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Migration vers le Yémen : 139 morts et 84 disparus dans un naufrage au large de Djibouti

Une nouvelle tragédie vient endeuiller les routes migratoires de la Corne de l’Afrique. Au moins 139 personnes ont perdu la vie et 84 autres sont portées disparues après le chavirement d’une embarcation transportant des migrants vers le Yémen, dans la nuit du 8 au 9 octobre. Selon les Nations unies, les victimes étaient majoritairement de nationalité éthiopienne.

Par Thomas Biakpa
Publié le 12 octobre 2026
Lecture : 4 min
Migration vers le Yémen : 139 morts et 84 disparus dans un naufrage au large de Djibouti

Migration vers le Yémen : 139 morts et 84 disparus dans un naufrage au large de Djibouti

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La traversée aura viré au drame à quelques mètres seulement des côtes djiboutiennes. Dans la nuit du 8 au 9 octobre, une embarcation surchargée, qui transportait 305 passagers, a chaviré à proximité de Guhere, au nord d’Obock. Le bilan humain, déjà lourd dans les premières heures suivant le naufrage, s’est considérablement aggravé avec la découverte de 30 corps supplémentaires, portant le nombre de morts à 139.

D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 80 personnes ont pu être secourues. Les rescapés sont tous de nationalité éthiopienne. Toutefois, 84 passagers restent introuvables, tandis que les opérations de recherche se poursuivent sous la conduite des autorités djiboutiennes.

Sur place, l’OIM accompagne les survivants en leur apportant une assistance d’urgence, notamment des soins médicaux, un hébergement temporaire et une aide alimentaire. Derrière ces opérations de secours se dessine l’ampleur d’un drame humain qui rappelle les dangers auxquels s’exposent quotidiennement des milliers de migrants en quête d’un avenir meilleur.

La traversée vers le Yémen, un itinéraire toujours emprunté malgré les risques

Ce naufrage met une nouvelle fois en lumière la dangerosité de la route migratoire reliant la Corne de l’Afrique à la péninsule Arabique. Malgré la reprise des combats au Yémen et les risques considérables liés à cette traversée, de nombreux migrants continuent de quitter l’Éthiopie pour rejoindre Djibouti, avant de tenter de gagner le Yémen et, à terme, les pays du Golfe.

Les chiffres de l’OIM témoignent de l’ampleur de ces mouvements. Entre le 1er janvier et le 1er octobre 2026, environ 178 000 arrivées en provenance d’Éthiopie ont été enregistrées à Djibouti.

Ces déplacements s’inscrivent dans une dynamique migratoire persistante, alimentée notamment par la recherche de meilleures conditions de vie et de perspectives économiques.
L’année 2025 avait déjà été marquée par un bilan particulièrement lourd : plus de 900 migrants avaient trouvé la mort ou avaient été portés disparus sur cet itinéraire, selon l’organisation. Il s’agissait alors d’un record.

Plus inquiétant encore, les informations recueillies par l’OIM indiquent qu’environ 150 personnes présentes à bord de l’embarcation naufragée avaient auparavant été refoulées du Yémen. Après ce premier échec, elles avaient entrepris une nouvelle tentative de traversée, qui s’est finalement soldée par une catastrophe.

L’Union africaine et l’OIM appellent à des mesures urgentes
Face à cette tragédie, les réactions ne se sont pas fait attendre. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a fait part de sa « profonde tristesse » devant cette perte massive de vies humaines.

Au-delà de l’émotion, il a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux facteurs qui poussent les populations à emprunter des voies migratoires irrégulières. Il a également appelé à intensifier la lutte contre les réseaux de passeurs et la traite des êtres humains, tout en encourageant la mise en place de mécanismes favorisant une migration sûre, ordonnée et régulière.

La directrice générale de l’OIM, Amy Pope, a, pour sa part, exhorté les gouvernements et les bailleurs de fonds à renforcer leurs efforts en faveur de voies migratoires sûres et légales. Pour elle, les décès enregistrés sur ces itinéraires ne peuvent plus être considérés comme une fatalité.

Ces appels soulignent les limites des réponses exclusivement centrées sur les opérations de sauvetage. Si l’assistance aux survivants et la recherche des disparus demeurent des priorités immédiates, la prévention de nouveaux drames suppose également des actions durables sur les causes des départs et sur les conditions dans lesquelles les migrants entreprennent leurs voyages.

Une tragédie de plus sur les routes de l’exil

Le naufrage survenu au large de Djibouti rappelle brutalement le coût humain des migrations entreprises dans des conditions dangereuses. Pour les familles des victimes et des disparus, l’attente se poursuit dans l’incertitude, tandis que les opérations de recherche se prolongent.

Alors que des milliers de personnes continuent de tenter la traversée vers le Yémen malgré les conflits et les risques en mer, la multiplication des drames pose avec acuité la question de la protection des migrants et de l’accès à des voies de déplacement plus sûres.

Entre urgence humanitaire, lutte contre les réseaux criminels et recherche de solutions durables, le défi reste immense. Pour les organisations internationales, l’enjeu est désormais de transformer les appels à l’action en mesures concrètes afin d’éviter que de nouvelles traversées ne se terminent par des pertes humaines aussi lourdes.