Afrique du Sud : Municipales 2026, la campagne électorale marquée par de nouvelles violences meurtrières, deux militants de l’ANC tués
À moins d’un mois des élections municipales prévues le 4 novembre 2026 en Afrique du Sud, deux militants de l’ANC ont été abattus jeudi dans la province du KwaZulu-Natal, tandis qu’une femme a été blessée. Cette attaque ravive les inquiétudes face à la recrudescence des violences politiques dans le pays.

En Afrique du Sud, la campagne électorale en vue des municipales du 4 novembre prochain a été à nouveau émaillée de violences meurtrières/ La Croix
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La campagne en vue des prochaines élections municipales en Afrique du Sud est de nouveau endeuillée. Deux militants du Congrès national africain (ANC) ont été tués par balles jeudi dans la province du KwaZulu-Natal, tandis qu’une autre femme a été blessée.
L’attaque intervient à moins d’un mois du scrutin prévu le 4 novembre, dans un contexte de tensions politiques croissantes.
Selon les informations communiquées par la police, les victimes participaient à une opération de porte-à-porte dans la localité d’Umgababa, située dans la métropole d’eThekwini, qui comprend notamment la ville de Durban. Des individus armés circulant à bord d’un véhicule ont ouvert le feu sur les militants alors qu’ils menaient leurs activités de campagne.
Les tirs ont coûté la vie à deux personnes, un homme et une femme. Une troisième femme a été touchée à la jambe alors qu’elle tentait d’échapper aux assaillants. Les circonstances précises de l’attaque restent à éclaircir. Dans son communiqué, la police indique que les motivations des auteurs ne sont pas encore établies, tout en évoquant la possibilité d’un acte lié à l’intolérance politique.
Un responsable local de l’ANC a également relaté les faits au média sud-africain EWN. D’après son témoignage, les militants ont été pris pour cible au moment où ils quittaient une habitation.
Le KwaZulu-Natal, au cœur des tensions politiques
Cette attaque survient dans une province où les rivalités politiques sont particulièrement fortes. Le KwaZulu-Natal, situé dans l’est du pays, constitue un terrain de confrontation entre l’ANC, au pouvoir depuis 1994, et le uMkhonto weSizwe Party (MKP), formation créée par l’ancien président Jacob Zuma et solidement implantée dans cette région.
Le KwaZulu-Natal est également confronté, depuis plusieurs mois, à des violences visant les migrants. Ces tensions contribuent à un climat d’insécurité alors que les formations politiques intensifient leurs activités à l’approche des élections municipales.
Les deux militants tués jeudi viennent s’ajouter à d’autres victimes de violences à caractère politique recensées récemment dans le pays. Deux jours auparavant, quatre membres de la ligue de jeunesse de l’ANC avaient été abattus près de Johannesburg.
Une hausse préoccupante des homicides politiques
Les chiffres disponibles témoignent de l’ampleur du phénomène. Selon l’Initiative mondiale contre la criminalité organisée transnationale (GI-TOC), 43 homicides motivés par des considérations politiques ont été enregistrés en Afrique du Sud au cours des neuf premiers mois de l’année.
Ce bilan dépasse déjà ceux relevés lors de précédentes échéances électorales, notamment les élections municipales de 2021 et les élections générales de 2024.
À l’approche du rendez-vous électoral du 4 novembre, ces meurtres successifs soulèvent de nouvelles inquiétudes quant à la sécurité des militants et au déroulement de la campagne.
L’enquête sur l’attaque d’Umgababa devra notamment permettre d’identifier les responsables et de déterminer si ce double meurtre est lié aux affrontements politiques qui secouent la province.
