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Afrique du Sud : Chery choisit l’Omoda C4 pour lancer sa production à Rosslyn en 2027

Le constructeur chinois Chery a confirmé mercredi 21 octobre que le crossover Omoda C4 inaugurera la production de son usine sud-africaine de Rosslyn, reprise à Nissan. Le groupe vise un démarrage au troisième trimestre 2027, avec une montée en cadence pouvant porter les volumes annuels à 50 000 unités. Derrière le lancement d’un nouveau modèle se dessine une stratégie industrielle : développer les fournisseurs locaux et faire de l’Afrique du Sud une base régionale de production et d’exportation.

Par la Rédaction
Publié le 21 octobre 2026
Lecture : 6 min
Afrique du Sud : Chery choisit l’Omoda C4 pour lancer sa production à Rosslyn en 2027

le modèle OMODA de la marque Chery

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Chery franchit une étape dans la concrétisation de son projet industriel sud-africain. Le constructeur automobile chinois a confirmé, mercredi 21 octobre 2026, que l’Omoda C4 sera le premier véhicule assemblé puis produit dans son usine de Rosslyn, près de Pretoria. Le site, repris à Nissan cette année, doit permettre au groupe d’aller au-delà de la simple importation de voitures pour créer une base locale de fabrication. Le choix de ce crossover marque le passage d’une stratégie d’implantation commerciale à une ambition manufacturière.

Selon Reuters, le véhicule doit être proposé en versions essence, hybride et entièrement électrique. Sa commercialisation sud-africaine est envisagée en 2027. Le responsable de Chery South Africa, Tony Liu, a précisé, lors d’un sommet international du constructeur à Wuhu, que la production de l’Omoda C4 devrait débuter au troisième trimestre 2027. D’autres modèles suivront, dont le Jetour T2 et un pick-up présenté sous le nom de Grootman en Afrique du Sud, selon Mail & Guardian.

Cette première affectation des lignes est une décision industrielle annoncée, non le début effectif d’une fabrication en série. Les volumes dépendront encore des aménagements de l’usine, des qualifications du personnel, des fournisseurs et du calendrier commercial.

De 15 000 à 50 000 véhicules : des objectifs, pas encore des résultats

Pendant la phase de montée en cadence prévue aux troisième et quatrième trimestres 2027, Chery envisage une production de 15 000 véhicules. À terme, le constructeur évoque un niveau pouvant atteindre 50 000 voitures par an. Ces chiffres constituent des objectifs présentés par l’entreprise ; ils ne correspondent ni à des unités déjà fabriquées ni à des commandes fermes. Leur réalisation dépendra de la demande, des capacités installées et de la disponibilité des composants.

Le projet doit s’appuyer sur l’ancienne implantation de Nissan à Rosslyn, ce qui permet de réutiliser une infrastructure industrielle existante plutôt que de créer une usine entièrement nouvelle. Cette démarche peut réduire certains délais, mais ne supprime pas les investissements nécessaires pour adapter les lignes à des architectures de véhicules différentes, notamment lorsque les motorisations envisagées couvrent à la fois le thermique, l’hybride et l’électrique.

Dans un entretien publié par Reuters au printemps 2026, Chery envisageait déjà de moderniser le site et de s’en servir comme point d’appui pour les marchés africains et, potentiellement, des exportations. L’annonce d’octobre ajoute une échéance et un premier produit identifié à cette stratégie. Elle permet ainsi de distinguer le projet de reprise industrielle, déjà connu, du nouveau calendrier de production précisé cette semaine.

La localisation des pièces comme enjeu économique

Chery a également annoncé un programme de localisation destiné à développer le réseau de fournisseurs sud-africains et à augmenter progressivement la part des composants achetés dans le pays. C’est l’un des paramètres majeurs du projet. Une usine peut produire un volume important de véhicules tout en créant des retombées locales limitées si la majorité des pièces et des prestations provient de l’étranger. Le taux d’intégration et la capacité des sous-traitants nationaux à satisfaire les exigences de qualité seront donc à suivre.

Le groupe prévoit de mobiliser l’écosystème existant de la filière automobile sud-africaine, qui comprend des producteurs de pièces, des prestataires de logistique, des centres de formation technique et des équipementiers. Les nouveaux contrats potentiels concerneraient les matériaux, les éléments d’habitacle, certains assemblages et les services industriels, selon la capacité réelle des entreprises à se qualifier. Aucun pourcentage officiel de contenu local applicable à l’Omoda C4 n’était précisé dans les informations examinées au 21 octobre.

La question de l’emploi est également centrale. Selon Mail & Guardian, 692 salariés issus de l’ancienne usine Nissan ont été conservés et bénéficient de formations préparatoires, certaines étant organisées en Chine pour des équipes de management avant d’autres sessions. Ce chiffre documente un maintien initial de travailleurs ; il ne faut pas le confondre avec des emplois supplémentaires qui restent à créer ou à confirmer lorsque la production augmentera.

L’Afrique du Sud, plateforme automobile stratégique

L’Afrique du Sud dispose d’une industrie automobile ancienne, avec des usines de montage, un tissu de sous-traitance et des débouchés à l’exportation. Ce positionnement intéresse les constructeurs chinois confrontés à une concurrence intense sur leur marché domestique et désireux de rapprocher leur production de nouveaux clients. Reuters souligne que Chery, BYD, Great Wall Motor et BAIC développent ou étudient différentes formes de présence manufacturière sur le continent.

En investissant à Rosslyn, Chery cherche à combiner accès au marché intérieur, logistique régionale et potentiel d’exportation. L’entreprise a déjà affiché l’ambition de faire de l’Afrique du Sud une plateforme africaine de fabrication, de recherche et de développement. Pour Pretoria, un tel investissement peut soutenir l’emploi industriel et renforcer la place du pays dans les chaînes de valeur automobiles, à condition que l’approvisionnement local et la formation suivent réellement.

La coexistence de modèles thermiques, hybrides et électriques introduit néanmoins de nouvelles exigences : équipements spécialisés, qualification de techniciens et gestion de chaînes d’approvisionnement différentes. Le projet pourra être évalué non seulement au nombre de véhicules sortant des lignes, mais aussi aux compétences et aux capacités industrielles qu’il contribuera à ancrer localement.

Une annonce désormais mesurable

La décision concernant l’Omoda C4 donne de la visibilité au calendrier de Chery. Les mois précédant le troisième trimestre 2027 devront permettre de suivre l’état des travaux de reconversion de l’usine, le recrutement ou la formation des équipes, ainsi que la conclusion éventuelle de contrats avec des équipementiers sud-africains. La mise en production d’autres véhicules, annoncée dans un second temps, nécessitera ses propres validations industrielles.

La trajectoire vers 50 000 unités annuelles devra elle aussi être observée à travers les données effectives de production. Les volumes annoncés restent sensibles à la conjoncture automobile, à la pression concurrentielle et aux choix de gamme du groupe. Une progression des ventes ne garantit pas mécaniquement une montée équivalente du contenu local.

Pour Chery, l’enjeu est de faire de Rosslyn une plateforme durable et non un simple symbole d’expansion. Pour l’Afrique du Sud, il est de traduire l’arrivée d’un nouvel acteur en commandes aux fournisseurs, en montée en compétences et en emplois pérennes. Le choix du premier modèle constitue une avancée concrète ; les prochains résultats se liront dans les usines et chez leurs sous-traitants.