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Moyen-Orient, Afrique du Nord et Pakistan: le FMI prévoit une contraction de 1,3 % en 2026

Dans ses nouvelles perspectives régionales présentées le 22 octobre 2026 à Dubaï, le Fonds monétaire international prévoit un recul de 1,3 % de l’activité en 2026 dans l’ensemble formé par le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Pakistan. Le choc de la guerre contre l’Iran touche surtout les producteurs d’hydrocarbures, mais ses répercussions sur les échanges, le tourisme et les finances publiques concernent une région beaucoup plus vaste.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 5 min
Moyen-Orient, Afrique du Nord et Pakistan: le FMI prévoit une contraction de 1,3 % en 2026

Le Fonds monétaire international (FMI) a officialisé hier une révision radicale de ses projections économiques pour la région Moyen-Orient, Afrique du Nord et Pakistan (MOANAP), anticipant désormais une contraction globale du PIB de 1,3 % pour l’année 2026.

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La guerre au Moyen-Orient transforme brutalement les perspectives économiques de plusieurs pays. Jeudi 22 octobre, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé une contraction attendue de 1,3 % du produit intérieur brut en 2026 pour son agrégat régional couvrant le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et le Pakistan. Cette estimation ne signifie pas que chacun des pays de cet ensemble sera en récession: elle mesure une évolution globale, derrière laquelle les situations nationales divergent fortement.

Le FMI table sur une croissance de 6,6 % en 2027. Ce rebond spectaculaire doit toutefois être interprété avec prudence. Il reposerait notamment sur une normalisation progressive de la production énergétique et des échanges, et ne ramènerait pas nécessairement les économies concernées au niveau d’activité envisagé avant la guerre. Une forte progression après une année de contraction ne suffit pas à effacer les pertes accumulées.

Une crise concentrée dans les économies pétrolières

La dégradation est particulièrement marquée dans les pays directement exposés aux perturbations de la production et du transport d’hydrocarbures. Selon les éléments du rapport présentés à Dubaï et rapportés par Reuters, Bahreïn, le Koweït et le Qatar devraient enregistrer en 2026 des baisses de PIB à deux chiffres. L’Irak, hors Conseil de coopération du Golfe, figure également parmi les économies dont le recul attendu dépasse 10 %. Ces chiffres sont des projections et non des résultats économiques déjà constatés.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, pourtant dotés d’économies plus diversifiées et de réserves financières importantes, sont eux aussi désormais attendus en récession. Oman constituerait l’exception parmi les membres du Conseil de coopération du Golfe. Les écarts tiennent notamment à l’intensité des perturbations énergétiques, à la structure des exportations et à la capacité des États à amortir les chocs.

Le mécanisme économique est multiple. Une installation pétrolière endommagée ou arrêtée réduit directement la valeur ajoutée produite. Une route maritime perturbée retarde les livraisons et renchérit les assurances, le fret et certains intrants industriels. L’incertitude freine également les voyages, les projets d’investissement et les décisions d’achat. Ces canaux peuvent se renforcer les uns les autres, même lorsque les infrastructures ne sont pas physiquement touchées.

L’Afrique du Nord n’est pas un bloc homogène

L’inclusion de l’Afrique du Nord dans les statistiques du FMI ne permet pas de conclure à une récession généralisée de cette sous-région. Les pays exportateurs d’énergie, comme l’Algérie et la Libye, sont sensibles à la fois aux prix internationaux et aux volumes effectivement produits ou acheminés. Les importateurs nets d’énergie sont exposés à une facture plus élevée, mais peuvent bénéficier d’autres soutiens, notamment des recettes touristiques, des transferts de la diaspora ou d’une demande intérieure plus résistante.

Pour le Maroc, la Tunisie ou l’Égypte, les effets d’une crise régionale passent aussi par le coût du carburant, les chaînes logistiques, la confiance des voyageurs et les conditions de financement extérieur. Il serait toutefois trompeur de leur appliquer mécaniquement la baisse de 1,3 % annoncée pour l’ensemble géographique. Seules les prévisions propres à chaque pays permettent d’évaluer sa trajectoire.

La question maritime est déterminante. Des ports tels que Tanger Med, illustré ici par une photographie d’archives, relient les économies nord-africaines aux circuits commerciaux européens et mondiaux. Leur activité dépend des flux de marchandises, de la fiabilité des liaisons et des coûts du transport. La photographie n’atteste d’aucune perturbation précise en octobre 2026 : elle rappelle simplement l’importance structurelle des échanges maritimes dans la région.

Une reprise de 2027 sous conditions

Le scénario central du FMI suppose une atténuation du conflit au début de 2027, puis une reprise graduelle des échanges pendant l’année. C’est une hypothèse de travail, non une prévision de paix garantie. Un prolongement des hostilités, de nouvelles interruptions d’approvisionnement ou une hausse supplémentaire des primes de risque pourraient rendre la reprise plus lente et plus coûteuse.

Le FMI souligne également un risque financier mondial. Si les investisseurs deviennent plus prudents face à l’endettement des États ou réévaluent les perspectives de rendement des investissements liés à l’intelligence artificielle, les conditions de financement pourraient se durcir. Pour les économies qui doivent refinancer leur dette ou payer davantage d’importations énergétiques, cette évolution compliquerait les arbitrages budgétaires.

À l’inverse, les économies importatrices de pétrole qui ont préservé leurs recettes de tourisme, leurs transferts de fonds et une politique économique crédible pourraient mieux résister que les producteurs directement frappés. Le FMI relève que des réponses publiques rapides ont contribué, dans certains pays, à limiter la transmission du renchérissement des matières premières aux ménages.

Quels choix pour les gouvernements ?

Les recommandations formulées par le Fonds portent sur la stabilité des prix, la soutenabilité des finances publiques, l’indépendance des banques centrales et les réformes favorisant la productivité et l’emploi. Leur application varie selon les pays : subventionner indistinctement l’énergie peut soulager temporairement les consommateurs, mais coûter très cher au budget; cibler les ménages vulnérables peut être plus efficace, à condition de disposer de dispositifs sociaux fiables.

Pour les entreprises, la question immédiate reste la visibilité. Les industriels ont besoin de connaître le prix et la disponibilité de l’énergie, les transporteurs la fiabilité des routes commerciales, les banques la capacité de remboursement de leurs clients. Tant que ces paramètres demeurent instables, la croissance attendue sur le papier peut tarder à se traduire en investissements et en emplois.

La comparaison avec l’Asie centrale montre enfin que le choc n’affecte pas uniformément les régions suivies par le FMI. Pour le Caucase et l’Asie centrale, l’institution prévoit une croissance de 5,2 % en 2026 puis de 5 % en 2027. Le contraste souligne l’importance de l’exposition directe au conflit, des structures économiques et des marges de politique publique.

La nouvelle prévision du 22 octobre est donc moins le récit d’une récession uniforme que celui d’une fracture économique régionale. Les pays les plus dépendants de la production et de l’exportation d’hydrocarbures supportent l’essentiel du choc immédiat; les autres tentent d’en contenir les répercussions. La trajectoire de 2027 dépendra avant tout de la durée de la guerre, du rétablissement des échanges et de la capacité des gouvernements à préserver les investissements productifs.