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RDC : Plus de quatre mois après, l’épidémie d’Ebola toujours hors de contrôle, selon l’UA

Plus de quatre mois après l’apparition de la maladie dans l’est de la République démocratique du Congo, la situation liée à l’épidémie d’Ebola demeure fragile. Alors que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) évoque une évolution encourageante de la riposte, les autorités sanitaires de l’Union africaine appellent à la prudence et estiment qu’il est encore trop tôt pour parler d’une épidémie maîtrisée.

Par Thomas Biakpa
Publié le 18 septembre 2026
Lecture : 4 min
RDC : Plus de quatre mois après, l’épidémie d’Ebola toujours hors de contrôle, selon l’UA

Des membres du personnel soignant transportent Un malade d’Ebola pour sa prise en charge / AFP

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Le directeur général des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC), Jean Kaseya, a clairement mis en garde contre tout excès d’optimisme. S’exprimant jeudi 17 septembre, il a estimé que l’épidémie « n’est pas sous contrôle », soulignant que les données disponibles ne permettent pas encore de confirmer que le pic des contaminations a été franchi.

Cette déclaration intervient au lendemain d’une prise de parole du directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Mercredi 16 septembre, celui-ci avait fait état de « signes encourageants » dans la lutte contre le virus, tout en prévenant que les opérations de riposte devraient se poursuivre durant plusieurs mois.

Un ralentissement qui ne signifie pas encore la fin de la crise

Sur le terrain, le nombre de nouveaux cas semble avoir cessé d’augmenter rapidement. Pour Jean Kaseya, la courbe épidémiologique tend désormais vers un plateau. Mais cette stabilisation reste insuffisante pour conclure à une amélioration durable de la situation.

Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, avait pourtant annoncé, le 12 septembre sur X, que le pic de l’épidémie aurait été atteint au début de la troisième semaine d’août.

Une affirmation que le responsable d’Africa CDC considère avec prudence. Selon lui, les informations actuellement disponibles ne permettent pas de confirmer avec certitude que le sommet de la vague épidémique a déjà été dépassé.

Jean Kaseya a également attiré l’attention sur un autre indicateur particulièrement important dans la lutte contre Ebola, notamment le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades. Selon lui, le nombre de contacts recensés et suivis reste insuffisant, ce qui complique considérablement les efforts visant à casser les chaînes de transmission.

Il estime ainsi que certaines déclarations optimistes formulées ces derniers jours reposaient sur des données encore incomplètes, tout en évitant de mettre directement en cause le gouvernement congolais.

La question du traitement reste un défi majeur

La riposte sanitaire se heurte par ailleurs, à une difficulté de taille comme la souche de virus responsable de cette flambée est le Bundibugyo. À ce jour, aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué contre cette souche.

Pour tenter de mieux comprendre l’efficacité des moyens disponibles, environ 70 000 doses du vaccin Ervebo ont été acheminées vers la RDC. Ce vaccin est homologué contre la souche Zaïre, différente de celle à l’origine de l’épidémie actuelle.
Son utilisation dans le cadre de cette flambée doit notamment permettre d’évaluer son éventuel impact sur le virus Bundibugyo.

La question de la prise en charge des patients reste donc au cœur des préoccupations. En parallèle des recherches et évaluations médicales, les équipes de terrain doivent poursuivre l’identification des cas, l’isolement des personnes infectées et la surveillance des contacts.

Des moyens financiers jugés insuffisants

À ces difficultés scientifiques et médicales s’ajoute un problème de financement. Les organisations engagées dans la riposte estiment que les ressources actuellement disponibles ne suffisent pas à garantir durablement l’ensemble des opérations nécessaires.

Or, dans une épidémie d’Ebola, la rapidité de la détection des cas, leur isolement et le suivi rigoureux des contacts constituent des éléments déterminants pour empêcher une nouvelle propagation du virus.

La situation dans l’est de la RDC demeure donc sous étroite surveillance. Si certains indicateurs laissent entrevoir une stabilisation, les responsables sanitaires appellent à ne pas confondre ralentissement de la transmission et fin de l’épidémie.

Pour l’heure, la priorité reste la même : renforcer la surveillance, maintenir les efforts de prise en charge et mobiliser davantage de ressources afin de réduire durablement la circulation du virus. Tant que ces conditions ne seront pas réunies, les autorités sanitaires considèrent qu’il serait prématuré de déclarer l’épidémie maîtrisée.