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ECO : La CEDEAO met les bouchées doubles pour 2027, la course contre la montre est lancée

À l’approche de 2027, la Cédéao accélère les travaux autour de l’ECO, sa future monnaie unique. Trois réunions techniques tenues en une semaine ont permis d’évaluer les progrès réalisés, alors que plusieurs choix majeurs, notamment sur le régime de change et la future banque centrale, restent encore à trancher.

Par Thomas Biakpa
Publié le 10 septembre 2026
Lecture : 4 min
ECO : La CEDEAO met les bouchées doubles pour 2027, la course contre la montre est lancée

La Cédéao veut enfin concrétiser le rêve de l’ECO /J.A

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La Cédéao veut désormais passer à la vitesse supérieure sur le projet de monnaie unique ouest-africaine. À moins d’un an de l’échéance annoncée pour 2027, l’organisation régionale multiplie les réunions techniques afin de faire avancer un dossier qui accumule les reports depuis plusieurs décennies.

En l’espace d’une semaine, trois rencontres de haut niveau ont été consacrées à la future monnaie commune. La dernière, la 14ᵉ session du Conseil de convergence, s’est tenue à distance lundi 7 septembre. Les participants y ont examiné les conclusions des travaux conduits quelques jours plus tôt par les experts et les gouverneurs des banques centrales.

Trois réunions en quelques jours

Le processus s’est accéléré avec la réunion, du 31 août au 2 septembre, des deux comités techniques chargés respectivement des politiques macroéconomiques et des questions économiques et monétaires. Leurs travaux ont ensuite alimenté la 68ᵉ réunion du Comité des gouverneurs des banques centrales, organisée le 4 septembre.

Ces différentes rencontres ont notamment permis d’évaluer la situation économique des États membres, leur niveau de convergence et les efforts qui restent à accomplir avant de pouvoir lancer la monnaie commune.

Pour la Cédéao, l’objectif de 2027 demeure atteignable. Mais plusieurs questions déterminantes restent ouvertes. Parmi elles figurent le régime de change de l’ECO, les modalités d’une politique monétaire commune ainsi que l’architecture de la future banque centrale régionale.
Autrement dit, le calendrier avance, mais les décisions les plus structurantes ne sont pas encore arrêtées.

Birame Diop hérite d’un chantier stratégique

Cette nouvelle dynamique intervient au moment où la Cédéao entame une nouvelle séquence institutionnelle. Le général Birame Diop a pris ses fonctions de président de la Commission de l’organisation le 1er septembre, pour un mandat couvrant la période 2026-2030.
Quelques jours auparavant, le 27 août à Dakar, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, qui assure la présidence en exercice de la Cédéao, avait reçu le général Diop. Le lancement de l’ECO figurait parmi les principales priorités évoquées pour son mandat.

Le projet constitue un vieux dossier de l’intégration ouest-africaine. L’ambition d’une monnaie commune remonte aux premières années de la Cédéao. Un programme de coopération monétaire avait ainsi été adopté dès 1987, douze ans après la création de l’organisation en 1975.

Le nom « Eco » n’est apparu que beaucoup plus tard, en juin 2019. À l’époque, son lancement était prévu pour 2020. Cette date n’a pas été respectée, pas plus que les échéances suivantes.

Lors du sommet des chefs d’État organisé en juillet dernier à Lungi, en Sierra Leone, les dirigeants régionaux ont toutefois maintenu l’objectif de 2027. Cette fois, le scénario retenu prévoit une mise en circulation progressive : seuls les pays répondant aux critères de convergence pourraient, dans un premier temps, rejoindre le dispositif.

L’équation monétaire reste complexe

Derrière l’accélération des travaux se trouve une difficulté majeure : les économies ouest-africaines ne partent pas du même point.
Cinq pays à savoir, le Bénin, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Sénégal et le Togo utilisent déjà le franc CFA dans le cadre de l’Uemoa. D’autres États disposent de leur propre monnaie et mènent des politiques de change différentes.

C’est notamment le cas du Nigeria, première économie de la région, ce qui rend l’harmonisation monétaire particulièrement délicate.
À cette équation s’ajoute une nouvelle réalité politique. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont quitté la Cédéao et se sont regroupés depuis 2024 au sein de l’Alliance des États du Sahel.

L’organisation compte désormais douze membres.
Cette recomposition modifie nécessairement le poids économique et politique du futur espace monétaire, même si la question n’a pas été abordée au cours des réunions techniques organisées la semaine dernière.

2027, une échéance sous pression

La Cédéao affiche donc sa volonté de respecter le calendrier fixé. Mais pour transformer cette ambition en réalité, elle devra encore régler plusieurs questions fondamentales et rapprocher des économies aux trajectoires monétaires très différentes.
Après des décennies de discussions et plusieurs dates de lancement abandonnées, le projet de l’ECO entre ainsi dans une phase où les choix techniques devront progressivement laisser place aux décisions politiques.

L’échéance de 2027 est maintenue. Reste désormais à savoir si le rythme imprimé ces dernières semaines permettra de franchir, cette fois, les derniers obstacles.