Chargement des indices boursiers africains...
Nom de votre média

Bénin : Le Burkina Faso, nouveau marché majeur du port de Cotonou, près d’un million de tonnes de marchandises captés en 2025

Le port de Cotonou voit ses flux régionaux se réorganiser. Depuis 2025, près d’un million de tonnes de marchandises ont transité vers le Burkina Faso, désormais un marché majeur, tandis que le Niger privilégie la plateforme de Sèmè-Podji pour l’exportation de son pétrole.

Par Thomas Biakpa
Publié le 6 octobre 2026
Lecture : 3 min
Bénin : Le Burkina Faso, nouveau marché majeur du port de Cotonou, près d’un million de tonnes de marchandises captés en 2025

Près d’un million de tonnes de marchandises ont transité par le port autonome de Cotonou vers le Burkina Faso en 2026 / Wikimedia

Publicité

Format Pavé

300 x 250 px

Le paysage du transit régional autour du port de Cotonou est en pleine recomposition. Alors que les flux traditionnels en provenance ou à destination du Niger connaissent un ralentissement, le Burkina Faso prend une place de plus en plus importante dans l’activité du Port autonome de Cotonou (PAC).

Depuis 2025, près d’un million de tonnes de marchandises ont ainsi été acheminées par le port béninois à destination du Burkina Faso. Une progression qui confirme l’importance grandissante de ce marché pour la plateforme portuaire de Cotonou, notamment dans un contexte marqué par les évolutions des échanges entre les pays de la sous-région.

Ces chiffres ont été communiqués par Kévin Potier, directeur commercial du PAC, à l’occasion de la deuxième édition du Média Connect, organisée les 1er et 2 octobre 2026 à Cotonou. Cette rencontre entre les responsables du port et les professionnels des médias intervient un an après la première édition, consacrée aux conséquences de la fermeture des frontières nigériennes en juillet 2023.

Cotonou consolide son rôle de plateforme régionale

Au-delà du marché béninois, le port de Cotonou constitue un point de passage majeur pour les échanges commerciaux de l’espace ouest-africain. Près de 90 % des échanges extérieurs du Bénin transitent par cette infrastructure, qui contribue également à hauteur de 45 à 50 % aux recettes fiscales du pays, selon le ministère de l’Économie et des Finances.

Son importance dépasse toutefois les frontières nationales. Grâce aux corridors terrestres qui le relient à l’hinterland, le PAC assure une partie du ravitaillement des États dépourvus d’accès à la mer, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Cette fonction régionale s’est traduite par une forte progression de l’activité portuaire. Le trafic global est passé de 9,6 millions de tonnes en 2024 à 14,7 millions de tonnes en 2025, soit une augmentation de 52 %, d’après les données du PAC reprises dans le Rapport annuel de performance d’exécution du budget 2025 (RAPEX).

Le Burkina Faso gagne du terrain

La nouvelle configuration des flux profite particulièrement au Burkina Faso. En 2025, le transit représentait 39,2 % de l’ensemble du trafic enregistré au port, avec une part de 16 % destinée au marché burkinabè.

Depuis l’année dernière, les volumes expédiés vers ce pays avoisinent donc le million de tonnes. Les hydrocarbures constituent une part importante de ces marchandises, faisant du Burkina Faso l’un des débouchés majeurs desservis depuis Cotonou.

Cette évolution modifie progressivement la hiérarchie des marchés du port. Le Nigeria occupe désormais la deuxième place parmi les destinations desservies par la plateforme portuaire béninoise.

Le Niger change de voie

Le recul observé du côté nigérien doit néanmoins être nuancé. Si le pays est moins présent dans les flux classiques de transit passant par le port de Cotonou, il n’a pas disparu des activités portuaires liées au Bénin.

Le changement s’est plutôt opéré dans la nature et le circuit des échanges. Le Niger s’appuie désormais sur la plateforme de Sèmè-Podji, située à une vingtaine de kilomètres de Cotonou, pour l’exportation de son pétrole.

Près de 4,3 millions de tonnes de pétrole brut y ont été traitées au cours de l’année écoulée, une grande partie de ces volumes provenant du Niger. La présence nigérienne dans l’écosystème portuaire béninois demeure donc significative, mais elle passe désormais par un circuit différent de celui du transit traditionnel.

Pour le Port autonome de Cotonou, cette transformation des échanges illustre ainsi une nouvelle répartition des flux dans la sous-région. Le Burkina Faso s’affirme comme un marché stratégique pour le transit, tandis que le Niger conserve une place importante à travers la filière pétrolière.