Afrique du Sud: La Justice écarte le statut diplomatique de Kemi Seba, son extradition vers le Bénin se rapproche
La justice sud-africaine a rejeté la demande de reconnaissance du statut diplomatique de Kemi Seba, fragilisant sa défense face à la demande d’extradition formulée par le Bénin. L’activiste devra désormais attendre l’audience du 20 novembre, consacrée au fond de la procédure

Le statut de diplomate de Kemi Seba n’a pas été reconnu par la justice sud-africaine, son extradition vers le Bénin est toujours d’actualité/ AFP
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Le dossier judiciaire de Kemi Seba prend une nouvelle tournure en Afrique du Sud. La justice sud-africaine a rejeté, mardi 6 octobre, la demande de ses avocats visant à lui faire reconnaître une protection liée à un statut diplomatique. Une décision qui fragilise la stratégie de défense de l’activiste et laisse désormais la procédure d’extradition vers le Bénin suivre son cours.
Derrière cette bataille judiciaire se joue une question essentielle pour la défense de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba : peut-il bénéficier, dans le cadre de la procédure engagée par Cotonou, des protections attachées à un statut diplomatique ?
Ses conseils soutenaient que l’activiste devait être considéré comme un diplomate accrédité en Afrique du Sud par le Niger. Ils espéraient ainsi faire obstacle à la procédure d’extradition engagée à la demande des autorités béninoises. Mais les magistrats sud-africains n’ont pas retenu cet argument. À l’audience du 6 octobre, ils ont considéré qu’aucun élément suffisamment concret ne permettait d’établir les conditions nécessaires à la reconnaissance de ce statut.
Un revers pour la défense
Cette décision constitue un coup dur pour Kemi Seba. En l’absence de reconnaissance d’une quelconque protection diplomatique, ses avocats devront désormais concentrer leur stratégie sur le fond de la demande d’extradition.
Le prochain rendez-vous judiciaire est déjà fixé. L’examen de cette demande doit se poursuivre le 20 novembre, une audience qui pourrait constituer une étape déterminante dans le bras de fer judiciaire opposant l’activiste aux autorités béninoises.
Le Bénin réclame en effet, son extradition sur la base de plusieurs accusations. Kemi Seba est notamment poursuivi pour « apologie de crime contre l’État », « incitation à la haine et à la violence » et « incitation à la rébellion ».
Ces poursuites sont liées à des vidéos publiées sur ses réseaux sociaux au moment de la tentative de coup d’État survenue au Bénin le 7 décembre 2025. Les autorités béninoises lui reprochent notamment d’avoir apporté son soutien aux mutins impliqués dans cette tentative dirigée contre le président Patrice Talon, sous l’impulsion du lieutenant-colonel Pascal Tigri.
Deux procédures suivies par la Criet
Le dossier ne se limite toutefois pas aux faits liés à la tentative de putsch. Kemi Seba fait également l’objet d’un mandat d’arrêt délivré par la justice béninoise en juin 2025.
Dans cette seconde affaire, les autorités l’accusent de faits présumés de « blanchiment de capitaux » et de « financement du terrorisme ». Ces procédures sont suivies par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).
La justice sud-africaine doit donc désormais se prononcer sur une procédure d’extradition qui intervient dans un contexte judiciaire particulièrement chargé pour l’activiste panafricaniste.
Arrêté à Pretoria après l’expiration de son visa
L’affaire a pris une nouvelle dimension le 13 avril dernier, lorsque Kemi Seba a été arrêté à Pretoria. Il se trouvait en Afrique du Sud depuis plusieurs mois, mais son visa était arrivé à expiration plusieurs semaines auparavant.
Selon les éléments rapportés dans le dossier, il s’apprêtait alors à quitter clandestinement le pays au moment de son arrestation.
Depuis, son avenir judiciaire se joue désormais devant les tribunaux sud-africains. Après le rejet de son argument fondé sur un statut diplomatique, l’activiste ne dispose plus de cette ligne de défense pour tenter de bloquer la procédure.
Le 20 novembre apparaît ainsi comme la prochaine échéance majeure. C’est à cette date que la justice sud-africaine doit revenir sur le fond de la demande d’extradition formulée par le Bénin. D’ici là, les avocats de Kemi Seba devront tenter de convaincre la justice de ne pas donner suite à la demande de Cotonou.
