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Égypte : une plateforme doit relier 90 administrations pour simplifier les licences de 468 activités

Le gouvernement égyptien veut réduire les délais administratifs qui freinent les investissements. Présenté au Forum Égypte 2026, le projet de plateforme des « entités économiques » doit réunir les démarches de 90 organismes publics et couvrir 468 activités. Son déploiement reste à réaliser : les annonces du 22 et du 23 octobre ne constituent pas encore une réforme opérationnelle.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 5 min
Égypte : une plateforme doit relier 90 administrations pour simplifier les licences de 468 activités

La transformation numérique au cœur de l’économie égyptienne en 2026 : une nouvelle plateforme unifiée va interconnecter 90 administrations pour simplifier radicalement l’octroi de licences à 468 activités économiques.

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l’Investissement et du Commerce extérieur, Mohamed Farid Saleh, a présenté les 22 et 23 octobre 2026, lors du Forum Égypte 2026, un système appelé à relier 90 entités gouvernementales et à prendre en charge les procédures de licences et d’autorisations de 468 activités économiques. Le projet vise à limiter la multiplication des interlocuteurs et à permettre aux investisseurs de suivre l’avancement de leurs dossiers.

Le calendrier avancé dans la presse égyptienne évoque un achèvement sous 18 mois. Il s’agit donc d’une feuille de route, non d’un portail intégralement disponible dès aujourd’hui. L’intérêt de l’annonce réside autant dans son périmètre institutionnel que dans l’ambition de réorganiser les procédures elles-mêmes. Une simple mise en ligne de formulaires ne suffirait pas si les administrations continuaient à réclamer séparément les mêmes pièces ou à appliquer des délais non coordonnés.

Rendre visibles les étapes et les responsabilités

Selon les explications rapportées lors du forum, l’investisseur devrait pouvoir identifier le service chargé de son dossier et savoir si une demande attend, par exemple, un avis environnemental, industriel ou financier. Cette traçabilité constituerait un changement pratique pour les entreprises confrontées à des autorisations successives. Elle pourrait aussi permettre aux autorités de repérer les étapes où les délais s’accumulent, à condition de publier des indicateurs fiables et de prévoir des voies de recours.

Le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de dématérialisation des services économiques. Le ministre a évoqué une plateforme distincte pour faciliter les augmentations de capital, ainsi qu’un dispositif d’accompagnement des investisseurs et un assistant multilingue. Les différents outils annoncés ne doivent pas être confondus : chacun répond à une démarche précise et leur articulation technique, juridique et budgétaire devra être démontrée au cours du déploiement.

Neuf nouvelles zones d’investissement envisagées

La réforme numérique s’accompagne d’une ambition territoriale. Les autorités souhaitent créer jusqu’à neuf zones d’investissement supplémentaires, avec une priorité affichée aux gouvernorats moins favorisés. Le ministre a rappelé l’existence de douze zones d’investissement, distinctes des zones franches. Il a également attribué aux zones franches environ 65 000 emplois et aux zones d’investissement plus de 100 000 emplois, des chiffres gouvernementaux qui demandent à être suivis dans le temps.

Pour les entreprises, ces zones peuvent réduire le coût d’accès au foncier aménagé, rapprocher les infrastructures des sites de production et centraliser certaines autorisations. Leur efficacité dépend toutefois de la qualité des routes, de l’électricité, de l’eau, de la formation professionnelle et de la demande industrielle. Le nombre de zones annoncées ne mesure pas à lui seul le volume de capitaux investis ni les emplois durables effectivement créés.

Investissement étranger : attirer, mais aussi retenir

Le ministre a présenté l’Égypte comme un acteur majeur des flux d’investissements directs étrangers en Afrique et évoqué un niveau d’environ 18 milliards de dollars, sans que les différentes périodes de référence soient entièrement précisées dans les comptes rendus consultés. Il a aussi annoncé la préparation d’une stratégie de promotion de l’investissement avec la Banque mondiale. Ces déclarations constituent des objectifs et des indications gouvernementales ; elles ne remplacent pas une comparaison statistique harmonisée entre pays.

La question de fond est celle de la prévisibilité. Les investisseurs évaluent non seulement les coûts d’implantation, mais aussi la stabilité des règles, l’accès aux devises, la résolution des différends, les délais douaniers et la disponibilité des intrants. Une plateforme de licences peut améliorer une partie de l’expérience administrative ; elle ne saurait, à elle seule, lever tous les obstacles macroéconomiques ou réglementaires à la décision d’investir.

Exporter davantage grâce à une administration plus fluide

Le ministère souhaite parallèlement élargir la base des exportateurs à travers l’initiative « L’Égypte se lance à l’exportation », en améliorant l’information sur les marchés, les dispositifs de soutien et les services aux entreprises. La numérisation du commerce extérieur et le recours à des solutions innovantes figurent également parmi les orientations présentées au forum. L’objectif est de réduire les frictions administratives qui pèsent particulièrement sur les petites entreprises dépourvues de services juridiques spécialisés.

Le gouvernement a également évoqué une révision des textes d’application du droit des sociétés. Pour être crédible, le chantier devra associer simplification réglementaire, interopérabilité des bases de données et protection des informations commerciales. Les autorités devront notamment préciser les responsabilités en matière de cybersécurité, de confidentialité et de correction des erreurs administratives.

La mesure du succès viendra des délais réels

Les annonces des 22 et 23 octobre ouvrent une phase de préparation et non une période de résultats déjà acquis. Le véritable test sera la réduction mesurable du nombre de démarches, des coûts de conformité et du temps nécessaire à l’ouverture ou à l’extension d’une activité. Une publication régulière des délais moyens par autorisation, du nombre de demandes traitées et des refus motivés permettrait de distinguer la réforme institutionnelle de sa communication.

L’expérience égyptienne sera observée au-delà de ses frontières. Dans de nombreux pays africains, les guichets uniques numériques progressent, mais se heurtent encore à la fragmentation des administrations. Si l’Égypte parvient à relier effectivement 90 organismes et à simplifier les procédures de 468 activités, elle disposera d’un exemple de modernisation administrative à grande échelle. Pour l’heure, le projet demeure une ambition dont les étapes opérationnelles restent à vérifier.