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Guinée : Nimba Gold Refinery expédie ses premiers lingots d’or raffinés, un tournant pour la souveraineté minière

La Guinée vient de franchir une étape importante dans sa politique de transformation locale des ressources minières. Le vendredi 9 octobre 2026, les premiers lingots d’or raffinés sur le territoire national par Nimba Gold Refinery ont été expédiés à l’exportation. Une opération qui concrétise la volonté des autorités de faire du raffinage local un levier de création de valeur ajoutée, de renforcement de la souveraineté économique et de meilleure maîtrise de la filière aurifère.

Par Thomas Biakpa
Publié le 12 octobre 2026
Lecture : 5 min
Guinée : Nimba Gold Refinery expédie ses premiers lingots d’or raffinés, un tournant pour la souveraineté minière

Le siège de Nimba Gold Refinery à Conakry / RFI

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La stratégie guinéenne de transformation locale des ressources naturelles commence à se traduire par des résultats concrets dans le secteur aurifère. Moins de quatre mois après l’annonce par le président de la République, Mamadi Doumbouya, de la fin des exportations d’or brut, la première expédition de lingots raffinés en Guinée marque une avancée significative dans la mise en œuvre de cette nouvelle orientation économique.

Les premiers lingots produits par Nimba Gold Refinery ont quitté le territoire guinéen, le vendredi 9 octobre. Cette opération symbolise une évolution dans l’organisation de la chaîne de valeur aurifère nationale, avec l’ambition de faire bénéficier davantage l’économie guinéenne des richesses issues de son sous-sol.

Au-delà de sa portée symbolique, cette première exportation constitue un test important pour la politique industrielle engagée par Conakry. Il s’agit désormais de démontrer que la Guinée peut non seulement extraire son or, mais également le transformer, le certifier et le commercialiser sous une forme répondant aux exigences des marchés internationaux.

De l’exportation de l’or brut au raffinage local

L’ambition de Mamadi Doumbouya se concrétise avec l’expédition à l’exportation des premiers lingots d’or raffinés de Nimba Golf Refinery / Capture Facebook

Cette avancée trouve son origine dans la décision annoncée le 19 juin 2026 par le président Mamadi Doumbouya, à l’occasion d’une rencontre avec les acteurs des secteurs aurifères industriel, semi-industriel et artisanal, ainsi qu’avec les responsables des comptoirs d’achat d’or.

À cette occasion, le chef de l’État a affiché sa volonté de mettre fin à l’exportation de l’or brut afin de privilégier sa transformation sur le territoire national. L’objectif est de rompre progressivement avec un modèle dans lequel les ressources minières sont extraites en Guinée, mais une partie importante de leur transformation industrielle et de la valeur économique qui en découle est réalisée à l’étranger.

Dans cette perspective, les autorités entendent faire du raffinage local un instrument de souveraineté économique. La démarche consiste à développer des capacités industrielles nationales, à renforcer les mécanismes de contrôle de la production et à accroître les retombées économiques de l’exploitation aurifère.

La Présidence de la République présente cette orientation comme une composante de sa stratégie d’industrialisation, en cohérence avec les ambitions du programme Simandou 2040. Celui-ci vise notamment à accélérer la transformation structurelle de l’économie guinéenne grâce à une meilleure valorisation des ressources naturelles et au développement des activités industrielles.

La première expédition de Nimba Gold Refinery apparaît ainsi comme une illustration concrète de cette volonté de faire évoluer la place de la Guinée dans la chaîne de valeur minière.

Nimba Gold Refinery, une infrastructure au cœur de la nouvelle stratégie

Implantée à Gbessia Cité de l’Air, dans la commune de Gbessia, à Conakry, Nimba Gold Refinery occupe une place centrale dans le dispositif de raffinage local promu par les autorités guinéennes.

D’après les informations publiées par la Présidence de la République en juin 2026, l’installation a été conçue pour traiter d’importants volumes d’or et produire des lingots conformes aux standards internationaux. Les capacités annoncées par les autorités témoignent de l’ambition industrielle assignée à cette infrastructure, appelée à accompagner la transformation de la filière aurifère nationale.

La nouvelle raffinerie guinéenne représente un investissement d’environ 30 millions de dollars. Sa capacité initiale annoncée est de traitement d’environ 530 tonnes par an, avec une possibilité d’augmentation à quelque 733 tonnes à pleine capacité.

Ces chiffres illustrent les ambitions du projet, même si les capacités effectivement utilisées dépendront notamment de l’approvisionnement en or, des conditions d’exploitation et de la compétitivité de l’installation.

L’enjeu est de disposer d’un outil industriel capable de traiter une part croissante de la production nationale, tout en offrant aux opérateurs miniers des services de raffinage conformes aux exigences du commerce international.

La raffinerie doit également contribuer à structurer davantage la filière, en favorisant la traçabilité des matières précieuses et en facilitant le contrôle des opérations de transformation et d’exportation.

Un nouveau cadre réglementaire pour encadrer les exportations

La décision politique annoncée en juin a été suivie par la mise en place d’un cadre réglementaire destiné à organiser l’exportation de l’or raffiné.
Le décret D/2026/216/PRG/SGG du 8 juillet 2026, portant réglementation de l’exportation de l’or raffiné, prévoit que l’or produit en Guinée doit obligatoirement être raffiné sur le territoire national auprès d’une installation agréée par l’État avant son exportation.

Le texte distingue l’or brut de l’or raffiné en fonction de son degré de pureté. Il définit notamment l’or raffiné comme un métal présentant un titre de pureté compris entre 99,5 % et 99,99 %, certifié par une raffinerie autorisée en Guinée.

Le dispositif prévoit également plusieurs exigences documentaires destinées à encadrer les expéditions. Les lots exportés doivent notamment être accompagnés de certificats d’origine et d’analyse, d’une attestation de conformité, d’une déclaration douanière et des autorisations requises.

Cette organisation fait intervenir plusieurs institutions, dont l’Office guinéen d’expertise de l’or, du diamant et autres matières précieuses, la Direction générale des douanes, le Laboratoire national de la géologie et la Banque centrale de la République de Guinée.

Pour la Guinée, le défi est désormais clair : faire en sorte que l’or extrait de son sous-sol contribue davantage à son industrialisation, à sa souveraineté économique et à son développement.