New Delhi/ Reuters
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À New Delhi, lors du 18è sommet des Brics, le Nigeria n’a pas seulement cherché à défendre ses intérêts diplomatiques. Abuja a surtout profité de cette rencontre pour ouvrir de nouveaux débouchés à son économie et accélérer la diversification de ses sources de revenus, encore largement dépendantes des hydrocarbures.
À l’occasion de ce rendez-vous international, le gouvernement nigérian a réaffirmé sa volonté de renforcer ses relations avec ses principaux partenaires économiques. Dans un communiqué, Stanley Nkwocha, conseiller spécial principal du président chargé des médias et de la communication, a souligné l’importance accordée par Abuja à cette rencontre.
L’enjeu est considérable pour la première économie d’Afrique de l’Ouest. Malgré la progression des services, de l’agriculture et des télécommunications, le pétrole reste au cœur des équilibres économiques et budgétaires du pays. Les hydrocarbures représentent encore près de 90 % des recettes d’exportation et environ 40 % des recettes fiscales fédérales. Une forte dépendance qui expose les finances publiques aux fluctuations de la production et des cours mondiaux.
Sortir progressivement du tout-pétrole
Pour Abuja, le sommet des BRICS a donc été une occasion de donner un nouvel élan aux secteurs capables de réduire cette dépendance. Le Nigeria souhaite notamment renforcer ses partenariats dans le commerce, l’agriculture, les minerais solides, les technologies, l’innovation et l’investissement.
Cette orientation s’inscrit dans une stratégie plus large visant à mieux encadrer les revenus pétroliers et gaziers et à limiter leur poids dans les finances publiques. En février, un décret présidentiel avait notamment prévu la centralisation des recettes issues des hydrocarbures sur le compte de la fédération, avec pour objectif de mieux maîtriser une ressource particulièrement volatile.
Les performances du secteur pétrolier illustrent d’ailleurs les défis auxquels le pays reste confronté. Au premier trimestre 2026, la production de brut s’est établie à environ 1,55 million de barils par jour, contre 1,62 million un an plus tôt.
Dans le même temps, la montée en puissance de la raffinerie Dangote contribue à modifier progressivement le paysage énergétique nigérian. Le pays commence désormais à exporter vers l’Europe des produits pétroliers raffinés, une évolution importante pour un État qui dépendait encore largement des importations de carburants.
Un rapprochement stratégique avec les BRICS
Le Nigeria n’est pas membre à part entière des BRICS, mais il participe aux activités du groupe en qualité de pays partenaire. Celui-ci réunit actuellement le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Éthiopie, l’Iran, les Émirats arabes unis, l’Indonésie et l’Arabie saoudite.
Ce statut offre à Abuja une porte d’accès privilégiée à un espace économique regroupant certaines des principales puissances émergentes de la planète. Pour le Nigeria, il s’agit surtout de multiplier les passerelles commerciales et de renforcer les liens avec de nouveaux investisseurs.
La présence régulière du pays aux rencontres liées aux BRICS traduit cette volonté. En juin dernier, Abuja avait notamment participé à une réception organisée à Moscou à l’occasion des 20 ans du groupe, aux côtés de plusieurs pays partenaires, dont l’Inde, l’Éthiopie et l’Indonésie.
Derrière cette diplomatie se dessine une ambition claire : élargir les partenaires commerciaux du Nigeria et attirer davantage de capitaux vers les secteurs non pétroliers.
L’Inde comme tremplin vers de nouveaux marchés
Le choix de New Delhi pour accueillir le 18e sommet revêt, dans ce contexte, une importance particulière. Sous la présidence indienne, les discussions des 12 et 13 septembre ont été consacrées à la résilience, à l’innovation, à la coopération et à la durabilité.
Des priorités qui correspondent largement aux secteurs que le Nigeria cherche aujourd’hui à développer.
Abuja a donc mis les bouchées doubles pour tirer parti de la présence de grandes puissances commerciales pour trouver de nouveaux débouchés à ses produits agricoles et miniers, tout en attirant des investissements dans les infrastructures, l’industrie et les technologies.
L’objectif ne se limite toutefois pas à trouver de nouveaux marchés. Le Nigeria cherche aussi à transformer progressivement la nature de ses échanges avec les économies émergentes. Il s’agit de passer d’une relation dominée par les hydrocarbures à des partenariats davantage axés sur la transformation industrielle, l’investissement et l’intégration dans les chaînes de valeur mondiales.
Faire de la diplomatie un levier économique
Le sommet de New Delhi s’inscrit ainsi dans une stratégie de diversification engagée depuis plusieurs mois par Abuja. Déjà mise en avant lors du précédent sommet des BRICS à Rio de Janeiro, en juillet 2025, cette ambition prend aujourd’hui une dimension plus concrète.
Pour le gouvernement nigérian, le défi consiste désormais à transformer son statut de pays partenaire en résultats économiques tangibles avec davantage d’investissements, de nouveaux marchés et une présence renforcée des entreprises nigérianes dans les échanges internationaux.
