Guinée-Bissau : Le scrutin du 6 décembre compromis, la junte consolide son pouvoir
À deux mois des élections présidentielle et législatives prévues le 6 décembre, la Guinée-Bissau ne semble pas en mesure de respecter le calendrier électoral. Le Premier ministre de transition et la Commission électorale nationale évoquent des contraintes techniques, tandis que la junte renforce son contrôle sur les institutions et la sécurité du pays.

En Guinée Bissau, la junte estime que les conditions ne sont pas encore réunies pour l’organisation de scrutins crédibles, le 6 décembre prochain / AFP
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Le calendrier électoral en Guinée-Bissau semble désormais difficilement tenable. À moins de deux mois de la date prévue pour la présidentielle et les législatives, les autorités de transition reconnaissent que les conditions techniques nécessaires à l’organisation des scrutins ne sont pas réunies.
Après une rencontre avec le chef de la junte, le général Horta N’Tam, le Premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, a déclaré ce jeudi 8 octobre que le pays n’était pas en mesure d’organiser les élections à la date initialement fixée au 6 décembre.
Le constat est également partagé par la Commission électorale nationale. Sa première vice-présidente, Felisberta Moura Vaz, a confirmé l’impossibilité, à ce stade, de préparer les deux scrutins dans les délais impartis. Elle a toutefois refusé de parler directement d’un report, estimant que cette décision relève du président de transition.
Aucun candidat enregistré
Plusieurs obstacles rendent aujourd’hui le calendrier du 6 décembre difficilement réalisable. Selon Ilídio Vieira Té, les candidatures n’ont pas encore été enregistrées et les formations politiques ne sont pas suffisamment préparées pour participer aux élections.
La Commission électorale se trouve donc dans l’impossibilité matérielle de mener à bien les différentes opérations nécessaires à la tenue du scrutin dans le délai prévu.
Le report paraît ainsi inévitable, même si son annonce officielle reste attendue. Il appartient désormais au général Horta N’Tam de prendre la parole pour confirmer le décalage du calendrier électoral et annoncer une nouvelle date.
Ces élections devaient pourtant constituer une étape majeure de la transition engagée après la prise du pouvoir par les militaires. Elles étaient présentées comme le moyen de permettre le retour à un ordre constitutionnel et la restitution du pouvoir aux civils.
L’armée consolide son emprise
Cette incertitude électorale intervient dans un contexte politique particulièrement tendu. Depuis le coup d’État du 25 novembre 2025, la Guinée-Bissau connaît une profonde recomposition de son paysage politique, avec une armée désormais au cœur du processus de transition.
La situation de l’ancien président Umaro Sissoco Embalo illustre cette nouvelle donne. Dimanche dernier, les autorités militaires lui ont interdit de regagner le territoire national, invoquant des raisons de sécurité.
Dans le même temps, le général Horta N’Tam a entrepris de renforcer son contrôle sur les structures sécuritaires. La semaine précédente, il avait ordonné le désarmement des membres de la garde présidentielle, chargés jusqu’alors de la protection rapprochée de l’ancien chef de l’État.
Mercredi, le président de transition a également demandé à toutes les personnes détenant encore des armes de les remettre aux autorités.
Des changements au gouvernement
La recomposition touche également l’appareil gouvernemental. Le ministre de l’Intérieur ainsi que celui de la Pêche ont été limogés par le chef de la transition. Ils ont été remplacés par des personnalités considérées comme proches du Premier ministre de transition, Ilídio Vieira Té, plutôt que de l’ancien président Embalo.
Alors que le scrutin du 6 décembre devait ouvrir la voie à une sortie de transition, les derniers développements dessinent donc un scénario différent. Le pays attend désormais une décision officielle du général Horta N’Tam, qui devra confirmer le report des élections et préciser le nouveau calendrier politique.
