Sénégal : Une grève générale de trois jours perturbe plusieurs secteurs d’activité, le gouvernement dénonce un mouvement « illicite »
Le Sénégal est secoué depuis ce mercredi 21 octobre par une grève générale de 72 heures lancée par treize syndicats pour réclamer de meilleures conditions de travail et des mesures contre la vie chère. Alors que plusieurs secteurs sont perturbés, le gouvernement juge le mouvement « illicite » et met en garde les travailleurs contre d’éventuelles sanctions financières.

Les grévistes dans les rues de Dakar, ce mercredi 21 octobre 2026/ La Vie Senegalaise
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Le Sénégal est entré, ce mercredi 21 octobre, dans une nouvelle phase de tension sociale avec le démarrage d’une grève générale de 72 heures à l’appel du Front syndical pour la défense du travail (FSDT). Cette coalition, qui regroupe treize organisations syndicales issues notamment de l’éducation, de la santé, de la justice et des transports, entend maintenir la pression sur les autorités jusqu’au vendredi 23 octobre. Au cœur des revendications figurent le paiement de l’indemnité de logement, la révision du nouveau Code du travail et l’adoption de mesures destinées à atténuer les effets de la vie chère.
À Dakar, les premières conséquences du mouvement sont perceptibles, même si son ampleur varie d’un secteur à l’autre. Les transports publics figurent parmi les activités les plus affectées.
À la compagnie nationale Dakar Dem Dikk, les bus sont immobilisés dans les dépôts et les conducteurs ont cessé de travailler, paralysant ainsi le service.
Le secteur sanitaire connaît également des perturbations. À l’hôpital public Abass Ndao, situé au cœur de la capitale, la prise en charge est limitée au service minimum des urgences. Les interventions chirurgicales programmées ont, quant à elles, été reportées. Dans le domaine de l’éducation, la situation apparaît pour l’heure moins perturbée. Une école publique visitée par un média international n’a pas enregistré de désorganisation majeure au moment du constat, même si l’évolution du mouvement pourrait modifier la situation dans les prochaines heures.
Le gouvernement conteste la légalité du mouvement
Face à la mobilisation syndicale, les autorités ont engagé plusieurs démarches pour tenter d’obtenir la suspension de la grève. Le gouvernement considère le mouvement comme « illicite » et rappelle que les travailleurs qui y participent s’exposent à des retenues sur salaire.
Les responsables syndicaux ont également été invités à faire preuve de patriotisme, alors que Dakar s’apprête à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse dans une dizaine de jours.
Cet événement sportif international constitue un enjeu important pour le pays, dans un contexte où les autorités souhaitent limiter les perturbations des services et des activités.
La tension s’est accentuée mardi 20 octobre avec l’annonce, par le gouverneur de Dakar, de la réquisition de plusieurs centaines d’agents de la Société nationale d’électricité (Senelec). L’entreprise est elle aussi concernée par le mouvement de grève.
Si le recours à la réquisition est prévu par la législation, le syndicat de la Senelec en conteste les modalités. Il estime que la mesure va au-delà des nécessités du service, en visant également des postes qu’il considère comme non essentiels.
Des syndicats déterminés à maintenir la pression
Malgré les mises en garde des autorités et les mesures annoncées, les organisations syndicales affichent leur volonté de poursuivre la mobilisation. Elles dénoncent des pressions ainsi que des tentatives d’intimidation visant, selon elles, à affaiblir le mouvement.
Leur plateforme revendicative repose principalement sur trois exigences à savoir, le versement de l’indemnité de logement aux travailleurs concernés, la révision du nouveau Code du travail et la mise en place de réponses concrètes face à la hausse du coût de la vie.
Le bras de fer entre les syndicats et le gouvernement se poursuit donc, tandis que les premières perturbations touchent déjà plusieurs services essentiels.
L’évolution du mouvement au cours des prochaines heures permettra de mesurer davantage le niveau d’adhésion des travailleurs et ses répercussions sur le fonctionnement des secteurs concernés.
Alors que le préavis syndical court jusqu’au vendredi 23 octobre inclus, la capacité des deux parties à renouer le dialogue pourrait peser sur la suite de cette mobilisation sociale.
