Ebola en RDC : Le Sud-Ubangi devient la septième province touchée par l’épidémie
L’épidémie de maladie à virus Ebola continue de gagner du terrain en République démocratique du Congo. Après six provinces, le virus vient désormais d’être détecté dans le Sud-Ubangi, dans le nord-ouest du pays, faisant de cette province la septième zone administrative touchée par la flambée actuelle.

Un malade d’Ebola pris en charge par le personnel soignant/Reuters
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L’annonce a été faite jeudi 10 septembre par le gouverneur intérimaire du Sud-Ubangi, Jean-René Galekwa. Dans un communiqué adressé à la population, l’autorité provinciale indique que la présence du virus a été confirmée à la suite d’investigations sanitaires et d’analyses effectuées sur un échantillon provenant de la zone de santé de Bulu.
Le cas concerne une personne décédée le 7 septembre après avoir été admise dans un établissement de santé de la province. Les analyses ont identifié le virus Ebola de l’espèce Bundibugyo, le même variant responsable de l’épidémie déclarée en RDC le 15 mai dernier.
Un nouveau foyer qui soulève de nombreuses interrogations
Cette nouvelle détection suscite d’importantes interrogations sur le parcours du malade et sur les modalités de propagation du virus. Le Sud-Ubangi ne partage en effet aucune frontière avec les six autres provinces actuellement affectées : le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo.
Les premiers éléments recueillis indiquent que le malade était arrivé récemment dans le Sud-Ubangi, après plusieurs déplacements à travers la région des Grands Lacs et différentes zones de la RDC où Ebola circule déjà.
Selon nos informations, son périple aurait commencé le 10 juillet à Kamanyola, dans le Sud-Kivu, à proximité de Bukavu. Il aurait ensuite traversé le Rwanda et l’Ouganda avant de revenir en RDC au début du mois d’août, par la province de l’Ituri.
Son itinéraire l’a ensuite conduit à Aru et Bunia, deux localités situées dans une région où le virus est actif. Il a poursuivi son voyage vers la Tshopo, jusqu’à Kisangani, où il aurait été hospitalisé pendant une dizaine de jours après un accident de la circulation.
Des symptômes apparus au cours d’un voyage sur le fleuve Congo
Après son séjour à Kisangani, le malade a repris son déplacement par voie fluviale. Il a embarqué sur un bateau en direction du nord-ouest, empruntant le fleuve Congo.
C’est au cours de ce trajet, entre Bumba et Lisala, que des symptômes compatibles avec la maladie à virus Ebola sont apparus, le 27 août. Un infirmier présent à bord lui aurait alors prodigué des soins jusqu’à son arrivée à Akula, dans le Sud-Ubangi, le 3 septembre.
Son état de santé a nécessité une hospitalisation. Malgré sa prise en charge, il est décédé quatre jours plus tard, le 7 septembre.
Depuis cette confirmation, les autorités sanitaires ont commencé à rechercher les personnes ayant été en contact avec le malade.
Plusieurs contacts ont déjà été identifiés et placés sous surveillance afin de détecter rapidement l’apparition d’éventuels symptômes et de limiter le risque de nouvelles transmissions.
Plus de 3 300 décès depuis le début de l’épidémie
Cette extension géographique intervient alors que l’épidémie demeure particulièrement préoccupante en RDC. Déclarée officiellement le 15 mai 2026, elle a pour principal épicentre l’Ituri, dans le nord-est du pays.
Selon le bilan communiqué dans les informations disponibles, 6 942 cas ont jusqu’ici été confirmés et 3 349 personnes sont mortes de la maladie.
L’apparition d’un cas dans le Sud-Ubangi constitue donc un nouveau défi pour les équipes de riposte. La priorité est désormais de reconstituer avec précision le parcours du malade, d’identifier l’ensemble de ses contacts et de déterminer à quel moment il a été exposé au virus.
La longue série de déplacements effectués avant son décès complique toutefois cette tâche. Son passage par plusieurs pays et provinces, ainsi que son déplacement en bateau sur le fleuve Congo, pourrait multiplier les personnes à retracer et les lieux nécessitant une surveillance renforcée.
Pour l’heure, aucune communication officielle du ministère congolais de la Santé ou des autorités centrales de Kinshasa n’a encore été rendue publique concernant cette nouvelle détection. Dans le Sud-Ubangi, les autorités provinciales appellent néanmoins la population à la vigilance alors que les investigations se poursuivent pour éviter une nouvelle propagation du virus.
