Burkina Faso : Ibrahim Traoré inaugure la première raffinerie d’or du pays, un investissement de 11 milliards FCFA sur fond de boom du métal jaune
Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la valorisation de son or. Inaugurée le 28 septembre 2026 par le président Ibrahim Traoré, RAFFINOR-BF, première raffinerie d’or du pays, représente un investissement de 11 milliards de francs CFA et affiche une capacité de traitement de 400 kg d’or par jour. Un projet stratégique destiné à renforcer la transformation locale et le contrôle de la chaîne de valeur aurifère.

Le Capitaine Ibrahim Traoré tout heureux de tenir dans la main une plaquette d’or raffinée lors de l’inauguration de RAFfINOR-BF à Ouagadougou/ Capture Facebook
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Le Burkina Faso a vécu lundi 28 septembre 2026, un moment important dans sa volonté de mieux maîtriser la chaîne de valeur de son secteur aurifère. Le pays vient de mettre en service sa première raffinerie d’or, baptisée RAFFINOR-BF, une infrastructure présentée comme stratégique alors que le cours de l’or atteint des niveaux historiquement élevés sur les marchés internationaux.
Implantée à Ouaga 2000, sur un site de cinq hectares, la raffinerie représente un investissement annoncé de 11 milliards de francs CFA, selon les sources gouvernementales. Le projet est issu d’un partenariat entre l’État burkinabè et des investisseurs privés. L’État détient 51 % du capital, tandis que les partenaires privés en contrôlent 49 %.
L’ambition affichée est de permettre au Burkina Faso de franchir une étape supplémentaire dans la transformation locale de sa principale ressource minière et de réduire sa dépendance à l’exportation de l’or sous forme brute.
Une capacité de 400 kilogrammes d’or par jour
RAFFINOR-BF a été conçue pour traiter jusqu’à 400 kilogrammes d’or par jour, soit une capacité annuelle proche de 150 tonnes, avec un niveau de pureté pouvant atteindre 99,99 %.
La première pierre de l’infrastructure avait été posée en novembre 2023 par le Dr Ousmane Bougouma. Sa mise en service marque donc l’aboutissement d’un projet présenté comme une pièce importante de la stratégie burkinabè de valorisation des ressources minières.
Au-delà de la seule opération de raffinage, l’enjeu est également de renforcer la traçabilité, l’analyse et la commercialisation du métal précieux. Une telle infrastructure pourrait ainsi permettre au pays de mieux contrôler les différentes étapes qui séparent la production minière de l’exportation de l’or raffiné.
Marena Gold, la touche malienne
Le projet s’inscrit également dans une dynamique régionale, avec la présence d’acteurs issus du Mali. Parmi les partenaires associés à l’initiative figure Marena Gold, entreprise malienne spécialisée dans le raffinage, l’analyse et l’exportation de métaux précieux.
Son promoteur, Ismaël Siby, formé à Hong Kong, développe depuis plusieurs années des activités dans le secteur aurifère malien. Marena Gold se présente comme une société à capitaux entièrement maliens et dispose notamment de projets liés à l’exploitation minière dans la région de Kéniéba.
L’entreprise revendique une activité couvrant le raffinage et l’analyse de l’or et de l’argent, ainsi que l’accompagnement de l’approvisionnement auprès des producteurs locaux. Son expérience dans la filière des métaux précieux constitue ainsi l’une des composantes du partenariat privé autour de RAFFINOR-BF.
La présence plus discrète de Nordgold
Le projet soulève également la question de l’implication d’acteurs russes dans l’écosystème aurifère burkinabè. Le groupe Nordgold, important opérateur international du secteur minier, est cité dans l’environnement du projet, même si son implication directe dans la structure de la raffinerie demeure présentée comme plus discrète.
Le groupe avait une présence importante dans l’exploitation aurifère au Burkina Faso. Après son retrait du pays en 2022, la production d’or aurait connu une baisse, tandis que certaines activités ont continué à être associées à des structures locales.
Parmi celles-ci figure notamment Jilbery Burkina SARL, à laquelle des contrats d’exploitation minière ont été attribués par les autorités burkinabè.
Cette proximité avec l’écosystème de Nordgold est particulièrement suivie dans la mesure où l’approvisionnement en matière première constitue un enjeu central pour une raffinerie de cette capacité.
Le fonctionnement à plein régime de RAFFINOR-BF dépendra en effet de sa capacité à sécuriser des volumes importants d’or provenant des mines industrielles et de l’exploitation artisanale.
Transformer davantage l’or produit au Burkina

Pour le Burkina Faso, l’enjeu dépasse donc la construction d’une nouvelle infrastructure industrielle. Le pays cherche à capter une part plus importante de la valeur générée par son secteur aurifère.
Jusqu’ici, une grande partie de l’or produit sur le territoire était destinée à l’exportation après les premières étapes de traitement. Avec RAFFINOR-BF, les autorités veulent désormais développer une capacité nationale de raffinage et renforcer le contrôle sur le métal précieux avant sa commercialisation sur les marchés internationaux.
L’importance de cette stratégie est accentuée par la conjoncture mondiale. Alors que le prix de l’or atteint des niveaux records, la maîtrise des opérations de traitement, d’analyse, de certification et d’exportation devient un enjeu économique majeur pour les pays producteurs.
Avec une capacité annoncée de près de 150 tonnes par an, RAFFINOR-BF entend ainsi s’inscrire au cœur de cette nouvelle étape de la politique minière burkinabè.
Reste désormais à savoir dans quelle mesure la raffinerie pourra fonctionner à pleine capacité, sécuriser son approvisionnement en or et surtout permettre au Burkina Faso de conserver une part plus importante de la valeur créée par sa production aurifère.
L’inauguration de RAFFINOR-BF constitue en tout cas un signal fort : le Burkina Faso ne veut plus seulement être un pays producteur d’or, mais entend également prendre davantage position sur les étapes de transformation et de valorisation de cette ressource.
