Soudan : Détenu et affaibli, Omar el-Béchir sollicite des soins à l’étranger malgré son mandat d’arrêt de la CPI
Affaibli par une dégradation de son état de santé, l’ancien président soudanais Omar el-Béchir, détenu dans un pays en guerre, sollicite une évacuation médicale à l’étranger. Ses proches invoquent l’urgence de réaliser des examens spécialisés indisponibles au Soudan, alors qu’il reste sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale.

L’ancien Président soudanais Omar el Béchir depuis sa cellule au.Soudan / Reuters
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Âgé de 82 ans, l’ex-dirigeant soudanais aurait vu son état de santé se détériorer ces dernières semaines. Il a récemment été transféré de l’hôpital de Merowe, dans le nord du pays, vers l’hôpital militaire spécialisé Aliaa, situé à Omdourman, à proximité de Khartoum.
Selon les explications de son avocat, plusieurs examens doivent être réalisés, notamment des investigations médicales et une imagerie cardiaque. Or, ces équipements et les compétences nécessaires à leur réalisation ne seraient actuellement pas accessibles dans les structures hospitalières du Soudan. Face à cette situation, la famille de l’ancien chef de l’État estime que son transfert vers un établissement médical à l’étranger est désormais urgent.
Une demande qui intervient dans un contexte judiciaire sensible
La question d’une éventuelle évacuation médicale d’Omar el-Béchir intervient par ailleurs dans un contexte judiciaire particulièrement délicat. L’ancien président reste sous le coup d’un mandat d’arrêt émis en 2010 par la Cour pénale internationale (CPI).
La juridiction internationale l’accuse de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre commis au Darfour. Ces poursuites constituent un élément majeur du dossier judiciaire qui entoure l’ancien dirigeant depuis plusieurs années.
Omar el-Béchir a dirigé le Soudan pendant près de trois décennies. Arrivé au pouvoir en 1989 à la suite d’un coup d’État, il est resté à la tête du pays jusqu’à sa destitution par l’armée en 2019, après plusieurs mois de contestation populaire.
Aujourd’hui détenu dans un Soudan ravagé par le conflit, l’ancien président se retrouve ainsi au croisement de deux enjeux : la dégradation de son état de santé et les poursuites internationales dont il fait toujours l’objet. Sa demande de transfert médical à l’étranger devra donc être examinée dans un contexte à la fois sanitaire, sécuritaire et judiciaire particulièrement complexe.
