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Mali : Une embuscade jihadiste fait au moins onze morts parmi les Russes de l’Africa Corps et les dozos

Au moins onze combattants de l’Africa Corps russe et chasseurs traditionnels dozos ont été tués dimanche dans une embuscade attribuée au Jnim, près de Sofara, dans le centre du Mali. L’attaque intervient au lendemain d’une frappe de drone malienne ayant fait des victimes civiles dans la même zone.

Par Thomas Biakpa
Publié le 8 septembre 2026
Lecture : 3 min
Mali : Une embuscade jihadiste fait au moins onze morts parmi les Russes de l’Africa Corps et les dozos

Des soldats russes de l’Africa Corps aux côtés de l’armée malienne/ capture Facebook

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Une patrouille composée de militaires maliens, de membres de l’Africa Corps russe et de chasseurs traditionnels dozos a été prise pour cible, dimanche 7 septembre, dans le centre du Mali. L’attaque, survenue à Kaka, dans les environs de Sofara, région de Mopti, a fait au moins onze morts dans les rangs des forces engagées aux côtés de l’armée malienne.

Selon plusieurs sources locales, dont un responsable du groupe de chasseurs Dan Na Ambassagou, des notabilités de la zone et des acteurs spécialisés dans le suivi de la situation sécuritaire, quatre membres de l’Africa Corps russe ainsi que sept dozos ont perdu la vie dans cette embuscade.

Le bilan pourrait toutefois être plus lourd. Plusieurs sources évoquent en effet un nombre supérieur de victimes, sans qu’il soit possible, à ce stade, d’en établir précisément l’ampleur. L’attaque a été revendiquée par le Jnim, groupe affilié à al-Qaïda et particulièrement actif dans le Sahel. L’organisation jihadiste a également diffusé des images présentées comme celles d’une partie des victimes, sans toutefois communiquer de bilan global.

Les dozos pris pour cible avec les Russes

D’après un responsable de Dan Na Ambassagou, les chasseurs traditionnels circulaient dans un véhicule distinct, placé derrière celui des combattants russes, lorsque la patrouille a été attaquée.

Dans cette partie du Mali, les dozos jouent régulièrement un rôle d’auxiliaires des forces de sécurité. Organisés dans plusieurs localités au sein de groupes d’autodéfense, ils affirment assurer la protection des populations contre les incursions et les attaques des groupes jihadistes.

L’embuscade de Kaka illustre ainsi les risques auxquels sont exposés les différents acteurs engagés dans les opérations de sécurisation du centre du pays, où les groupes armés continuent de maintenir une forte capacité de nuisance.

Une possible riposte après une frappe de drone

Cette attaque intervient au lendemain d’un autre événement meurtrier dans la même zone. Le 6 septembre, une frappe de drone menée par l’armée malienne à Bourkouma, localité située à proximité de Kaka, aurait tué une femme et son bébé et fait plusieurs blessés parmi les civils.

Plusieurs sources locales ont confirmé ces faits. Certaines estiment que l’embuscade du lendemain pourrait constituer une action de représailles menée par les jihadistes en réponse à cette frappe.

Cette hypothèse n’a toutefois pas été officiellement confirmée par les autorités maliennes ni par les responsables de l’Africa Corps.

Aucun commentaire officiel sur l’embuscade

Pour l’heure, l’armée malienne et l’Africa Corps russe restent silencieux sur l’attaque de Kaka. L’état-major malien n’a pas donné suite aux demandes de précisions concernant le bilan et les circonstances de l’embuscade.

Dans son dernier communiqué, l’armée malienne affirme néanmoins avoir mené plusieurs opérations contre des groupes armés. Elle revendique notamment la destruction, lundi, d’une « importante base terroriste » dans la forêt de Kekoro, près de Bougouni.

Les forces maliennes indiquent également avoir neutralisé plusieurs « points de concentration » de combattants terroristes près d’Abeibera, dans la région de Kidal, ainsi que « quatre positions » appartenant à la branche sahélienne de l’État islamique dans le secteur de Ménaka.

Ces annonces interviennent alors que la situation sécuritaire demeure particulièrement tendue dans plusieurs régions du Mali, notamment dans le centre et le nord du pays, où les groupes affiliés à al-Qaïda et à l’État islamique continuent de mener des attaques contre les forces de sécurité et leurs auxiliaires.