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Afrique du Sud : les exportations vers la Chine progressent de près de 25 % après l’ouverture douanière

Entre mai et août 2026, les ventes sud-africaines vers la Chine ont fortement progressé, selon les chiffres présentés à Pretoria le 22 octobre. Le gouvernement veut transformer cet accès temporairement exempté de droits de douane en débouchés durables pour l’industrie, mais le déséquilibre commercial reste important.

Par la Rédaction
Publié le 23 octobre 2026
Lecture : 4 min
Afrique du Sud : les exportations vers la Chine progressent de près de 25 % après l’ouverture douanière

Un porte-conteneurs au port de Le Cap, en Afrique du Sud, symbole de l’accélération des échanges commerciaux avec l’Asie après la suppression réciproque des droits de douane.

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L’Afrique du Sud enregistre une nette accélération de ses échanges avec la Chine depuis l’entrée en vigueur d’un régime préférentiel douanier en mai 2026. À Pretoria, le 22 octobre, l’ambassadeur chinois Wu Peng a indiqué que les exportations sud-africaines vers le marché chinois avaient augmenté de près de 25 % sur un an entre mai et août, pour atteindre environ 5,3 milliards de dollars. Le commerce bilatéral sur cette période s’est approché de 15 milliards de dollars, en hausse d’environ 24 %. Ces données, présentées lors d’une rencontre entre responsables publics et entreprises, donnent un premier aperçu de l’utilisation du nouveau dispositif, sans démontrer à elles seules que la totalité de la croissance provient de la suppression des droits de douane.

Un accès préférentiel jusqu’en avril 2028

Le régime chinois s’applique du 1er mai 2026 au 30 avril 2028 aux produits éligibles, sous réserve du respect des règles d’origine. Les autorités sud-africaines précisent que 47 lignes tarifaires restent soumises à des contingents tarifaires, ce qui interdit de présenter le mécanisme comme une suppression inconditionnelle de toutes les barrières. Les exportateurs doivent disposer de certificats d’origine valides et satisfaire aux procédures de dédouanement chinoises. Le South African Revenue Service (SARS) a commencé à délivrer les certificats dans le cadre opérationnel établi cette année, avec des dispositions pour certains documents délivrés rétroactivement.

Selon le ministre sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Parks Tau, l’administration fiscale a émis 25 975 certificats d’origine entre le 1er juin et le 31 août. Les déclarations douanières ont augmenté de 199 % sur un an sur la période mentionnée. Ces chiffres montrent une mobilisation des opérateurs, mais ne correspondent ni à 25 975 entreprises exportatrices différentes ni à une multiplication par trois de la valeur exportée. Un certificat peut concerner une opération spécifique ; les volumes administratifs et les montants commerciaux doivent être analysés séparément.

Une relation commerciale toujours déséquilibrée

La Chine demeure le premier partenaire commercial de l’Afrique du Sud. Les échanges bilatéraux avaient atteint 642 milliards de rands en 2025, contre 483 milliards en 2021, d’après les données communiquées par le gouvernement sud-africain. Sur la même période, les exportations sud-africaines vers la Chine sont passées de 198 à 222 milliards de rands, tandis que les importations en provenance de Chine sont montées de 284 à 420 milliards. La progression du commerce ne s’est donc pas traduite par une disparition du déficit bilatéral. Entre mai et août 2026, les importations sud-africaines en provenance de Chine auraient elles aussi progressé, d’environ 23 %, ce qui souligne la persistance d’une relation asymétrique.

Pour Pretoria, l’enjeu est de ne pas se contenter de vendre davantage de minerais et de matières premières. Parks Tau a présenté un portefeuille de cent catégories de produits à plus forte valeur ajoutée à promouvoir sur le marché chinois. Les secteurs cités comprennent l’agroalimentaire transformé, les boissons, les produits chimiques et pharmaceutiques, les cosmétiques, les machines, les équipements médicaux, les métaux fabriqués, les plastiques, le caoutchouc et les produits automobiles. La liste illustre une ambition industrielle ; elle ne signifie pas que chacun de ces secteurs a déjà enregistré une forte hausse des ventes.

De la préférence tarifaire à la capacité de produire

L’accès sans droits de douane peut améliorer la compétitivité-prix, mais il ne règle pas les obstacles liés aux normes sanitaires, aux certifications, à la logistique, aux délais portuaires ou à la connaissance des réseaux de distribution. Les entreprises doivent aussi être capables de livrer des volumes réguliers et de satisfaire aux exigences des acheteurs. Les producteurs agricoles, notamment, ont besoin d’accords d’accès spécifiques pour certaines marchandises. Une progression durable des exportations à valeur ajoutée supposera donc des investissements dans la transformation, la qualité et les capacités logistiques.

Le caractère temporaire du dispositif crée un second défi. Le gouvernement sud-africain discute avec Pékin d’un accord plus stable, dans le prolongement du cadre de partenariat économique signé en février 2026. Des négociations sont menées dans le cadre de l’Union douanière d’Afrique australe, avec l’objectif de sécuriser les débouchés après avril 2028 tout en protégeant certains intérêts industriels locaux. À ce stade, l’accord définitif n’est pas conclu : les entreprises ne peuvent donc pas considérer les préférences actuelles comme permanentes.

Un test pour l’industrialisation africaine

L’évolution des ventes sud-africaines sera observée au-delà de Pretoria. Plusieurs pays africains cherchent à transformer l’ouverture du marché chinois en investissements productifs, plutôt qu’en simple hausse des exportations de ressources brutes. Le bilan devra être mesuré par la composition des exportations, la création d’emplois industriels et la capacité des entreprises locales à conquérir de nouveaux clients. Les chiffres des quatre premiers mois sont encourageants, mais ils constituent un signal initial, pas encore la preuve d’un changement structurel des échanges entre l’Afrique du Sud et la Chine.