Guinée : Les autorités intensifient la lutte contre la chicha, 36 personnes arrêtées à Conakry
Les services de lutte contre la drogue ont mené une série d’opérations dans plusieurs boîtes de nuit et salons à chicha de la capitale guinéenne. Au total, 36 personnes, dont 20 femmes, ont été interpellées. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si des substances médicamenteuses sont utilisées dans la préparation des mélanges destinés aux pipes à eau.

Les opérations de saisie se multiplient ces dernières semaines en Guinée / Guinéenews
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La lutte contre la commercialisation et l’utilisation de produits associés à la chicha prend une nouvelle tournure en Guinée. À Conakry, des opérations conduites dans des établissements nocturnes et des salons spécialisés ont abouti à l’interpellation de 36 personnes, parmi lesquelles figurent 20 femmes. L’information a été communiquée lundi par l’Office central anti-drogue (OCAD), qui entend renforcer la pression sur les acteurs de ce secteur.
Au-delà des interpellations, ces interventions ont permis aux agents de mettre la main sur un important lot de matériel et de produits destinés à la consommation de chicha. Selon le commissaire divisionnaire Abdoulaye Sangaré, directeur central de l’OCAD, les saisies comprennent 146 pipes à chicha, 20 cartons d’arômes ainsi que deux cartons de charbon.
Des médicaments au cœur des investigations
L’un des principaux objectifs des enquêteurs est désormais de faire la lumière sur la composition des produits utilisés dans certains mélanges pour chicha. D’après une source de l’OCAD citée par l’Agence France-Presse (AFP), plusieurs substances ont été découvertes au cours des opérations, notamment du tramadol, du sirop de Théralène, des comprimés de Phénergan et de la bière.
Les investigations portent particulièrement sur la possibilité que certains de ces produits soient incorporés aux arômes utilisés dans les pipes à eau. Les autorités cherchent à établir les circonstances dans lesquelles ces substances sont employées, ainsi qu’à identifier les personnes susceptibles d’être impliquées dans ces pratiques.
À ce stade, les soupçons des enquêteurs doivent encore être vérifiés dans le cadre des investigations en cours.
Les circuits de distribution dans le viseur de la justice
Face à ces découvertes, le procureur général près la Cour d’appel de Conakry a instruit les services compétents de poursuivre et d’approfondir les recherches. L’objectif est de remonter la chaîne d’approvisionnement afin d’identifier les différents intervenants, depuis les fournisseurs jusqu’aux lieux de stockage et de commercialisation.
Les enquêteurs sont également chargés de procéder à la saisie des produits, des équipements et de tout document susceptible de contribuer à la manifestation de la vérité. Cette démarche vise à mieux comprendre l’organisation des activités concernées et à déterminer l’étendue des réseaux qui pourraient être impliqués.
Pour les autorités judiciaires, il s’agit ainsi de ne pas limiter les opérations aux seuls établissements visités, mais de rechercher également les sources d’approvisionnement et les éventuels circuits de distribution.
Une offensive qui se poursuit dans la capitale
Les dernières interpellations interviennent dans un contexte de multiplication des opérations contre les activités liées à la chicha en Guinée. La semaine précédente, l’OCAD avait déjà annoncé la saisie de 1 309 cartons de charbon destiné à cet usage, ainsi que l’interpellation de quatre responsables de boîtes de nuit et de salons spécialisés à Conakry.
Cette succession d’interventions témoigne de la volonté des autorités guinéennes de renforcer les contrôles sur l’importation, la distribution et la vente des produits liés à la chicha.
Avec ces nouvelles opérations, les services de lutte contre la drogue entendent désormais approfondir leurs investigations pour identifier les personnes impliquées et mieux cerner les mécanismes d’approvisionnement du secteur. Les suites judiciaires dépendront notamment des éléments recueillis au cours des enquêtes.
